Auteur/autrice : Mandimbisoa R.

  • Concertation nationale : le comité de pilotage installé sous la présidence du colonel Michaël Randrianirina

    Concertation nationale : le comité de pilotage installé sous la présidence du colonel Michaël Randrianirina

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    Le Comité de pilotage de la Concertation nationale pour la Refondation a tenu son premier atelier le 22 janvier 2026 au Palais d’État d’Iavoloha. Cette instance stratégique est mise en place plus d’un mois après la messe de lancement officiel de la Concertation nationale pour la Refondation, organisée au CCI Ivato. Une cérémonie qui avait suscité de nombreuses critiques, notamment en raison de l’invitation du FFKM, plateforme religieuse associée à l’ancien président déchu Andry Rajoelina, à cet événement solennel.

    Le comité est présidé par le président de la Refondation de la République de Madagascar, le colonel Michaël Randrianirina, qui occupe les fonctions de chef de l’État depuis octobre 2025, à la suite de la chute d’Andry Rajoelina. Cette précision est jugée essentielle par plusieurs observateurs, alors que des confusions avaient émergé après le lancement officiel, certains attribuant à tort la conduite du processus à l’ancien régime.

    La mise en place du Comité de pilotage intervient ainsi dans un contexte politique encore sensible. À l’issue de la cérémonie du CCI Ivato, des voix critiques avaient dénoncé une récupération politique du processus de refondation, censé être inclusif et tourné vers l’intérêt général. Le rappel du rôle central du colonel Michaël Randrianirina vise à réaffirmer l’autorité institutionnelle qui encadre désormais cette démarche nationale.

    La réunion du 22 janvier s’est tenue en présence de plusieurs acteurs clés, dont le Premier ministre, des membres du gouvernement, des hauts responsables de l’administration ainsi que des représentants du FFKM. Toutefois, aucune information officielle n’a filtré sur le contenu des discussions ni sur les décisions prises lors de cet atelier.

    Malgré ce manque de communication, cette rencontre est perçue comme un signal encourageant. Elle est considérée comme une étape structurante dans la préparation et la coordination de la Concertation nationale pour la Refondation. Dans un climat encore marqué par le scepticisme, la dynamique enclenchée par ce comité pourrait ouvrir une voie constructive, à condition que la transparence, la clarté des rôles et l’inclusivité promises soient effectivement respectées dans les prochaines étapes du processus.

  • Remaniement institutionnel : le président de la HCC visé par une destitution

    Remaniement institutionnel : le président de la HCC visé par une destitution

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    Une initiative de destitution viserait actuellement le président de la Haute Cour constitutionnelle (HCC), Florent Rakotoarisoa. D’après des informations recoupées auprès de plusieurs sources, cinq des neuf membres composant la Cour auraient déjà exprimé leur position en faveur de cette éviction. Une configuration qui soulève des interrogations juridiques, alors que le règlement intérieur de la HCC précise que l’institution peut valablement statuer dès lors que le quorum de six membres sur neuf est atteint, et qu’une décision est considérée comme acquise lorsque la majorité des votants s’est prononcée.

    Dans la foulée de cette démarche, des sources concordantes indiquent que l’élection d’un nouveau président de la Haute Cour aurait été programmée dans la soirée du mardi. Cette initiative aurait toutefois été suspendue dès le lendemain. À ce stade, aucune communication officielle n’est venue confirmer les raisons de cet ajournement ni préciser le calendrier des prochaines étapes.

    Selon les mêmes sources, le président en exercice de la HCC n’aurait pas reconnu sa destitution. Une position qui place l’institution face à un vide juridique apparent, alors même que les textes encadrent clairement les cas de vacance à la tête de la Cour. La délibération portant règlement intérieur de la HCC stipule en effet que : « En cas de vacance de la présidence de la Haute Cour constitutionnelle, par démission, décès ou toute autre cause, la Haute Cour, conformément à la procédure susvisée, élit un nouveau président dans le mois qui suit l’événement intervenu. »

    De son côté, l’ordonnance portant loi organique instituant la HCC énumère les situations pouvant entraîner la vacance d’un siège de Haut conseiller constitutionnel, à savoir la démission volontaire, la démission d’office pour incompatibilité de fonction ou de mandat, ainsi que l’empêchement définitif. Dès lors, avant toute élection destinée à désigner un successeur à Florent Rakotoarisoa, une formalité préalable semble indispensable : la constatation officielle de la vacance de son siège, que ce soit pour cause de démission ou d’empêchement définitif.

