Auteur/autrice : Mandimbisoa R.

  • Toaka gasy : la loi sur sa production et sa commercialisation officialisée

    Toaka gasy : la loi sur sa production et sa commercialisation officialisée

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    La production et la commercialisation du toaka gasy viennent de franchir une étape décisive. Dans une décision rendue après contrôle de constitutionnalité, la Haute Cour Constitutionnelle (HCC) a déclaré conforme à la Constitution la loi portant sur la production et la commercialisation de cette boisson alcoolisée traditionnelle sur l’ensemble du territoire national.

    Le texte, adopté par l’Assemblée nationale et le Sénat devait obtenir l’avis de conformité de la juridiction constitutionnelle avant d’entrer en vigueur. Cette loi vise à donner un cadre juridique à une boisson longtemps produite et vendue de manière largement informelle. Le texte définit le toaka gasy comme une « boisson alcoolisée produite selon la pratique traditionnelle malagasy, par la fermentation et/ou la distillation des matières d’origine végétale ou de miel ». En reconnaissant officiellement cette production, l’État entend encadrer à la fois la fabrication, la commercialisation et la distribution, tout en valorisant un savoir-faire ancestral.

    La HCC souligne que le texte touche directement à la sécurité des consommateurs, considérée comme une composante des droits et libertés fondamentaux. Elle rappelle en ce sens que la Constitution consacre le droit de tout individu à la protection de la santé, et que la sécurité sanitaire en constitue un volet essentiel. Pour répondre à cette exigence, la loi prévoit plusieurs mécanismes destinés à limiter les risques liés à la consommation et à la qualité des produits mis sur le marché.

    Parmi les dispositions mises en avant figurent l’instauration d’un système d’autorisation préalable pour produire le toaka gasy, la réglementation des matières premières, la standardisation des procédures de production ainsi que l’imposition de normes sanitaires contrôlées par les autorités relevant du ministère de la Santé publique. La loi fixe une limite au taux d’alcool, plafonné à 44% maximum, afin de renforcer la prévention des risques sanitaires.

    Selon la HCC, ces dispositions permettent de concilier plusieurs principes constitutionnels : la préservation d’un héritage culturel et artisanal, la liberté d’entreprise, mais aussi l’intérêt général et l’ordre public. La Cour rappelle d’ailleurs que l’État garantit la liberté d’entreprise, à condition qu’elle respecte les exigences liées à la santé publique, aux bonnes mœurs, à l’environnement et à la stabilité sociale.

    Au-delà de l’aspect sanitaire, la légalisation du toaka gasy ouvre aussi un nouveau champ économique. En structurant la filière, la loi pourrait permettre une meilleure organisation de la production, encourager l’émergence de producteurs agréés, renforcer la traçabilité, et favoriser la création d’activités génératrices de revenus, notamment dans les zones rurales où la distillation traditionnelle constitue parfois une source importante de subsistance.

    Après la promulgation de cette loi, la commercialisation du toaka gasy sera officiellement autorisée. L’enjeu se situe désormais dans la mise en œuvre concrète des dispositions prévues : délivrance des autorisations, contrôle du respect des normes, encadrement de la distribution et suivi sanitaire, afin que cette commercialisation se traduise sur le terrain par une production mieux maîtrisée et une consommation davantage sécurisée.

  • Vols privés vers Dubaï : le silence de l’ACM face aux interrogations persistantes

    Vols privés vers Dubaï : le silence de l’ACM face aux interrogations persistantes

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    Depuis plusieurs jours, des vols opérés par des jets privés en partance de Madagascar et à destination de Dubaï agitent les réseaux sociaux et alimentent un flot de questions auxquelles l’Aviation Civile de Madagascar (ACM) n’a, pour l’heure, apporté aucune réponse directe. Observés notamment via des plateformes de suivi aérien, ces vols, effectués pour certains de nuit et par des appareils non identifiés, ont rapidement suscité l’attention d’une opinion publique déjà sensible aux questions de transparence et de circulation de richesses stratégiques.

