Auteur/autrice : Mandimbisoa R.

  • Le premier ministre Mamitiana Rajaonarison réserve sa première visite à l’ARAI

    Le premier ministre Mamitiana Rajaonarison réserve sa première visite à l’ARAI

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    Visite symbolique. Le premier ministre Mamitiana Rajaonarison, qui a pris officiellement fonction lundi, a choisi l’Agence de recouvrement des avoirs illicites (ARAI) pour sa première sortie officielle hier à Imerimanjaka.

    Ce choix n’est pas anodin pour celui qui dirigeait depuis 2021 le Service de renseignement financier de Madagascar (SAMIFIN) et a travaillé durant une douzaine d’années au sein du Bureau Indépendant Anti-Corruption (BIANCO). L’ARAI joue un rôle clé dans le dispositif anti-corruption. C’est elle qui intervient une fois les décisions de justice rendues, pour récupérer les avoirs détournés et les reverser à l’État. Son action reste toutefois limitée sans décisions rapides et exécutoires.

    Lors des discussions, l’accent a été mis sur la lutte contre la corruption, l’impunité financière, le renforcement des actions et la priorité absolue accordée à la lutte contre le blanchiment de capitaux et au recouvrement effectif des avoirs illicites, rapporte le communiqué de l’Agence.

    « Cette présence au siège de l’ARAI témoigne de l’engagement ferme du gouvernement à soutenir nos missions pour une justice financière rigoureuse et transparente », affirme l’Agence dans son communiqué.

    Dans la société civile, ce premier geste est accueilli avec prudence. Beaucoup y voient un signal encourageant, mais attendent désormais des actions rapides pour accélérer les procédures et levée les blocages institutionnels.

    Si les affaires de corruption sont régulièrement détectées, leur traitement reste lent et souvent incomplet. Les procédures judiciaires s’étendent sur plusieurs années, et la récupération des biens acquis illégalement tarde à se concrétiser. Ce décalage affaiblit l’impact des actions menées et alimente le sentiment d’impunité.

  • Le nouveau premier ministre lève les restrictions administratives

    Le nouveau premier ministre lève les restrictions administratives

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    La sortie du territoire pour les agents de l’État ne nécessite plus l’aval du Premier ministre. C’est l’un des principaux changements introduits par une instruction signée le 17 mars 2026 par le nouveau chef du gouvernement, Mamitiana Rajaonarison. Le document acte également un assouplissement dans la gestion des dépenses publiques, en mettant fin à certaines procédures exceptionnelles mises en place ces derniers mois.

    Les fonctionnaires pourront désormais voyager dans le cadre de leurs missions en suivant les règles habituelles, sans passer par une validation directe de la Primature. De la même manière, les institutions et ministères pourront engager leurs crédits conformément aux textes en vigueur, sans devoir solliciter une autorisation préalable du Secrétariat général du gouvernement.

    Cette instruction met un terme à des mesures instaurées sous la précédente Primature, dirigée par Herintsalama Rajaonarivelo. À l’époque, dans un contexte marqué par des soupçons de mauvaise gestion et des audits en cours, un contrôle strict avait été instauré sur les déplacements à l’étranger des agents publics pour éviter les départs de responsables susceptibles d’être impliqués dans des dossiers sensibles. Dans les faits, ces restrictions ont concerné plusieurs hauts cadres de l’administration, ainsi que des anciens membres du gouvernement. Certains d’entre eux auraient d’ailleurs quitté le territoire avant même l’entrée en vigueur effective des mesures, et se trouveraient aujourd’hui encore à l’étranger.

    Parallèlement, l’engagement des dépenses publiques avait été fortement encadré. Les ministères et institutions devaient passer par des validations centralisées, une procédure qui, selon plusieurs observateurs, visait à mieux contrôler l’utilisation des fonds publics mais qui a aussi ralenti le fonctionnement administratif.

    Avec cette nouvelle instruction, le gouvernement actuel semble vouloir revenir à un fonctionnement plus classique de l’administration. L’idée est de lever les blocages administratifs tout en maintenant un cadre légal existant. Le texte précise toutefois que certaines restrictions restent en vigueur. Les interdictions de sortie du territoire décidées par le ministère de l’Intérieur, notamment dans le cadre de procédures spécifiques, ne sont pas concernées par cet assouplissement.