    Cette crise interne s’est accompagnée de mesures exceptionnelles sur le terrain. Depuis mardi soir, le portail principal de la Haute Cour constitutionnelle, à Ambohidahy, est resté fermé. Une décision qui, selon des sources concordantes, devrait rester en vigueur jusqu’à ce jeudi. Hier encore, ni les Hauts conseillers constitutionnels ni les agents de l’institution n’ont été autorisés à accéder aux locaux par “mesure de sécurité”. Malgré tout, aucun incident particulier n’a été signalé sur place. Le site est resté plongé dans un calme inhabituel en pleine journée de travail.

    Cette situation n’est pas sans rappeler un précédent récent qui avait déjà mis à mal la stabilité de la Cour. En décembre, la question du remplacement de trois Hauts conseillers constitutionnels avait provoqué une vive polémique. Le 21 décembre, un décret émanant de la présidence de la refondation de la République avait constaté la vacance de trois sièges relevant du quota présidentiel, en avançant l’argument de leur démission, avant de procéder à la nomination de nouveaux membres. Les trois conseillers concernés avaient pourtant formellement nié avoir quitté leurs fonctions.

    Plus largement, cette manière de procéder s’inscrit dans une série de pratiques déjà observées sous le régime d’Andry Rajoelina. L’exemple le plus marquant demeure la mise à l’écart de Herimanana Razafimahefa de la présidence du Sénat, après qu’il ait été publiquement présenté comme souffrant de démence. Son remplacement par le général Richard Ravalomanana, nommé sénateur par le chef de l’État avant d’accéder à la tête de la Chambre haute, avait suscité une vague de contestations. En l’espace de quelques jours, un président de Sénat critique à l’égard du régime avait été démis de ses fonctions.

    Récemment, sous l’actuel régime, la Commission électorale nationale indépendante (CENI) a également connu un changement à sa tête. Le président en exercice, Arsène Dama, a été remplacé par Thierry Rakotonarivo, nouveau représentant de l’Assemblée nationale et ancien directeur de cabinet de Siteny Randrianasoloniaiko, président de la Chambre basse et non moins homme fort de cette transition dirigée par Colonel Michaël Randrianirina. Contrairement à d’autres remaniements institutionnels, ce remplacement s’est déroulé de manière plus consensuelle et sans provoquer de tensions majeures.

  • Les réserves en devises atteignent 3,4 milliards de dollars

    Les réserves en devises atteignent 3,4 milliards de dollars

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    La Banque centrale de Madagascar a publié hier mercredi, de nouveaux indicateurs monétaires et financiers jugés rassurants sur l’état actuel de l’économie nationale. Les avoirs nets en devise étrangère atteignent 3,4 milliards de dollars, un niveau qui conforte la stabilité financière du pays.

    Selon le gouverneur de la Banque Centrale, Aivo Andrianarivelo, ce volume permet de couvrir les besoins d’importation pour une durée estimée à sept mois, écartant ainsi tout risque immédiat de tension sur les échanges extérieurs.

    Cette solidité des réserves témoigne d’une capacité renforcée à faire face aux engagements internationaux et à sécuriser l’approvisionnement du pays en biens essentiels. Elle reflète également une gestion prudente des flux financiers dans un contexte économique encore marqué par des incertitudes mondiales.

    Parallèlement à ces résultats, la Banque centrale a annoncé un renforcement des mesures de sécurité liées à la gestion des fonds publics. Un accord de coopération a été signé avec les forces de sécurité afin de mieux protéger les sites stratégiques et le transport des ressources financières de l’État.

    En 2025, plus de 130 milliards d’ariary ont été sortis de la Banque centrale dans le cadre des opérations de mise en circulation monétaire. Sur ce volume, 8 400 milliards d’ariary ont été destinés à la direction centrale à Antananarivo, tandis que 4 800 milliards d’ariary ont été acheminés vers les agences régionales et provinciales.

    À la fin du mois de décembre 2025, 289 convoyages de fonds avaient déjà été effectués, soit une moyenne proche de six convois par semaine. Un rythme soutenu qui illustre l’intensité des activités de distribution monétaire et le rôle central de la Banque centrale dans le fonctionnement de l’économie nationale.

