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Déçue, la Gen Z, fer de lance des mobilisations citoyennes ayant entraîné la chute d’Andry Rajoelina, revient à la charge. Lors d’une conférence de presse tenue hier au Novotel Alarobia, les jeunes militants dénoncent une confiscation de la révolte populaire par les élites politiques et économiques et réclament la dissolution des institutions de la république.
L’esprit du mouvement populaire est en train d’être confisqué par une élite politique qui ne respecterait plus les aspirations exprimées dans la rue, affirme la Gen Z. Face à cette situation, le mouvement avertit que « la Gen Z ne va pas rester les bras croisés ». Les militants affirment qu’ils n’accepteront pas que la mobilisation citoyenne soit récupérée ou instrumentalisée. Ils rappellent également que ce mouvement « ne sert pas à blanchir ceux qui ont commis des crimes ».
« Les dirigeants actuels se détournent de l’objectif principal du mouvement. La situation dévie du droit chemin, l’espoir commence à s’amenuiser, la corruption est manifeste », a déclaré le porte-parole de la Gen Z. Les jeunes militants rappellent que l’objectif du mouvement était claire : instaurer un changement radical du système, rompre avec les pratiques anciennes et construire un nouvel équilibre institutionnel plus transparent et plus juste.
La Gen Z dénonce également la présence autour du pouvoir de certaines figures controversées : d’anciens prisonniers, de personnalités impliqués dans des affaires de détournement, des réseaux de trafiquants de toutes sortes ou des opérateurs économiques qui continuent d’exercer leur influence.
Ceux qui sont aujourd’hui au pouvoir sont en train de répéter les mêmes erreurs que les anciens dirigeants, affirme la Gen Z. Les critiques sont sévères. « Les actuels dirigeants de la transition n’écoutent pas, ils sous-estiment la voix de ceux qui ont milité pour le changement et ignorent les attentes profondes de la population », affirment ces jeunes.
Dans leur déclaration faite devant la presse, les jeunes membres du mouvement ont également réclamé la dissolution de plusieurs institutions majeures : la Haute Cour Constitutionnelle (HCC), la Commission électorale nationale indépendante (CENI) et l’Assemblée nationale. Pour la Gen Z, ces instances représentent l’un des principaux blocages de la refondation politique. Dans leur lecture de la situation, ces structures restent marquées par l’héritage de l’ancien régime d’Andry Rajoelina.
La dissolution de la HCC, de la CENI et de l’Assemblée nationale apparaît, aux yeux le Gen Z, comme une solution nécessaire pour sortir de l’impasse actuelle et restaurer la confiance de la population. Selon eux, un renouvellement profond des institutions serait indispensable pour relancer l’espoir né des événements de septembre.
Reste toutefois à savoir si les dirigeants de la transition seront prêts à entendre ces revendications. D’autant plus que, depuis l’accession au pouvoir des militaires dirigés par le colonel Michaël Randrianirina, les jeunes militants disent avoir souvent eu du mal à se faire entendre. La lenteur et les tergiversations observées dans la mise en place de l’Assemblée des jeunes en seraient, selon eux, la preuve la plus évidente.

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