    Face à cette agitation numérique, l’ACM a choisi de rappeler le cadre réglementaire. Dans un communiqué rendu public récemment, l’Autorité a publié la liste des compagnies aériennes officiellement autorisées à opérer des vols de transport aérien public à Madagascar. Madagascar Airlines y apparaît comme l’unique opérateur habilité à assurer des vols réguliers et à la demande à l’intérieur et à l’extérieur du pays. Les vols à la demande peuvent également être réalisés par Madagascar Trans Air, GS Aviation et HFF Travel Airways, tandis que Madagascar Fly Alliance est autorisée uniquement pour des opérations à l’intérieur du territoire national.

    Mais cette mise au point, présentée comme un rappel institutionnel, n’a pas dissipé les interrogations. La société TOA (Tourisme Océan Indien Aviation), associée à l’homme d’affaires Mamy Ravatomanga et régulièrement citée dans l’espace public lorsqu’il est question de jets privés, ne figure pas dans cette liste officielle. Une absence qui, sans constituer en soi une preuve d’irrégularité, renforce néanmoins les questionnements autour des vols récemment observés

    Dans le même temps, l’ACM a diffusé, en début de semaine, un avis au public et aux médias rappelant que toute information relative à la sûreté de l’aviation civile est strictement encadrée par la réglementation et relève exclusivement de sa compétence. Ce message, perçu par certains comme une tentative de restreindre le débat public, a suscité de vives réactions sur les réseaux sociaux, accusant l’Autorité de vouloir imposer le silence là où l’opinion réclame des explications.

    Consciente de la controverse, l’ACM a apporté une clarification mardi soir, précisant que ni le public ni les médias ne sont empêchés de parler de l’aviation en général, qu’il s’agisse des vols, des compagnies ou des aéroports. Elle a toutefois réaffirmé que les informations sensibles liées à la sûreté doivent être diffusées par sa seule Cellule de Communication, afin de garantir la protection des données sensibles et la fiabilité de l’information.

    Cette précision intervient alors que les soupçons persistent. Les vols signalés vers Dubaï ont relancé, sur les réseaux sociaux, des hypothèses de trafic d’or, Dubaï étant régulièrement citée comme l’une des principales destinations de l’or malgache et des réseaux qui l’acheminent. À ce stade, aucune information officielle ne vient étayer ces suppositions. Toutefois, l’absence de communication de l’ACM sur la nature même de ces vols non identifiés continue d’interpeller.

    Car si l’Autorité rappelle avec insistance son rôle central en matière de sûreté de l’aviation civile, elle n’a, jusqu’ici, fourni aucun élément permettant d’éclairer l’opinion sur ces mouvements aériens précis pourtant largement documentés en ligne. Dans un environnement marqué par la circulation rapide de l’information et la défiance envers les institutions, ce silence, même justifié par des impératifs réglementaires, apparaît de plus en plus difficile à soutenir.

  • État civil : lancement de l’enrôlement biométrique

    État civil : lancement de l’enrôlement biométrique

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    Le coup d’envoi de l’enrôlement biométrique des citoyens âgés de 18 ans et plus a été donné hier dans la commune d’Ampitatafika, dans le district d’Atsimondrano. Cette phase initiale, prévue jusqu’au 24 février dans la zone pilote, précède une extension progressive à l’ensemble du territoire à partir du 3 avril.

    Sur le terrain, l’opération se veut accessible et volontaire. À Ampitatafika, les centres d’enrôlement accueillent les citoyens sans prise de rendez-vous, avec un objectif quotidien d’environ 120 personnes enregistrées. Chaque procédure dure une quinzaine de minutes. Des campagnes de sensibilisation, appuyées par des réunions locales et des supports d’information déployés dans les fokontany, ont été mises en place afin d’encourager la population à participer.

    Le dispositif est organisé du lundi au vendredi, avec une combinaison d’équipes fixes installées dans certains fokontany et d’unités mobiles chargées de couvrir les zones plus éloignées. Présenté comme gratuit et réalisé une seule fois par citoyen, l’enrôlement biométrique est décrit par les autorités comme une étape structurante vers une identité légale sécurisée et reconnue.

    Au-delà de cette phase locale, l’initiative s’inscrit dans un projet d’envergure nationale. Le lancement officiel du programme s’est tenu le même jour à Iavoloha, marquant le démarrage d’un processus destiné à attribuer un Numéro d’Identifiant Unique à plus de 12 millions de Malgaches. Soutenu par l’État et le projet PRODIGY de la Banque mondiale, le programme ambitionne de poser les fondations d’une administration modernisée et d’une gouvernance numérique renforcée.

