JUSTICE – La Médiatrice de la République rappelle le principe de la présomption d’innocence et alerte sur la prolifération de la désinformation

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“La défense des droits de l’homme ne signifie pas protection du crime mais protection de la dignité humaine”. La Médiatrice de la République, le Pr Ravaka Andrianaivotseheno, prend position après que trois hommes soupçonnés d’homicide ont été immolés par la foule à Soanindrariny Antsirabe. Rappelant le principe de la présomption d’innocence, elle alerte en même temps sur la prolifération de la désinformation et des images violentes circulant sur les réseaux sociaux. Ces phénomènes, souligne-t-elle, “risquent d’attiser davantage de violence et de jugement basé sur les émotions”.

Dans son communiqué, la Médiatrice de la République souligne que “la présomption d’innocence ne se confond pas avec l’impunité, mais constitue un principe fondamental de l’État de droit”. Elle insiste sur le fait que toute personne mise en cause doit être jugée par les juridictions compétentes et non exposée à des violences collectives.

“Aucune loi n’autorise de tuer à Madagascar, quelle qu’en soient la raison et la forme”, martèle-t-elle, appelant l’Etat et tous les responsables de l’administration à “appliquer avec fermeté le code pénal, et à renforcer la présence des forces de l’ordre auprès des communautés de base”. “Ce sont les ministères en charge des Forces de défense et de sécurité qui sont les premiers responsables des enquêtes, et seul le ministère de la Justice a autorité pour juger, selon la Constitution et les lois en vigueur”, poursuit-elle.

Le Pr Ravaka Andrianaivotseheno appelle alors la population “au calme et au respect des lois en vigueur car les citoyens n’ont pas le droit de se substituer à la loi ou au forces de l’ordre”. Même si elle reconnaît que “les Malgaches, sont un peuple sensible et émotif, surtout lorsque surviennent des événements d’une grande violence”, elle soulève que “aucun comportement contraire aux lois en vigueur et à l’État de droit ne saurait être accepté, quelles que soient l’intensité de la colère et la profondeur de la douleur”.

Dans la foulée de son adresse à la population, la Médiatrice met également en garde contre la diffusion massive d’informations non vérifiées, de rumeurs et d’images d’une extrême violence sur les plateformes numériques. Elle estime que ces contenus contribuent à attiser la colère populaire, à alimenter la haine et à fragiliser davantage la cohésion sociale. Elle invite les utilisateurs des réseaux sociaux à “faire preuve de sagesse quand ils s’expriment sur les réseaux sociaux”. “Aucune société ne peut durablement se construire sur la justice populaire, la violence et la désinformation”, conclut-elle.

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