  • Des opérateurs économiques frappés de 24 h d’interdiction de sortie du territoire

    Des opérateurs économiques frappés de 24 h d’interdiction de sortie du territoire

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    Treize personnalités dont des opérateurs économiques influents ont été frappés par une interdiction de sortie du territoire lundi dernier, une décision du ministère de l’Intérieur et de la Décentralisation leur interdisant de quitter le territoire national jusqu’à nouvel ordre. Dès le lendemain, le parquet général de la Cour d’appel d’Antananarivo a levé les interdictions. Les documents relatifs à ces décisions ont fuité sur les réseaux sociaux.

    Plusieurs opérateurs économiques ont été visés par cette mesure notamment Hassanein Hiridjee, ancien PDG du groupe Axian ; Moustafa Hiridjee, directeur général de la société Ocean Trade ; Yamil, gérant de la société Quincaillerie 2000 ; Yavarhoussen, du groupe Filatex. Le nom du Colonel Patrick Rakotomamonjy, ancien directeur de traitement des doléances auprès du Présidence de Refondation y figurait également.

    Des personnalités politiques et administratives se trouvaient aussi dans la liste : Vonjiniana Raharinisa, candidat maire du parti TIM à Antehiroka ; Emmanuel Razafindrazaka dit Bolo, contrôleur général de la police nationale retraité ; Irisoa Josea Narindra Rafearivo dit Jessy, garde du corps rapproché de l’ancien président Andry Rajoelina ; Marc Ramiarinjatovo, ancien maire de la commune rurale d’Alasora ; Hanitra Holy, douanière à Antananarivo ; Eric Lambert Besoa, ancien sénateur ; Patrick Ramiaramanana, ancien maire de la Commune urbaine d’Antananarivo ; et Yves Georges Andriamihaja Fanomezantsoa dit Rason Liva, député du district d’Ambositra.

    Le 17 mars 2026, le parquet général près la Cour d’appel d’Antananarivo a annoncé, dans une correspondance officielle, ne plus s’opposer à la sortie du territoire des onze sur les treize personnalités concernées. Seuls le Colonel Patrick Rakotomamonjy et l’ex garde rapprochée d’Andry Rajoelina, n’ont pas obtenu la main-levée de leur IST.

    Ces deux décisions, qualifiées par des observateurs comme ordre et contre-ordre ont alimenté rapidement interrogations et spéculations. Les IST sont souvent appliquées sur décision du ministre de l’Intérieur et de la Décentralisation, à la demande des autorités judiciaires comme le ministère public à travers le Procureur général de la Cour d’Appel, le Pôle Anti-Corruption (PAC) et le Bianco. Une IST peut également découler de considérations administratives, politiques ou sécuritaires. Une telle mesure ne constitue toutefois pas une preuve de culpabilité mais relève d’une démarche de précaution de la part des autorités.

  • CENI : La société civile n’élira pas de nouveau représentant

    CENI : La société civile n’élira pas de nouveau représentant

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    Les organisations de la société civile ne prendront pas part au remplacement des membres de la Commission Électorale Nationale Indépendante (CENI). Elles ont clairement exprimé leur position dans une déclaration ferme, affirmant leur volonté de concentrer leurs efforts sur une réforme en profondeur du système électoral plutôt que sur un simple changement de personnes. Elles refusent ainsi d’élire leur représentant au sein de cette entité électorale.

    Pour la société civile, la CENI, dans sa configuration actuelle, ne bénéficie plus de la confiance nécessaire pour conduire ces transformations. Investir dans le remplacement des membres actuels de la CENI constituerait une dépense inutile dans un contexte économique déjà fragile, soutient-elle. La société civile choisit de placer au cœur de ses priorités la refonte du cadre légal, du système électoral et de l’organisation des élections.

    La démission, jugée tardive, des huit commissaires du bureau de la CENI est néanmoins saluée. Elle est interprétée comme une reconnaissance de leur manque de crédibilité à piloter les réformes attendues. Toutefois, les organisations signataires mettent en garde contre toute tentative de remplacement pur et simple des membres, estimant qu’une telle démarche reproduirait les mêmes dysfonctionnements.

    La nomination d’un nouveau président à la tête de l’institution, en la personne de Thierry Rakotonarivo ne rassure pas davantage. Son passé au sein de la précédente CENI, combiné à une désignation par l’Assemblée nationale suivie d’une installation rapide, soulève des interrogations quant à son indépendance et à sa capacité à garantir l’impartialité du processus électoral.

