Fonction publique : recensement physique des agents de l’Etat

This post was originally published on this site.


Une opération de recensement des agents de l’Etat débutera à partir de ce mercredi 14 janvier 2026. Cette initiative concerne l’ensemble des fonctionnaires à l’exception de ceux relevant de l’Éducation nationale et de la Santé publique.

Pilotée par la Direction générale de la Fonction publique, l’opération vise à établir un décompte des agents effectivement en poste. À travers ce processus, les autorités entendent fiabiliser les fichiers administratifs, assainir le système de paie et renforcer le contrôle de la masse salariale, souvent fragilisée par des données obsolètes ou incomplètes.

Concrètement, le recensement reposera sur une vérification individuelle et physique des agents, directement dans leurs bureaux. Toute absence devra être dûment justifiée par des documents officiels — congé administratif, arrêt maladie ou situation de détachement. Cette approche vise à identifier les doublons, révéler les postes réellement vacants et lutter contre le phénomène persistant des « fonctionnaires fantômes », régulièrement pointé par les corps de contrôle comme un facteur de gaspillage des ressources publiques.

Sur le plan organisationnel, les Directions des Ressources Humaines (DRH) des ministères et institutions ont été chargées d’actualiser en amont leurs bases de données. Elles seront appuyées, sur le terrain, par une équipe centrale ainsi que par les Directions régionales du Travail, de l’Emploi et de la Fonction publique, afin d’assurer une couverture complète du territoire.

Ce n’est pas la première tentative de l’État pour maîtriser ses effectifs. En 2024, lors du dernier recensement, on comptait 180.000 fonctionnaires répartis sur l’ensemble de l’île, enregistré dans l’application « Augure ». Le système informatique Augure (Application Unique de Gestion Uniforme des Ressources humaines de l’État) a été conçu pour centraliser les données administratives des fonctionnaires. Auparavant, ce logiciel avait permis d’identifier des agents fictifs et de révéler de nombreuses irrégularités dans les fichiers de la Fonction publique, contribuant ainsi à un premier assainissement du système.

Cependant, malgré ces avancées, Augure a progressivement montré ses limites. Des difficultés d’exploitation, des données incomplètes et l’absence de contrôles physiques systématiques ont entravé son efficacité à long terme. Selon des sources proches des directions des ressources humaines d’un département ministériel, l’incapacité actuelle à exploiter pleinement Augure — notamment sa version dite Augure 2 — explique en partie le recours à un recensement physique généralisé, jugé plus fiable dans le contexte actuel.

C’est également à l’issue de cette opération que l’État envisage de franchir une étape sensible : l’intégration annoncée de plus de 60 000 fonctionnaires. Des sources concordantes indiquent que cette intégration, prévue avant la fin de l’année, dépendra exclusivement des résultats du recensement, afin d’éviter toute surcharge budgétaire fondée sur des effectifs non maîtrisés.

À noter que les agents des ministères de l’Éducation nationale et de la Santé publique ne sont pas concernés par cette campagne. Ils ont récemment fait l’objet d’un recensement biométrique, qui a déjà permis de sécuriser leur identité et de mettre à jour leurs données personnelles et statutaires.

Commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *