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Un autre dossier sur Maminiaina Ravatomanga. Vendredi, c’est le pôle anti-corruption d’Antananarivo qui émet un mandat d’arrêt international contre le président directeur général du groupe Sodiat, actuellement en détention préventive à Maurice où il est, entre autres, poursuivi pour blanchiment d’argent. Celui-ci est soupçonné d’implication dans une “affaire présumée de fraude à l’exportation de litchis entre 2019 et 2026 et de blanchiment d’argent lié à ce dossier”. Il est notamment poursuivi par la justice malgache en sa qualité de dirigeant du Groupement d’exportateurs de litchis (GEL) qui avait effectué une “répartition inégale des quotas d’exportation accordés à chaque opérateur économique”, et qui avait imposé “des conditions d’accès au groupement en l’absence de critères de sélection clairs”.
A en croire un avis publié ce samedi par le PAC d’Antananarivo, le dossier a été examiné vendredi par le juge d’instruction et huit personnes ainsi que 12 sociétés sont inculpées. Celles-ci sont notamment “accusées de blanchiment d’argent, de corruption, d’abus de fonction, de favoritisme et de conflit d’intérêt”. Quatre d’entre elles ont alors été placées en détention préventive à Antanimora, deux sont placées en liberté provisoire mais sous contrôle judiciaire tandis qu’une dernière, n’ayant pas comparu lors de l’enquête devant le juge d’instruction, est convoquée pour une prochaine audition.
Dans son communiqué, le PAC indique, entre autres, que “quelques sociétés du groupe Sodiat ont participé à l’exportation de litchis à Maurice” alors que c’est “une autre société établie à Maurice, appartenant toujours à Maminiaina Ravatomanga, qui achetait les litchis de Madagascar” “à très bas prix” “avant de les réexporter en Europe” “à un prix très élevé”. “L’argent illégalement gagné dans cette affaire est présumé avoir été blanchi à travers des entreprises du groupe Sodiat et d’autres sociétés qui lui appartiennent toujours”, poursuit encore le communiqué du PAC.
En novembre 2022, Transparency International et sa section malgache Transparency International – Initiative Madagascar (TI-MG) avaient appelé le Parquet national financier en France et le Pôle anti-corruption à Madagascar à “ouvrir une enquête sur de possibles faits criminels commis par des sociétés et des individus impliqués dans le commerce de litchi de Madagascar”. Les deux organisations avaient dénoncé qu’“une poignée d’individus a exercé une mainmise sur les exportations de litchi malgache, sans transparence ni redevabilité, alors que de potentielles violations sont passées inaperçues”.
Cette dénonciation avait valu à Dominique Rakotomalala, président du Conseil d’administration de TI-MG, et Ketakandriana Rafitoson, directrice exécutive à l’époque, une enquête auprès de la police économique après une plainte pour dénonciation calomnieuse déposée par le GEL. Les poursuites contre les deux responsables de TI-MG semblent avoir été suspendues et n’ont pas eu de suite, tout comme le signalement qu’ils avaient fait à l’époque.

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