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Face à la montée des menaces en mer et à la conjoncture géopolitique actuelle, la COI s’affirme comme un acteur central de la sécurité régionale. En structurant une réponse collective et opérationnelle, elle attire désormais l’attention et l’engagement de partenaires majeurs comme le Royaume-Uni.
| Photo de la réunion de travail entre l’équipe de la COI conduite par son secrétaire général, Edgard Razafindravahy, et la délégation britannique. |
Une délégation britannique, conduite par Paul Brummell, haut-commissaire du Royaume-Uni à Maurice, a été reçue en réunion de travail par Edgard Razafindravahy, secrétaire général de la Commission de l’océan Indien (COI), la semaine dernière. La délégation était composée des quatre ambassadeurs britanniques en poste dans la région, à Madagascar, aux Maldives, aux Seychelles et à Maurice, ainsi que de plusieurs responsables thématiques issus de l’administration centrale.
« Cette visite de haut niveau illustre la reconnaissance du rôle de la Commission de l’océan Indien comme plateforme de coopération régionale crédible et opérationnelle. Elle traduit également une convergence d’intérêts autour de défis communs, pour lesquels des réponses collectives sont plus que jamais nécessaires », souligne Edgard Razafindravahy.
La sécurité maritime était au cœur des échanges. C’est un domaine dans lequel la COI coordonne, depuis plusieurs années, une architecture régionale qui repose sur la mutualisation des capacités, l’échange d’informations et la conduite d’opérations conjointes en mer. Ce dispositif, soutenu notamment par l’Union européenne à travers le programme Safe Seas Africa, permet de mieux surveiller les espaces maritimes et de répondre plus efficacement aux menaces.
Cette rencontre marque une étape significative dans le renforcement du dialogue entre la COI et le Royaume-Uni. La visite de la délégation britannique traduit surtout l’attention croissante portée par Londres à l’océan Indien, un espace devenu stratégique. Dans un contexte international marqué par la recomposition des équilibres géopolitiques, la zone COI se trouve désormais au cœur des dynamiques économiques, sécuritaires et environnementales mondiales. Routes commerciales vitales, risques accrus de trafics illicites et de piraterie, zones de pêche sous pression : l’organisation régionale s’érige en un point d’ancrage pour structurer et organiser une réponse collective à ces défis transnationaux.
Priorité partagée
En s’appuyant sur des centres régionaux de coordination, l’organisation régionale contribue à créer une véritable chaîne de sécurité à l’échelle de la région. « Les représentants britanniques ont salué les avancées réalisées, rappelant leur propre engagement dans ce dispositif », rapporte le communiqué rendant compte de cette rencontre.
Le Royaume-Uni a notamment déployé un officier de liaison au Centre régional de coordination des opérations (CRCO), basé aux Seychelles, et participé à des opérations conjointes en mer. L’engagement du Royaume-Uni dans ce mécanisme démontre à la fois la pertinence et l’attractivité du programme sécuritaire conduit par la COI. Pour les puissances internationales, l’enjeu est de s’appuyer sur un dispositif existant, opérationnel et légitime, plutôt que de s’engager dans des initiatives parallèles et individuelles. Outre la sécurité maritime, les discussions ont également porté sur les enjeux climatiques. Une autre priorité partagée. Face aux enjeux du changement climatique, la COI joue également un rôle moteur dans la région. « Les représentants britanniques ont manifesté un intérêt marqué pour les actions de la COI en matière d’adaptation et de gestion des risques climatiques », note le communiqué.
L’organisation régionale collabore avec le secrétariat du Commonwealth pour la formation de négociateurs climatiques issus des États insulaires africains, contribuant ainsi à renforcer leur capacité d’influence dans les négociations internationales. Sur le front du changement climatique, le but des actions de la COI est également de mutualiser les ressources pour peser davantage face aux grands acteurs mondiaux. « Dans un contexte international marqué par la montée des enjeux de sécurité, de résilience climatique et de développement durable, le rapprochement entre le Royaume-Uni et la COI confirme l’importance stratégique croissante de l’océan Indien. Une dynamique que l’organisation régionale entend mettre à profit pour renforcer les partenariats et les synergies au service de ses États membres et de leurs populations », ajoute le communiqué. Ces derniers temps, le secrétaire général de la COI enchaîne les rencontres et réunions diplomatiques.
Avant la délégation britannique, Edgard Razafindravahy a reçu Stefano Toscano, ambassadeur de Suisse, puis Oliver Knoerich, ambassadeur d’Allemagne. Des rencontres qui confirment le rôle pivot de la COI dans la région de l’océan Indien face aux questions qui concernent la région, mais aussi à celles de dimension internationale. Une position qui explique l’initiative de la Corée du Sud de devenir partenaire observateur de la COI depuis 2025. Le Royaume-Uni compte-t-il lui emboîter le pas ?
Garry Fabrice Ranaivoson

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