    Dans ce contexte, la société civile appelle le Président de la Refondation à ne pas considérer le renouvellement des commissaires comme une priorité. Elle propose plutôt la suppression du bureau permanent de la CENI et la mise en place, à terme, d’une nouvelle structure indépendante issue d’un processus de concertation nationale.

    En attendant cette refondation, elle suggère que l’Exécutif assure la gestion des affaires courantes. Parallèlement, les organisations se disent prêtes à collaborer avec les autorités, notamment le ministère chargé de la Réforme, pour organiser un dialogue inclusif impliquant partis politiques et autres parties prenantes.

    Les membres du Bureau permanent du CENI sont désignés par différentes entités dont la société civile.

  • ACM : clash ouvert au sommet sur fond de révocation contestée et tensions internes

    ACM : clash ouvert au sommet sur fond de révocation contestée et tensions internes

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    Une scène inhabituelle s’est produite au siège de l’Aviation Civile de Madagascar (ACM) à Tsimbazaza. Une vive altercation a opposé le directeur général, Alban Rakotoarisoa, et le directeur administratif et financier, Brysolas Rajaonarivelo, révélant au grand jour une crise interne jusque-là contenue. Au cœur du conflit : la révocation du Daf, que ce dernier refuse catégoriquement d’accepter.

    Selon la direction générale, toutes les procédures réglementaires auraient été respectées pour mettre fin aux fonctions du responsable financier. La décision découlerait notamment d’une résolution adoptée en Conseil d’administration le 10 février 2026, actant l’abrogation du décret de nomination du Daf et la fin de son détachement au sein de l’ACM. En conséquence, il devrait réintégrer son administration d’origine, le ministère de l’Enseignement supérieur et de la recherche scientifique (MESuPRES).

    De son côté, Brysolas Rajaonarivelo conteste la légitimité de cette décision. Il affirme ne jamais avoir reçu de notification officielle et estime que la procédure engagée à son encontre ne respecte pas les dispositions légales en vigueur. Bien qu’il ait saisi le tribunal administratif ainsi que le Conseil d’État, ses recours n’ont pas abouti à une suspension de la mesure. Malgré cela, il maintient sa position et refuse de quitter ses fonctions.

    La situation s’est tendue davantage lorsque la direction de l’ACM a exigé la restitution des biens de service mis à disposition du Daf, notamment un véhicule et les clés de son bureau. Le directeur général aurait même donné instruction aux agents de sécurité de fermer les accès de l’établissement afin d’empêcher toute sortie avec le véhicule administratif, illustrant un bras de fer inédit au sein de l’institution.

    Au-delà du différend administratif, l’incident a également mis en lumière certains éléments liés à la situation interne de l’établissement. Des échanges ont évoqué à la fois l’attribution d’un treizième mois au directeur général pour une période d’activité très courte, ainsi que la situation financière de l’ACM. L’institution ferait face à une dette estimée à 9 milliards d’ariary, en lien notamment avec les conséquences de la crise sanitaire.

    Dans ce contexte, la question de la gestion des ressources se pose naturellement. La présence de véhicules de fonction de standing élevé, dont certains sont estimés à plus de 150 millions d’ariary, contraste avec la situation financière évoquée. Ce décalage alimente des interrogations sur l’équilibre entre contraintes budgétaires et niveau de dépenses au sein de l’établissement.

  • Primature : Mamitiana Rajaonarison impose la culture du résultat

    Primature : Mamitiana Rajaonarison impose la culture du résultat

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    À peine installé à Mahazoarivo, le nouveau Premier ministre Mamitiana Rajaonarison donne le ton. Pour le chef du gouvernement, la ligne est claire : seule la réussite est acceptable dans la conduite des affaires publiques. Lors de sa prise de fonction, il a affirmé que l’« obligation de résultat » constitue le principe central de son action et de celle des futurs membres de son équipe.

    La passation de service avec son prédécesseur, Herintsalama Rajaonarivelo, s’est tenue hier au palais d’État de Mahazoarivo, marquant officiellement le début de ses fonctions. Dans son discours, le nouveau locataire des lieux n’a laissé place à aucune ambiguïté. Selon lui, le contexte actuel impose des réponses rapides et concrètes aux attentes de la population, qui ne tolère plus les retards ni les promesses sans effets visibles.

    Cette exigence s’inscrit dans la continuité du message du président de la Refondation de la République, le colonel Michaël Randrianirina, qui avait insisté, lors de la présentation du nouveau Premier ministre au palais d’État d’Iavoloha, sur la nécessité d’obtenir des résultats tangibles. Une orientation que Mamitiana Rajaonarison entend traduire immédiatement dans le fonctionnement de la primature.

