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Depuis plusieurs jours, une vague de révélations, communément appelées « ampamoaka », secoue la sphère politique nationale. Ces déballages successifs visent principalement les proches du régime en place, notamment l’entourage du président de la Refondation de la République, le colonel Michael Randrianirina. Une situation qui alimente les tensions et ravive les interrogations sur la gouvernance actuelle.
Au cœur de ces révélations figure l’affaire Raissa Razaivola, une femme d’affaires déjà bien connue des milieux judiciaires. Impliquée dans plusieurs dossiers traités au niveau du tribunal, elle avait été incarcérée sous le régime d’Andry Rajoelina. À l’arrivée au pouvoir du colonel Randrianirina, elle avait retrouvé la liberté, avant d’être de nouveau placée en détention récemment, dans un contexte aujourd’hui controversé.
Des enregistrements audio et vidéo, dont l’authenticité reste à établir, circulent activement sur les réseaux sociaux. Ces documents présumés dévoileraient des échanges entre Raissa Razaivola et des figures influentes du régime. Il y est notamment question de promesses de protection qui lui auraient été faites par certains proches du pouvoir. Plus troublant encore, ces enregistrements évoquent des rivalités internes, certaines voix appelant à contenir des détracteurs pourtant issus du même camp politique.
Ces révélations ont conduit à une perquisition effectuée dimanche après-midi dans la prison d’Avaradrano, où Raissa Razaivola est actuellement détenue. Toutefois, cette opération a rapidement pris une tournure polémique. Filmée puis diffusée sur les réseaux sociaux, la fouille soulève de sérieuses questions sur le respect des procédures. En effet, la captation d’images dans un établissement pénitentiaire est strictement encadrée, voire interdite, et leur diffusion publique sans consentement constitue une entorse aux règles en vigueur. Cet épisode constitue en lui-même un nouveau scandale.
Parallèlement, d’autres « ampamoaka » viennent alimenter la controverse. Le colonel Patrick Rakotomamonjy, ancien directeur des doléances auprès de la présidence de la Refondation, aujourd’hui en cavale et se disant « poursuivi » par le régime, a diffusé une troisième vidéo depuis le mois de janvier. Dans cette intervention, il dénonce ce qu’il qualifie d’actes de représailles à son encontre et met en cause certains proches du pouvoir dans des affaires présumées de trafic d’or.
Plusieurs noms ont été cités, dont celui du président de l’Assemblée nationale, Siteny Randrianasoloniaiko. Ce dernier a rapidement réagi, affirmant qu’il serait prêt à démissionner si des preuves formelles venaient étayer ces accusations.
Dans un climat politique déjà tendu, l’accumulation de ces révélations fragilise davantage les institutions. Entre allégations graves, rivalités internes et communication incontrôlée, l’exigence de transparence et de rigueur judiciaire apparaît plus que jamais nécessaire pour éviter une crise de confiance durable.

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