Transition : les autorités malgaches remettront leur « rapport » à la SADC

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Les autorités transitoires s’apprêtent à transmettre, ce samedi 28 février, un document très attendu à la Communauté de développement des États d’Afrique australe (SADC). Mais à Antananarivo, les autorités, par le biais du président de Refondation, insistent qu’il ne s’agit pas d’une « Feuille de route ». Le colonel Michaël Randrianirina préfère parler d’un « rapport ».

La nuance a été martelée vendredi par le chef de l’État, en marge de la réception d’équipements russes à Ivato. Face aux journalistes, il a clarifié la position du pouvoir : le document qui sera remis à l’organisation régionale retrace les actions menées depuis quatre mois et expose les prochaines étapes. « C’est un rapport », a-t-il répété, soulignant qu’il comprend néanmoins un chronogramme détaillant la suite de la Transition.

Le texte, selon ses propos, a déjà été validé et signé. Il sera remis en main propre aux responsables de la SADC.

Aucune indication n’a été donnée sur le lieu précis de cette transmission, mais le calendrier, lui, est confirmé.

Ce débat sur les mots n’est pas anodin. Depuis décembre, l’expression « Feuille de route » était largement employée, y compris par les membres du gouvernement et par le chef de l’État lui-même lors d’interventions publiques à l’étranger. De son côté, la SADC avait formellement demandé à Madagascar de soumettre un rapport sur l’état de préparation au dialogue national ainsi qu’un projet de Feuille de route nationale avant le 28 février 2026, avec des mises à jour prévues au cours de l’année.

Dans les faits, l’organisation régionale semble attendre deux éléments distincts : un état des lieux des préparatifs et un document fixant les modalités de conduite de la Transition. Pourtant, à Antananarivo, on écarte désormais toute référence à une « Feuille de route ».

Pour le colonel Randrianirina, il n’est pas question d’ouvrir la porte à des spéculations politiques. « Il n’est pas question de dissoudre telle institution ou d’attribuer des sièges », a-t-il assuré. Le message est clair : le pouvoir transitoire ne souhaite pas alimenter l’idée d’un partage ou d’une redistribution institutionnelle.

La ministre d’État chargée de la Refondation a également tenu à distinguer la situation actuelle de celle de 2009, affirmant qu’il ne s’agit pas d’un document de sortie de crise comparable à celui de l’époque.

Derrière la querelle sémantique, un enjeu politique majeur se dessine : rassurer les partenaires régionaux tout en évitant d’attiser les surenchères internes. Ce samedi, la SADC recevra donc un « rapport ». Reste à savoir si, au-delà du vocabulaire, son contenu répondra aux attentes de l’organisation régionale.

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