    Le chef du gouvernement prévient ainsi ses futurs collaborateurs : l’évaluation ne se fera plus sur les efforts fournis, mais sur les impacts concrets des actions engagées. Dans cette logique, il annonce un changement d’approche, privilégiant des indicateurs mesurant les effets réels des politiques publiques plutôt que de simples niveaux d’activité administrative.

    Parallèlement, la formation du nouveau gouvernement constitue la prochaine étape. Le Premier ministre indique que cette phase devrait intervenir dans un délai court, tout en rappelant que la décision finale revient au chef de l’État. Il prévoit néanmoins de soumettre des propositions, tant sur la composition de l’équipe ministérielle que sur l’architecture du futur gouvernement.

    Ce processus s’inscrit dans le cadre constitutionnel, qui confie au président de la République la nomination des membres du gouvernement sur proposition du Premier ministre. Dans cette dynamique, Mamitiana Rajaonarison entend constituer une équipe alignée sur son exigence de performance, avec pour objectif affiché de répondre rapidement aux attentes pressantes de la population et de concrétiser les ambitions de la Refondation.

  • Gouvernement : le directeur du SAMIFIN, Mamitiana Rajaonarison, nommé Premier ministre

    Gouvernement : le directeur du SAMIFIN, Mamitiana Rajaonarison, nommé Premier ministre

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    Une semaine après la dissolution du gouvernement de Herintsalama Rajaonarivelo, Madagascar connaît désormais le nom de son nouveau chef du gouvernement. Hier soir, lors d’une brève cérémonie tenue au palais d’État d’Iavoloha, le président de la Refondation de la République, le colonel Michaël Randrianirina, a officiellement nommé Mamitiana Rajaonarison, jusqu’ici directeur général du Service de renseignement financier (SAMIFIN), au poste de Premier ministre.

    Le nom de Mamitiana Rajaonarison figurait déjà parmi les profils pressentis pour diriger le gouvernement dès le limogeage de son prédécesseur. Il était toutefois en concurrence avec d’autres figures de l’arène politique. Après plusieurs jours de réflexion, le chef de l’État a finalement choisi de faire confiance à l’un de ses anciens camarades de promotion, privilégiant un profil issu de l’appareil administratif et des institutions de sécurité.

    Ancien élève du Sekoly miaramilam-pirenena (SEMIPI), Mamitiana Rajaonarison a poursuivi sa formation à l’Académie militaire d’Antsirabe au sein de la 23e promotion, la même que celle du colonel Randrianirina. Tandis que ce dernier a poursuivi sa carrière au sein des Forces armées, le nouveau Premier ministre s’est orienté vers la gendarmerie nationale, avant de compléter sa formation à l’École des officiers de la gendarmerie nationale de Melun, en France, aujourd’hui Académie militaire de la gendarmerie nationale.

    Diplômé également de l’École nationale d’administration (ENA) en France, où il s’est distingué parmi les meilleurs de sa promotion, il a intégré le corps des administrateurs civils. Une grande partie de sa carrière s’est ensuite déroulée au Bureau indépendant anti-corruption (Bianco), où il a notamment occupé le poste de directeur territorial pour la province de Toliara, avant d’être nommé à la tête du SAMIFIN.

    Lors de la cérémonie, le chef de l’État a déclaré que la droiture du nouveau Premier ministre a été déterminante dans son choix. Il a notamment rappelé un épisode survenu durant la période de transition entre 2009 et 2013, lorsque Mamitiana Rajaonarison, alors officier de gendarmerie, avait choisi de démissionner afin de préserver l’indépendance de ses enquêtes face à une tentative d’ingérence hiérarchique. Pour le président Randrianirina, cette décision témoigne d’une intégrité nécessaire pour conduire les affaires de l’État dans un contexte de refondation.

    À l’issue de la cérémonie, Mamitiana Rajaonarison a indiqué que la formation du nouveau gouvernement ne devrait pas tarder, laissant entendre que les consultations sont déjà engagées. Il a également annoncé que la passation de pouvoir avec son prédécesseur devrait se tenir ce lundi, marquant ainsi la transition officielle à la tête du gouvernement. Fort de son expérience dans la lutte contre la corruption et les flux financiers illicites, le nouveau locataire de Mahazoarivo sera particulièrement attendu sur les réformes institutionnelles et la lutte contre l’impunité.