    Lors de la cérémonie, le président de la Refondation de la République, le colonel Michaël Randrianirina, a mis en avant le rôle central de l’identification biométrique dans la réforme de l’État. Selon lui, ce dispositif doit améliorer la gestion des finances publiques, renforcer la transparence dans les marchés publics et appuyer les forces de sécurité. L’enrôlement biométrique est également présenté comme un levier clé pour assainir les listes électorales, en éliminant les doublons, les inscriptions de mineurs ou de personnes décédées, tout en ouvrant la voie à une participation accrue de la diaspora aux prochains scrutins.

    Sur le plan opérationnel, le ministère de l’Intérieur et de la Décentralisation assure la mise en œuvre du programme, tandis que le ministère du Développement numérique, des Postes et des Télécommunications supervise l’architecture technologique. À travers l’Unité de Gouvernance Digitale, l’objectif affiché est de garantir l’interconnexion entre l’état civil, la Justice et les différents services publics.

    Après la phase pilote à Atsimondrano, la généralisation nationale est prévue entre avril et juin 2026. Les autorités visent l’enrôlement de deux millions de citoyens durant cette période, en priorité les adultes. Le système repose sur la collecte de données biométriques multiples — empreintes digitales, reconnaissance faciale et iris — afin de garantir l’unicité de chaque identité. Plus de 2 500 équipes devraient être déployées à travers le pays, chacune capable d’enregistrer quotidiennement plusieurs dizaines de personnes.

    À terme, le gouvernement présente ce chantier comme l’un des piliers de la transformation numérique du pays, avec la promesse d’une administration plus efficace, d’un accès élargi aux droits et services, et d’une gouvernance se voulant plus inclusive.

  • Ouverture des assises militaires

    Ouverture des assises militaires

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    Le coup d’envoi des assises militaires a été lancé hier au Centre de Conférence International à Ivato. Ces assises devraient durer tout au long du mois de février. Elles interviennent dans un contexte de défis sécuritaires, institutionnels et sociaux majeurs.

    Dans son discours d’ouverture, le colonel Michaël Randrianirina, a déclaré que l’armée doit s’engager dans une modernisation et une refondation en profondeur. Une démarche pensée pour répondre à l’évolution du monde et aux attentes de la Nation. La refondation ne remet pas en cause l’institution, elle vise à corriger les dysfonctionnements existants et à renforcer l’efficacité opérationnelle de l’armée, a-t-il affirmé.

    « Les valeurs, la discipline et le respect des règles sont les piliers de la force d’une institution. Aucun changement ne doit fragiliser ce qui fait la solidité de l’Armée malagasy », a lancé Michaël Randrianirina.

    Le nouvel homme fort du pays soutient que la réussite de toute refondation dépend aussi de l’amélioration des conditions de vie des militaires et de leur adhésion aux orientations définies pour l’avenir. Les autorités travaillent à l’amélioration des conditions de vie et de travail des militaires, d’après Michaël Randrianirina. Il a par ailleurs confirmé le renforcement du génie militaire, notamment par le recrutement et la mise en place de structures adaptées. L’objectif est de mieux répondre aux besoins de la population et de soutenir le développement national.

    Le colonel Michaël Randrianirina a rappelé que des concertations militaires avaient déjà eu lieu en 2009. Des décisions avaient été prises, mais jamais appliquées. La concertation de 2026 veut rompre avec ces échecs, selon ses dires. Elle vise à clarifier les responsabilités, assurer la continuité des actions et garantir des résultats concrets.

  • Processus de refondation : arrivée d’une nouvelle mission de la SADC

    Processus de refondation : arrivée d’une nouvelle mission de la SADC

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    Le colonel Michaël Randrianirina a reçu hier au Palais d’Etat d’Iavoloha une délégation de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC), conduite par l’ancienne présidente du Malawi, Joyce Banda. La mission a pour objectif principal de consolider les engagements de l’organisation et de préparer le mécanisme d’appui et d’accompagnement en faveur de Madagascar, pour soutenir le processus de refondation en cours.

