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À travers son parcours marqué par le Fespaco et le Zébu d’Or, le jeune cinéaste malgache affirme sa volonté de raconter des histoires ancrées dans son pays.
Pouvez-vous vous présenter ?
Je m’appelle Rakotovelo A. Hary Joel. Je me définis avant tout comme un cinéaste, un faiseur de films, comme on le dit dans le milieu. J’ai commencé cette carrière en 2021 et, depuis, j’ai réalisé quatre courts-métrages. L’un d’eux, The Doll House, me rend particulièrement fier, car il a été projeté et primé au Fespaco 2023. Mon avant-dernier film, Anjiro, représente également une étape importante dans mon parcours. Par ailleurs, je suis diplômé et passionné d’histoire, une discipline qui nourrit profondément mon regard de réalisateur.
Que représente pour vous le Zébu d’Or obtenu à la compétition nationale?
Recevoir un trophée reste une immense fierté. Je ne l’exprime pas toujours, mais j’ai connu de nombreux échecs, pas seulement dans le cinéma, mais aussi dans d’autres domaines. Alors gagner, pour une fois, procure un bonheur sincère. Toutefois, pour être honnête, le simple fait d’avoir pu projeter mon film à Madagascar devant un public ouvert constituait déjà une grande victoire. À cela s’ajoute la rencontre avec d’autres cinéastes malgaches talentueux, un moment d’échange qui m’a profondément marqué.
Pouvez-vous nous parler davantage de votre film et de sa réalisation ?
The Anjiro est un court-métrage d’animation en 2D que j’ai réalisé en deux semaines pour le Creashort Film Festival 2024. L’histoire suit une enfant qui cherche à ramener l’électricité dans un pays qui en est privé depuis des années. Contrairement à ce que l’on pourrait croire, le plus grand défi n’était pas d’ordre technique. Il s’agissait plutôt de surmonter la peur. Lors des premiers visionnages, certains ont estimé que le film possédait un caractère très politique, ce que je continue de nier. On m’a même averti que cela pourrait me créer des problèmes, ce qui a constitué une pression supplémentaire.
Quelle est votre particularité en tant que cinéaste ?
Je pense que la taille des titres de mes films constitue ma véritable signature. C’est un détail, mais il participe à mon identité artistique.
Quels sont vos projets à venir ?
Je souhaite approfondir des recherches historiques sur le cinéma colonial. Parallèlement, je prépare une série de films inspirés de petits villages comme Anjiro, mais aussi Sambaina, Anjeva ou Mahilaka. Je fais beaucoup de randonnées hors de Tana, donc je m’inspire énormément des histoires, des villes et des villages que je visite.
Cassie Ramiandrasoa

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