La France confirme son soutien pour le processus de Refondation de 24 mois

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Quatre mois après avoir pris les rênes du pays, le colonel Michaël Randrianirina a effectué, mardi 24 février, sa première visite officielle à Paris. Il a été reçu à l’Élysée par Emmanuel Macron pour un déjeuner de travail au format volontairement sobre.

À l’issue de la rencontre, la mise en place d’un cadre de coopération pour les vingt-quatre prochains mois, durée correspondant à la transition annoncée par les autorités a été annoncée. L’objectif est d’accompagner le pouvoir de la refondation en vue de l’organisation d’élections libres et transparentes.

Selon un communiqué joint à l’issue de cette rencontre bilatérale, les deux présidents ont agréé une série d’orientations qui fixeront le cap de la relation entre la France et Madagascar jusqu’au délai de vingt-quatre mois, échéance du processus de Refondation. Ce cadre partenarial s’articulera autour de trois axes prioritaires : consolidation de la relation politique ; soutien de la France à la population et au développement économique de Madagascar dans un cadre de gouvernance et un climat d’affaires améliorés ; et poursuite de la coopération de sécurité et de défense, dans le respect de la souveraineté des deux États.

En marge des discussions politiques dans le cadre de ce déplacement présidentiel, des représentants du secteur privé malgache ont également échangé avec leurs homologues français. Selon des sources proches du dossier, vingt-neuf projets ont obtenu des engagements de financement dont le montant global pourrait s’établir entre un et deux milliards d’euros. Cinq initiatives structurantes ont été identifiées, mêlant installations solaires, mini-réseaux pour les zones rurales et, à plus long terme, développement de grands barrages hydroélectriques tels que ceux de Volobe et Sahofika.

Pour le patronat malgache, l’enjeu est d’obtenir des résultats visibles rapidement afin de restaurer la confiance. Les acteurs économiques insistent sur la nécessité de projets produisant des effets tangibles dans un horizon court, condition indispensable pour relancer l’investissement et l’emploi.

Cette recherche de nouveaux appuis intervient alors que les relations commerciales internationales de Madagascar traversent une zone de turbulences. L’an dernier, des droits de douane élevés avaient frappé les exportations malgaches, créant un choc pour plusieurs filières, notamment le textile. Si certaines décisions ont été révisées, l’incertitude demeure sur la stabilité des régimes préférentiels, fragilisant la visibilité des entreprises.

Dans ce contexte, le renforcement des partenariats européens apparaît stratégique pour Antananarivo. Entre ouverture à l’Est et consolidation des liens historiques avec l’Occident, le président Randrianirina tente de tracer une voie médiane : élargir le cercle des partenaires sans rompre avec les alliances traditionnelles.

La rencontre de l’Élysée ne règle pas toutes les tensions mais elle signale une volonté mutuelle de tourner la page des crispations récentes. Ce déplacement à Paris intervient moins d’une semaine après un passage remarqué à Moscou où le pouvoir de la refondation a scellé un rapprochement stratégique avec la Russie, matérialisé notamment par l’acheminement de plusieurs dizaines de tonnes de vivres vers Antananarivo.

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