    Lors de cette rencontre, les discussions ont porté sur l’architecture globale de la transition et sur la logique du calendrier retenu. Interrogé sur le délai de 24 mois prévu avant l’aboutissement du processus, Michaël Randrianirina a expliqué que cette période correspond à une phase structurante, dédiée à la refondation des institutions et à la mise en place d’un cadre de dialogue national. Pour le chef de l’État, cette étape est indispensable afin d’éviter toute réforme précipitée et de garantir des fondations solides et durables.

    La SADC a appelé le gouvernement de transition à présenter, au plus tard le 28 février 2026,

    une feuille de route nationale détaillant les étapes concrètes vers un retour à l’ordre constitutionnel, lors du sommet extraordinaire des chefs d’Etat et de gouvernement de la SADC qui s’est déroulé en Afrique du Sud au mois de décembre.

    La concertation nationale, connue sous le nom de Fikaonandoham-pirenena, a occupé une place centrale dans les échanges. Prévue pour 2026, elle se déroulera en plusieurs phases, du niveau local jusqu’au niveau national. Son objectif est de recueillir les attentes, les propositions et les préoccupations de la population en vue de l’élaboration d’une nouvelle Constitution. Toutes les composantes de la société seront appelées à y participer, tandis que les ministères sectoriels mèneront, en parallèle, leurs propres consultations thématiques.

    Le Président de la Refondation a affirmé que ce processus s’inscrit dans un cadre juridique précis, défini par la Décision n°16-HCC/D3 du 18 novembre 2025 de la Haute Cour constitutionnelle (HCC). Ce socle légal encadre la transition et garantit la stabilité institutionnelle durant cette période, rassure-t-il.

    La délégation de la SADC a également rencontré la ministre d’État chargée de la Refondation, Hanitra Razafimanantsoa, et ses collaborateurs. Les échanges ont permis de préciser les modalités de la concertation nationale et d’aborder le calendrier électoral. Il a été indiqué que l’année 2027 sera consacrée à l’organisation des élections, avec des préparatifs engagés dès 2026, afin de respecter les délais constitutionnels. Les modalités des scrutins dépendront directement des conclusions issues de la consultation nationale.

    Les discussions ont également pris en compte les contraintes actuelles, notamment les aléas climatiques, les enjeux sanitaires, le contexte politique et les limites budgétaires. Les autorités ont réaffirmé leur volonté de privilégier les ressources nationales, tout en restant ouvertes à un appui extérieur.

  • Antananarivo : rupture partielle de la digue du fleuve Sisaony

    Antananarivo : rupture partielle de la digue du fleuve Sisaony

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    La rive droite de la digue de la Sisaony a cédé aux pressions des pluies de ce week-end. Cela s’est produit dans le fokontany de Tongoloina, dans la commune rurale d’Ampahitrosy, district d’Antananarivo Atsimondrano, faisant craindre un scénario catastrophe pour les zones en aval et les quartiers vulnérables de la capitale. Cette rupture partielle intervient dans un contexte de fortes précipitations persistantes, ravivant le spectre des inondations majeures qui frappent régulièrement la plaine d’Antananarivo pendant la saison des pluies.

    Alertées dès samedi 24 janvier, les autorités locales ont confirmé l’affaiblissement critique de la digue du fleuve Sisaony, un axe hydraulique majeur dont les débordements peuvent rapidement affecter les communes périphériques et, par effet domino, les bas quartiers d’Antananarivo. Face à l’urgence, l’Autorité pour la Protection contre les Inondations de la Plaine d’Antananarivo (APIPA) a immédiatement engagé des actions de terrain, en mobilisant des moyens logistiques importants : 3 000 sacs de sable et 500 bois ronds ont été acheminés sur le site, en coordination avec le Bureau national de gestion des risques et catastrophes (BNGRC), afin de contenir la brèche et renforcer les zones les plus fragilisées.

    Dimanche 25 janvier, la gravité de la situation a conduit le Premier ministre, Rajaonarivelo Herintsalama Andriamasy, à se rendre personnellement sur les lieux, accompagné de plusieurs membres du gouvernement, dont les ministres de l’Aménagement du territoire, de l’Intérieur et de l’Économie. Selon un communiqué de la Primature, l’objectif était d’évaluer l’ampleur des dégâts, de superviser les mesures d’urgence et d’ordonner des solutions immédiates pour protéger les populations riveraines. Le Chef du gouvernement a insisté sur le caractère prioritaire de la protection des vies humaines, tout en appelant à des solutions durables pour éviter la répétition de telles crises.

