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La carotte pour les financeurs, le bâton pour les frileux. Banky foiben’i Madagasikara (BFM) indique étudier l’adoption d’une “réserve obligatoire par palier”. L’autorité monétaire envisage ainsi de moduler le taux de cette réserve obligatoire, en fonction de l’activité réelle de chaque établissement. “Le principe est simple : plus une banque finance l’économie par le crédit, moins elle est soumise à des réserves obligatoires. Une banque inactive verra pour sa part ses obligations de réserve augmenter”, expose le gouverneur de la Banque centrale, Aivo Andrianarivelo. Ce mécanisme, actuellement à l’examen, a été annoncé lors de la présentation de la décision de la politique monétaire, mardi.
La réserve obligatoire est une sorte de “caution de sécurité” que les banques commerciales sont obligées de déposer à la Banque Centrale. C’est un des instruments à la disposition de BFM pour la mise en œuvre de sa politique monétaire, en plus de ses taux directeurs et de ses interventions sur le marché monétaire. Le taux de la réserve obligatoire qui s’applique à toutes les banques est pour le moment le même.
Pour comprendre un coefficient de réserve obligatoire (RO) de 10 %, cela signifie que si un particulier dépose 100 millions d’ariary dans sa banque, 10 millions d’ariary seront obligatoirement prélevés et bloqués sur un compte à BFM. Ce sont les 90 millions d’ariary restant que la banque est libre d’utiliser pour accorder des crédits ou faire ces opérations. Ce système a pour effet de geler une quantité déterminée de liquidité bancaire qui pourrait occasionner une création monétaire excessive. Ainsi, la modification du coefficient des RO indique un resserrement ou un assouplissement de la politique monétaire.
Ce que pourrait donc prévoir BFM, dans le contexte d’un “palier”, c’est que ce taux ne sera plus le même pour tous les établissements. En se basant sur le taux de 10% pris pour exemple, une banque très active dans l’octroi des crédits pourrait bénéficier d’un coefficient réduit à 8 % et récupérer ainsi du cash. Alors qu’une banque qui se contente de dormir sur ses coffres sans prêter, pourrait voir son coefficient monter à 12 % et se verra ainsi retirer du cash.
Cette disposition mérite une étude vraiment approfondie, selon le Gouverneur Aivo Andrianarivelo. C’est également le cas de la réserve obligatoire en devise, avec les incompréhensions entre le secteur monétaire et la Banque centrale, souligne-t-il. “En travaillant sur ces deux aspects seulement, c’est déjà une politique de relâche et une politique de relance de l’économie. Car ça va donner plus de liquidités aux banques”, soutient-il.

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