Affaire des Boeing 777 : l’ancien ministre Valery Ramonjavelo placé en détention provisoire

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Les événements s’enchaînent à un rythme particulièrement rapide dans l’affaire des Boeing 777 à Madagascar. À peine deux jours après la décision de la Haute Cour constitutionnelle (HCC) rejetant l’exception d’inconstitutionnalité soulevée dans ce dossier, l’ancien ministre des Transports et de la Météorologie Valery Ramonjavelo a été placé en détention provisoire, le 5 mars 2026, à la prison d’Avaradrano.

L’ancien membre du gouvernement a été présenté devant le juge d’instruction du Pôle anti-corruption (PAC) d’Antananarivo, qui a décidé de son incarcération dans le cadre de l’enquête portant sur les immatriculations controversées de plusieurs Boeing 777. Selon le procureur général par intérim du PAC, il est poursuivi pour abus de pouvoir, corruption et blanchiment d’argent, des accusations particulièrement lourdes qui pourraient marquer un tournant dans ce scandale à forte portée politique et internationale.

L’affaire remonte à 2025 lorsque cinq avions Boeing 777-200 immatriculés à Madagascar ont été retrouvés en Iran, sous les couleurs de la compagnie Mahan Air, pourtant soumise à des sanctions internationales. Les enquêteurs soupçonnent que des certificats d’immatriculation malgaches auraient été utilisés pour contourner ces sanctions, déclenchant un scandale qui a rapidement dépassé les frontières du pays.

La crise avait déjà entraîné la chute politique de Valery Ramonjavelo, limogé de ses fonctions ministérielles à l’époque. Mais les procédures judiciaires semblent désormais entrer dans une nouvelle phase, avec une instruction qui se poursuit et plusieurs protagonistes déjà inquiétés par la justice.

Cette affaire a profondément ébranlé le régime d’Andry Rajoelina, plaçant Madagascar au cœur d’un scandale international mêlant soupçons de falsification de documents et contournement d’embargos. L’affaire a mis sous pression les autorités malgaches et affecté la crédibilité du pays sur la scène internationale.

Les ramifications du dossier dépassent également le cercle gouvernemental. Le nom de Mamy Ravatomanga, puissant homme d’affaires et proche du chef de l’État, apparaît dans plusieurs éléments de l’enquête. Considéré comme l’une des figures les plus influentes de l’économie malgache, il est soupçonné d’avoir joué un rôle dans ce système d’immatriculation controversé.

Ravatomanga, patron du groupe Sodiat et longtemps décrit comme un allié stratégique du pouvoir, a été arrêté à l’île Maurice en octobre 2025 dans le cadre d’une affaire distincte de malversations financières et de blanchiment d’argent.

Avec l’incarcération de l’ancien ministre Ramonjavelo, l’affaire des Boeing 777 continue donc de s’étendre et pourrait encore révéler de nouvelles responsabilités au sommet de l’État. L’enquête menée par le Pôle anti-corruption est toujours en cours et les prochains développements judiciaires sont désormais très attendus.

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