    Sur le plan hydrologique, le dernier bulletin de l’APIPA, publié samedi matin, révèle une situation sous étroite surveillance. Si aucune alerte officielle d’inondation n’était encore déclenchée à cette date, plusieurs indicateurs sont jugés préoccupants. Le niveau de la Sisaony à Ampitatafika a atteint 2,07 mètres, avec une tendance à la hausse, se rapprochant du seuil de danger fixé à 3 mètres. Le fleuve Ikopa, qui traverse directement la capitale, affiche également des niveaux en augmentation à Ambohimanambola et Bevomanga, accentuant la crainte de débordements si les pluies persistent.

    Antananarivo reste en effet hautement vulnérable aux inondations. Située dans une plaine traversée par plusieurs cours d’eau, la capitale subit chaque année les conséquences d’une urbanisation rapide et souvent anarchique. Les bas quartiers, installés dans des zones naturellement inondables, paient le prix fort : maisons submergées, pertes matérielles, déplacements forcés et risques sanitaires accrus. Les précédents épisodes d’inondation ont déjà laissé des milliers de sinistrés et mis en lumière les limites des infrastructures de drainage et de protection existantes.

    Dans ce contexte, la consolidation urgente de la digue de la Sisaony apparaît comme un enjeu stratégique majeur pour éviter une catastrophe aux répercussions humaines, économiques et sociales considérables. Les travaux de renforcement, qui doivent débuter ce lundi 26 janvier avec l’utilisation de sacs de grande capacité remplis de sable, seront déterminants. Mais au-delà de l’urgence, cet épisode rappelle la nécessité pour Antananarivo de renforcer durablement sa résilience face aux aléas climatiques de plus en plus fréquents et intenses.

  • Toamasina : un projet de création de 5000 emplois annoncé

    Toamasina : un projet de création de 5000 emplois annoncé

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    Offrir 5 000 opportunités professionnelles à des jeunes de la région Atsinanana sur deux ans, c’est l’objectif du projet pilote « Asa 5000 ho an’ny Tanora ». Officiellement lancé à Toamasina par le président de la Refondation, le colonel Michael Randrianirina, cette initiative entre dans la lutte contre le chômage des jeunes, en misant sur des solutions concrètes et adaptées aux réalités locales.

    Mis en œuvre par le ministère du Travail, de l’Emploi et de la Fonction Publique (MTEFOP), les futurs bénéficiaires de ce projet, de 18 à 25 ans, sans distinction de niveau d’études ou de lieu de résidence, seront accompagnés vers l’emploi ou l’auto-emploi.

    Le projet dispose d’un budget global estimé à 12,5 millions de dollars, soit un investissement moyen de 2500 dollars par jeune. Ces ressources serviront à financer la formation, l’encadrement technique et le suivi individualisé nécessaires pour sécuriser les parcours professionnels. Les autorités entendent ainsi limiter les abandons précoces et favoriser des activités économiquement viables.

    Contrairement aux programmes centrés exclusivement sur le salariat, « ASA 5000 ho an’ny Tanora » adopterait une approche mixte. À l’issue de la phase pilote, trois jeunes sur quatre seront orientés vers la création d’activités génératrices de revenus, notamment dans l’agriculture, l’artisanat ou les initiatives innovantes. Le quart restant intégrera des entreprises structurées. Les secteurs ciblés couvrent les principaux moteurs économiques de la région : agriculture, élevage, mines, tourisme durable, transport, logistique, énergies renouvelables et BTP.

    Chaque bénéficiaire suivra un parcours progressif et personnalisé, débutant par une évaluation de son profil et de ses aspirations, selon les autorités. Des formations pratiques renforceront ensuite les compétences techniques, comportementales et entrepreneuriales, avant un accompagnement continu assuré par le mentorat et le coaching.

    La mise en œuvre opérationnelle est confiée à la Maison de l’Emploi et de la Formation de la Région Atsinanana (MEFRA), avec l’appui du MTEFOP. Selon les responsables du programme, cette phase pilote permettra d’ajuster les mécanismes de soutien à l’emploi avant un éventuel déploiement à l’échelle nationale.