  • Antananarivo étouffe sous les ordures

    Antananarivo étouffe sous les ordures

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    À Antananarivo, la saleté s’impose désormais dans le paysage urbain. Dans de nombreux quartiers de la capitale, les déchets s’accumulent et les bacs à ordures débordent. Depuis plusieurs jours, le ramassage semble fortement perturbé, laissant apparaître des tas d’ordures le long des rues, sur les trottoirs et parfois même sur la chaussée. L’image de la ville se dégrade rapidement, tandis que les odeurs dégagées par les déchets rendent l’atmosphère difficilement supportable dans plusieurs zones.

    La situation est visible dans de nombreux secteurs de la capitale. Des fokontany comme Anosy, Analakely, Andraisoro, Ambodifilao, Besarety, Tsiazotafo, 67Ha, Behoririka, Ankazomanga, Ambohimanarina et Analamahitsy, entre autres, sont touchés par cette accumulation inquiétante de déchets. Dans plusieurs rues, les ordures restent sur place pendant plusieurs jours, attirant insectes et animaux errants, tout en aggravant l’insalubrité de l’environnement urbain.

    Outre les problèmes sanitaires évidents, cette situation provoque également des perturbations dans la circulation. Les tas de déchets débordent parfois sur la voie publique, obligeant les automobilistes et les usagers de la route à les contourner. Dans certaines artères très fréquentées, la présence de ces amas d’ordures contribue à ralentir la circulation et accentue le désordre déjà caractéristique du trafic dans la capitale.

    Ces perturbations sont liées à la grève des employés de la Société Municipale d’Assainissement (SMA), l’organisme chargé du ramassage des ordures qui réclament leur salaires du mois de février qu’ils n’ont pas encore perçu.

    Cette dégradation de la propreté dans la capitale intervient dans un contexte politique particulier. Le Conseil d’État a récemment annulé les résultats des élections municipales à Antananarivo, entraînant la mise à l’écart de la maire Harilala Ramanantsoa et du conseil municipal, en attendant l’organisation d’un nouveau scrutin. Cette décision a ouvert une période d’incertitude dans la gestion de la ville.

    Dans ce climat, certains observateurs s’interrogent sur l’origine réelle de la situation actuelle. L’accumulation des déchets est-elle uniquement la conséquence d’un mouvement de grève au sein de la SMA, ou s’inscrit-elle dans un contexte politique plus large ? La question se pose d’autant plus que la possibilité de mettre en place une délégation spéciale (PDS) à la tête de la capitale est évoquée, sans passer immédiatement par des élections municipales. Pendant ce temps, dans les rues d’Antananarivo, les ordures continuent de s’amonceler et la population attend un retour rapide à la normale.

  • Le Conseil de paix et de sécurité exhorte au respect du calendrier de transition

    Le Conseil de paix et de sécurité exhorte au respect du calendrier de transition

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    La situation politique à Madagascar continue de retenir l’attention de l’Union africaine. Réuni le 10 mars lors de sa 1335e session, le Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l’organisation continentale a examiné l’évolution de la transition dans la Grande île et formulé plusieurs recommandations aux autorités malgaches.

    La réunion, consacrée à un point de situation sur Madagascar, était présidée par l’ambassadeur Almon Mahlaba Mamba d’Eswatini. Plusieurs responsables africains et partenaires régionaux ont pris part aux discussions afin d’évaluer les perspectives du processus de transition engagé dans le pays.

    Au cours de la session, Bankole Adeoye, commissaire de l’Union africaine chargé des Affaires politiques, de la paix et de la sécurité, a insisté sur la nécessité de respecter les délais fixés dans la feuille de route de la transition. Selon lui, le respect du calendrier constitue un élément déterminant pour garantir le retour à un ordre constitutionnel stable.

    Le responsable de l’Union africaine a également mis l’accent sur la nécessité de conduire le processus politique dans un esprit d’inclusivité, de pluralisme et de transparence. Pour l’organisation continentale, ces principes doivent guider les différentes étapes de la transition afin de renforcer la crédibilité du processus et la confiance des citoyens.

    Dans son intervention, Bankole Adeoye a par ailleurs exprimé des préoccupations concernant les risques d’auto-succession, une question sensible dans plusieurs transitions politiques sur le continent. Il a également appelé à renforcer la coopération entre l’Union africaine et la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) afin d’accompagner efficacement Madagascar dans cette phase politique délicate.