  • Le colonel Patrick Rakotomamonjy démis de ses fonctions à la présidence

    Le colonel Patrick Rakotomamonjy démis de ses fonctions à la présidence

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    Il aura fallu deux mois seulement pour que prenne fin la mission du Colonel Patrick Rakotomamonjy à la tête du Bureau des doléances de la présidence de la Refondation. Le Conseil des ministres réuni mardi a en effet décidé d’abroger sa nomination, intervenue le 24 novembre 2025, sans fournir d’explication officielle sur les motivations exactes de cette décision. Cette révocation rapide suscite interrogations et spéculations, tant le poste occupé est stratégique dans le dispositif institutionnel actuel.

    Le médecin-colonel Patrick Rakotomamonjy n’est pas un inconnu de la scène politique nationale. Cet ancien directeur technique adjoint au Centre hospitalier de Soavinandriana (Cenhosoa), avait été soupçonné d’avoir placé du cocktail molotov dans l’enceinte de la Villa Pradon Antanimena. Ayant pris la fuite à l’étranger, il avait ensuite été condamné à 20 ans de travaux forcés. Il s’était imposé dans le débat public après avoir dénoncé publiquement l’homme d’affaires Mamy Ravatomanga. Dans plusieurs vidéos largement relayées sur les réseaux sociaux, le colonel Patrick a accusé Ravatomanga d’entretenir un système d’influence et de pratiques opaques au sommet de l’État. Ces déclarations ont précédé la chute du régime d’Andry Rajoelina et le départ en exil de Mamy Ravatomanga, coïncidant par la suite avec des procédures judiciaires ouvertes à l’étranger contre l’homme d’affaires, renforçant leur retentissement médiatique.

    Aucune communication formelle n’a été faite sur ce limogeage. Néanmoins, le nom du colonel a récemment été cité dans une affaire d’agression présumée d’un commerçant, survenue aux abords de l’hôpital militaire de Soavinandriana, vers la fin de l’année 2025. Une enquête serait en cours afin d’établir les responsabilités.

  • Fin de mission pour l’ambassadrice américaine Claire Pierangelo

    Fin de mission pour l’ambassadrice américaine Claire Pierangelo

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    L’ambassadrice des États-Unis à Madagascar, Claire Pierangelo, a officiellement mis fin à sa mission diplomatique ce mardi, au terme d’une audience solennelle avec le Président de la Refondation, Michael Randrianirina, au Palais d’État d’Iavoloha.

    En poste depuis juin 2022, le départ de Claire Pierangelo intervient dans un contexte diplomatique plus large, marqué par une série de changements au sein du corps diplomatique américain. L’administration du président Donald Trump a ordonné en décembre 2025 le rappel de dizaines d’ambassadeurs et diplomates de carrière, nommés sous l’administration Biden, dans le cadre d’un vaste remaniement visant à aligner le service extérieur sur sa politique dite “America First”. Selon plusieurs médias internationaux, des ambassadeurs dans au moins 29 pays — principalement en Afrique — ont été informés que leur mandat prendrait fin en janvier 2026, sans explication détaillée, reflétant une réorientation significative de la diplomatie américaine.

    Ce mouvement de rappel, bien que conforme à la prérogative de Donald Trump de remplacer les représentants personnels qu’il juge appropriés pour promouvoir ses priorités politiques, a suscité des réactions diverses dans les cercles diplomatiques et politiques. Pour certains observateurs, cette purge représente un effort de réaffirmation de l’autorité présidentielle sur la politique étrangère ; pour d’autres, elle pourrait affaiblir la continuité et la crédibilité du rôle des États-Unis sur la scène internationale.

  • Nouvelle saisie de lingot d’or à l’aéroport Ivato

    Nouvelle saisie de lingot d’or à l’aéroport Ivato

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    Une énième saisie de lingot à l’aéroport international d’Ivato. Un passager de nationalité malgache a été interpellé alors qu’il tentait de franchir les contrôles avec trois lingots d’or pesant au total 789 grammes dissimulés dans ses bagages.