  • Anniversaire funeste à Ambohimalaza : la ministre de la Justice annonce une nouvelle enquête

    Anniversaire funeste à Ambohimalaza : la ministre de la Justice annonce une nouvelle enquête

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    Un nouveau rebondissement dans l’affaire de l’anniversaire funeste, survenu au mois de juin 2025, à Ambohimalaza. Une nouvelle enquête va être ouverte dans le cadre de ce dossier, a révélé vendredi la ministre de la Justice, Fanirisoa Ernaivo. Beaucoup d’individus, y compris le soi-disant « papasosy », la présumée personnalité qui aurait financé l’organisation de la fête et qui aurait offert une voiture à Fenohasina, l’hôte de l’événement, mais dont l’identité n’a jamais été dévoilée au grand public jusqu’ici, et les rescapés de cet empoisonnement à grande échelle ayant fait plusieurs dizaines de décès, vont être entendus.

    La garde des Sceaux de la République a révélé que les invités tombés malades, ayant été évacués à Maurice pour suivre des traitements particuliers, n’ont jamais été entendus dans cette affaire. Il en est de même pour les autres individus ayant assisté à la fête ou pour les proches des victimes qui pourraient avoir d’autres informations, et quin’ont jamais été enquêtés. « Seules quatre personnes ont été entendues dans cette affaire », confirme Fanirisoa Ernaivo, « toutefois, il y a eu des histoires de boissons, de fumée et de repas qui auraient été cités comme étant à l’origine de l’empoisonnement ».

    Trois personnes sont actuellement placées en détention dans cette affaire. Parmi elles, il y a la présumée principale auteure des faits, un membre de la famille de l’hôte de l’anniversaire, et la mère de cette dernière. La troisième est la présumée « ombiasy » qui aurait fourni les poisons, dont les « daturas » et les « belladones ». Mendrika, la belle-sœur de Fenohasina, et non moins épouse d’un footballeur malgache de renom, a également été emprisonnée, mais elle aurait déjà retrouvé la liberté. Sa remise en prison aurait été réclamée par les proches des victimes, mais la ministre de la Justice a dit que « personne ne peut s’opposer à la décision de la justice là-dessus ».

    Cette affaire d’anniversaire de la jeune Fenohasina a suscité beaucoup d’émoi et de polémique dans le microcosme socio-politique malgache. Le nombre de décès trop important, la prise en charge jugée tardive des malades, la conduite de l’enquête et la tergiversation des autorités à mettre un visage sur le véritable responsable de l’hécatombe, mais surtout les soupçons de mensonge émanant des différentes déclarations des autorités sur l’affaire,ont provoqué le tollé général. Cette affaire est même devenue politique et a fortement secoué le régime d’Andry Rajoelina.

  • Toamasina : le président de la Refondation répond aux dénigrements et réaffirme la lutte contre la corruption

    Toamasina : le président de la Refondation répond aux dénigrements et réaffirme la lutte contre la corruption

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    En déplacement à Toamasina, le président de la Refondation de la République, le colonel Michaël Randrianirina, s’est exprimé devant la population pour répondre aux nombreuses informations et critiques circulant sur les réseaux sociaux. Face aux rumeurs et aux campagnes de dénigrement, le chef de l’État a tenu à apporter des clarifications, affirmant que « la majorité relève du mensonge… ici, nous sommes intègres ». Une déclaration visant à réaffirmer la crédibilité des institutions et à rassurer les citoyens quant à la conduite des affaires publiques.

    Au cours de cette rencontre, le président de la Refondation a également réitéré l’engagement de l’État à instaurer une gouvernance fondée sur la transparence et l’intégrité. « Nous nous efforçons de mettre en place une gouvernance transparente et propre, sans corruption », a déclaré Michaël Randrianirina. Pour lui, la corruption constitue l’un des principaux freins au développement du pays. Il a rappelé que l’appropriation abusive des richesses nationales et des secteurs économiques par une minorité a, depuis des décennies, contribué à la précarisation de la population et à l’appauvrissement généralisé de Madagascar.