    La réunion a également donné la parole à Mohamed Idriss Farah, envoyé spécial de l’Union africaine pour Madagascar. Celui-ci a présenté aux membres du Conseil une mise à jour sur la situation politique et institutionnelle du pays, ainsi que sur les défis liés à la transition en cours.

    Par ailleurs, le représentant du Malawi, qui préside actuellement l’Organe de coopération en matière de politique, de défense et de sécurité de la SADC, est intervenu lors de la session. Cette participation souligne l’implication des organisations régionales dans le suivi du processus politique malgache et la volonté de coordonner les actions en faveur d’une transition réussie.

    À l’issue de la réunion, le Conseil de paix et de sécurité a encouragé les autorités malgaches à coopérer pleinement avec l’Union africaine et la SADC. Cette collaboration est jugée essentielle pour assurer l’accompagnement du processus politique et faciliter la mise en œuvre des réformes prévues dans la feuille de route de transition.

    Le CPS a également lancé un appel à la libération sans condition de tous les détenus politiques, estimant que cette mesure pourrait contribuer à apaiser les tensions et favoriser un dialogue politique plus large.

    Enfin, l’organisation continentale insiste sur la nécessité d’une coordination renforcée entre l’Union africaine, la SADC, la Commission de l’océan Indien (COI) et les partenaires internationaux. Cette coopération vise à soutenir Madagascar dans la gestion de sa transition et à encourager le retour à un ordre constitutionnel reconnu.

    Le Conseil de paix et de sécurité a également appelé à un soutien humanitaire accru en faveur du pays, confronté à des défis socio-économiques importants. Par cette réunion, l’Union africaine réaffirme sa volonté de suivre de près l’évolution de la situation politique à Madagascar et de contribuer, aux côtés des partenaires régionaux, à une transition stable et inclusive.

  • Affaire Boeing 777 : la vérité doit être établie, l’enquête se poursuit

    Affaire Boeing 777 : la vérité doit être établie, l’enquête se poursuit

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    Après un long silence, le directeur général de l’Aviation civile de Madagascar (ACM), Alban Rakotoarisoa, s’est finalement exprimé publiquement sur l’affaire du Boeing 777 qui aurait été introduit clandestinement en Iran l’année dernière. Lors d’une déclaration devant la presse, il a affirmé que des démarches ont déjà été entreprises afin de faire avancer l’enquête et d’obtenir davantage d’éclaircissements sur ce dossier qui continue de susciter de nombreuses interrogations.

    Face aux journalistes, cette figure politique issue du mouvement du 25 septembre, à l’origine de la chute du régime d’Andry Rajoelina, devenu l’homme fort de l’ACM après avoir occupé le poste de conseiller municipal de la Commune urbaine d’Antananarivo, a indiqué que son institution a déjà pris contact avec les instances chargées de l’enquête, afin de recueillir des informations complémentaires et de mieux comprendre les circonstances entourant cette affaire.

    Selon lui, une demande d’explications plus détaillées devrait être adressée aux structures impliquées dans les investigations. Toutefois, il a reconnu que le contexte politique actuel dans le pays a ralenti certaines démarches déjà engagées. La dissolution du gouvernement intervenue récemment a en effet entraîné la suspension de plusieurs actions administratives liées à ce dossier.

    Malgré cette situation, les investigations se poursuivent sur le plan national. Alban Rakotoarisoa a précisé que le Pôle anti-corruption (PAC) et le Bureau indépendant anti-corruption (BIANCO) continuent leurs travaux dans le cadre de cette affaire. Ces institutions sont chargées d’examiner les éventuelles irrégularités et d’identifier les responsabilités liées aux circonstances de cette opération.

    L’affaire dépasse toutefois le cadre national. Le directeur général de l’ACM a également évoqué des démarches en cours au niveau international, impliquant la coopération entre Madagascar et plusieurs pays concernés par ce dossier. Cette collaboration est jugée essentielle pour permettre aux enquêteurs de retracer les mouvements de l’appareil et de rassembler les éléments nécessaires à l’établissement des faits.

    Pour les autorités malgaches, l’objectif demeure clair : faire toute la lumière sur cette affaire. Alban Rakotoarisoa a ainsi assuré que l’ACM continuera de collaborer avec les institutions nationales et les partenaires internationaux afin de permettre la poursuite des investigations et d’aboutir à la manifestation de la vérité.