    Les investigations préliminaires ont montré que ces lingots ne comportaient aucune marque légale d’origine ou de poinçon du ministère des Mines, ce qui suggère une intention de trafic illicite. Le suspect est actuellement entendu dans le cadre d’une enquête conjointe impliquant entre autres, douanes, ministère des Mines, Police de l’air et des frontières…

    Ce nouveau coup de filet intervient quelques semaines seulement après une autre opération significative à Ivato. Le 11 janvier 2026, les agents des douanes ont saisi 5,16 kg de lingots d’or, soigneusement dissimulés à l’intérieur de deux batteries externes modifiées, au moment où un passager tentait de les faire sortir du pays via la zone d’embarquement. Les lingots avaient été coulés et cachés dans ces power banks, mais ont été découverts lors d’un contrôle approfondi des effets personnels. Le suspect a été confié au Service de renseignement et d’enquête et les lingots ont été sécurisés sous scellés à la Banque centrale en présence d’un huissier.

    Ces interceptions s’inscrivent dans un contexte plus large de lutte contre la contrebande d’or à Madagascar, où des saisies encore plus importantes ont déjà été enregistrées, notamment une opération de décembre 2024 au cours de laquelle plus de 53 kg d’or ont été retirés du circuit lors d’une tentative d’exportation frauduleuse. Lors de cette affaire, des documents d’exportation falsifiés avaient été utilisés, et un fonctionnaire est activement recherché pour faux et usage de faux dans le cadre de l’enquête.

    Les autorités soulignent que ces opérations démontrent l’efficacité des dispositifs de contrôle renforcés à Ivato. Elles rappellent que le trafic illégal de ressources minières, notamment d’or, reste une préoccupation majeure pour l’économie nationale, en particulier face à des réseaux organisés cherchant à contourner les réglementations et à exploiter les vulnérabilités du système douanier.

  • Richard Ravalomanana et Marie Michelle Sahondraharimalala en détention préventive

    Richard Ravalomanana et Marie Michelle Sahondraharimalala en détention préventive

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    Deux figures emblématiques du régime Rajoelina, longtemps perçues comme des piliers de l’appareil étatique ont quitté lundi les couloirs du pouvoir, pour les murs des prisons. Le général retraité Richard Ravalomanana, ancien président du Sénat, et Marie Michelle Sahondraharimalala, députée et ex-ministre de l’Éducation nationale, ont été placés en détention provisoire respectivement à Imerintsiatosika et à Avaradrano.

    Pour le général Richard Ravalomanana, la journée s’est conclue par un transfert vers la prison de haute sécurité d’Imerintsiatosika. À l’issue de sa comparution devant le juge d’instruction, un mandat de dépôt a été délivré contre lui. L’ancien secrétaire d’État chargé de la Gendarmerie y attendra son procès, dans un contexte où son nom reste intimement lié aux épisodes de contestation populaire de la fin de l’année 2025.

    Selon la procureure de la République, Narindra Rakotoniaina, Richard Ravalomanana est poursuivi pour complicité d’homicide et de blessures volontaires. Il lui est reproché d’avoir donné des ordres, formulé des consignes et encouragé les forces de l’ordre à recourir aux moyens de répression contre des manifestants descendus dans la rue en septembre et octobre 2025. Ces événements, marqués par des violences ayant coûté la vie à des civils et fait de nombreux blessés, continuent de peser lourdement sur la mémoire collective.

    L’ancien haut responsable avait été interpellé le 27 décembre 2025 à son domicile d’Ambatovinaky, après avoir refusé de répondre à une convocation de la gendarmerie datée du 24 décembre. Ce refus avait conduit la justice à émettre un mandat d’amener. Durant la phase d’enquête, il avait été placé sous résidence surveillée, une mesure transitoire avant sa comparution décisive de ce lundi.

    La députée Marie Michelle Sahondraharimalala a passé sa première nuit en prison à l’issue de son audition devant les juges de la Cour suprême. Cette mesure a été prise conformément à la procédure spécifique applicable aux magistrats de premier grade, statut qu’elle conserve malgré son engagement politique.

    La procureure de la République a précisé qu’une autorisation de poursuites avait été délivrée en amont par le ministère de la Justice, condition indispensable dans ce type de dossier. L’ancienne ministre de l’Éducation nationale est poursuivie pour des faits présumés de distribution d’argent à des fins de corruption, dans l’objectif de provoquer des troubles à l’ordre public. Ces accusations s’inscrivent dans un contexte de tensions politiques persistantes, où la circulation de fonds occultes est régulièrement dénoncée par les autorités.