    Dans ce combat contre la corruption, le chef de l’État a insisté sur la nécessité d’un profond changement de mentalité. Selon lui, les réformes institutionnelles, aussi importantes soient-elles, ne peuvent produire des résultats durables sans l’adhésion de l’ensemble de la société. « Nous ne progresserons jamais si les mentalités ne changent pas », a-t-il martelé, appelant à une mobilisation collective en faveur de l’éthique et de la responsabilité.

    Le président a également tenu à rappeler que la lutte contre la corruption ne relève pas uniquement de la responsabilité des dirigeants. Les citoyens ont, eux aussi, un rôle déterminant à jouer. Il a ainsi exhorté la population à ne plus encourager les pratiques de corruption au sein de l’administration publique. « Parfois, c’est nous, citoyens, qui habituons les agents publics à recevoir de l’argent dans les différents services administratifs. Laissez-les travailler sans leur donner de l’argent : ils perçoivent déjà un salaire, qui a d’ailleurs été revalorisé de 14 %. Évitons la corruption si nous voulons réussir la Refondation », a-t-il souligné.

    Par ailleurs, la question foncière a été largement évoquée lors de cette rencontre. Problématique majeure à Toamasina, elle suscite de nombreuses inquiétudes au sein de la population. À ce sujet, le président de la Refondation a tenu à rassurer, affirmant que « la Refondation protège la population dans la défense de ses terres ». Une position destinée à apaiser les tensions et à réaffirmer la volonté de l’État de défendre les droits fonciers des citoyens.

  • Toliara : le ministre de l’Intérieur dément la nomination d’un PDS

    Toliara : le ministre de l’Intérieur dément la nomination d’un PDS

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    Le ministère de l’Intérieur et de la Décentralisation a opposé un démenti formel aux informations faisant état de la mise en place d’une délégation spéciale à la tête de la commune urbaine de Toliara. En marge d’un événement officiel tenu hier à Anosy, le ministre Velonjara Rakotonandrasana a rejeté sans ambiguïté la désignation de Serge Vital comme président de cette supposée délégation spéciale.

    Depuis mercredi, des publications largement diffusées sur les réseaux sociaux, notamment à Toliara, affirment qu’une délégation spéciale aurait été installée pour diriger la municipalité de la ville du Soleil. Ces informations vont jusqu’à présenter Serge Vital, jeune politicien originaire de Toliara comme le président de cette structure transitoire. Certains sites d’information ont repris ces affirmations, contribuant à amplifier la confusion.

    Face à la presse, le ministre Velonjara Rakotonandrasana a tenu à remettre les faits à leur place. Il a rappelé que la mise en place d’une délégation spéciale relève exclusivement de ses prérogatives. « C’est moi, en tant que ministre de l’Intérieur et de la Décentralisation, qui signe les actes de mise en place d’une délégation spéciale. Jusqu’à présent, je n’ai encore rien signé », a-t-il martelé, écartant ainsi toute légitimité à une quelconque nomination de Serge Vital.

    Selon le membre du gouvernement, aucune décision judiciaire n’a, à ce jour, constaté la vacance du poste de maire de Toliara. Or, la loi sur les Collectivités territoriales décentralisées est claire : la création d’une délégation spéciale n’intervient qu’après une décision du Tribunal administratif établissant officiellement la vacance du siège du chef de l’Exécutif communal. Sans cette étape, aucune autorité ne peut légalement procéder à une telle mise en place.

    La situation actuelle de la commune urbaine de Toliara est liée à l’absence prolongée du maire Jean Rabehaja, qui suit des soins médicaux à l’extérieur du pays depuis plusieurs mois. Cette indisponibilité, non accompagnée de la désignation d’un intérimaire, a entraîné des tiraillements internes au sein de l’équipe municipale et ouvert la voie aux spéculations.

    Pour éviter le blocage de l’administration communale, le Tribunal administratif de Toliara a tranché en confiant l’intérim au premier adjoint au maire, Elie Lamarre. Une solution provisoire qui, selon le ministre de l’Intérieur, reste la seule conforme au cadre légal en attendant une éventuelle décision judiciaire sur la vacance du poste.

    En rejetant publiquement la rumeur de la nomination de Serge Vital comme président d’une délégation spéciale, le ministre Velonjara Rakotonandrasana entend rappeler que la gestion des collectivités territoriales ne peut se faire sur la base de spéculations, mais uniquement dans le strict respect de la loi.