    La défense, de son côté, avance une lecture différente du dossier. Les avocats de Marie Michelle Sahondraharimalala indiquent que leur cliente a été condamnée avant l’audience puisqu’ils affirment avoir vu l’ordre de placement sous mandat de dépôt avant que l’ancienne ministre ne soit entendue par les juges, soulignant alors le caractère politique de son accusation et détention.

    Dans cette même affaire, douze autres personnes, présentées comme des complices présumés, ont également comparu devant le tribunal. Elles ont été placées sous contrôle judiciaire, échappant pour l’heure à l’incarcération.

    L’incarcération simultanée de ces deux anciens ténors du régime provoque une onde de choc. Elle alimente débats et interrogations sur l’évolution des rapports de force internes, mais aussi sur la portée réelle de la lutte contre l’impunité. Pour certains observateurs, ces décisions traduisent une volonté de la justice de frapper fort, y compris au sein des cercles autrefois intouchables. Pour d’autres, elles soulèvent des doutes sur l’arrière-plan politique de procédures aussi sensibles.

  • Sénat : la HCC confirme la fin du mandat et l’impossibilité de toute prorogation

    Sénat : la HCC confirme la fin du mandat et l’impossibilité de toute prorogation

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    La Haute Cour constitutionnelle (HCC) a officiellement acté la fin du mandat du Sénat mettant un terme clair et définitif à la législature en cours à compter du 18 janvier 2026 à minuit. À travers deux avis rendus à la suite de saisines distinctes, la juridiction constitutionnelle a précisé les conséquences juridiques et institutionnelles de cette échéance, dans un contexte marqué par l’absence de renouvellement de la Chambre haute.

    Au cœur de ces décisions figure un principe fondamental rappelé avec insistance par la HCC : le caractère intangible et non prorogeable du mandat parlementaire. Les sénateurs, qu’ils soient élus ou nommés, exercent un mandat unique de cinq ans selon la Constitution. Débuté le 18 janvier 2021, à la date de nomination du tiers présidentiel, ce mandat arrive à son terme exactement cinq ans plus tard, sans possibilité de prolongation, quelles que soient les circonstances politiques ou administratives en cours.

    La Haute Cour souligne que la non-prorogation des mandats constitue un pilier de la démocratie représentative. En dehors de situations exceptionnelles strictement encadrées, telles que la guerre, l’invasion ou l’insurrection, aucun fondement juridique ne permet de maintenir des parlementaires au-delà de la durée constitutionnelle de leur mandat. La HCC constate d’ailleurs qu’aucune de ces circonstances n’est avérée à Madagascar, rendant juridiquement impossible toute extension du mandat des sénateurs, malgré le report sine die des élections sénatoriales initialement prévues en décembre 2025.

    La conséquence immédiate de cette fin de mandat est la cessation automatique des fonctions législatives et institutionnelles du Sénat. La Chambre haute, en tant qu’organe parlementaire, cesse d’exister dans son fonctionnement législatif à compter du 18 janvier 2026. Le mandat du bureau permanent, indissociable de celui des sénateurs, prend également fin de plein droit à la même date.

    Toutefois, afin d’éviter une paralysie administrative, la Haute Cour introduit une nuance importante. Si la législature du Sénat est close, les responsabilités administratives et financières demeurent, à titre transitoire, entre les mains du président du Sénat par intérim et du questeur. En vertu du principe de continuité du service public, ces derniers sont autorisés à expédier les affaires courantes, dans une stricte limite fonctionnelle, jusqu’à la mise en place de la nouvelle législature.

    Parallèlement, la HCC précise que la fin du mandat du Sénat n’entraîne pas un vide du pouvoir législatif. Durant cette période transitoire, l’Assemblée nationale assume seule, à titre provisoire, l’ensemble des prérogatives législatives prévues par la Constitution.

  • Concertation nationale : le président de la Refondation défend le FFKM

    Concertation nationale : le président de la Refondation défend le FFKM

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    Le colonel Randrianarina est venu à la rescousse du Conseil œcuménique des Églises chrétiennes de Madagascar (FFKM), cible des critiques et accusé par certains de parti pris dans le processus de concertation nationale engagé avec l’État.

    « Que le FFKM soit reconnu par tous comme une autorité morale capable de rassembler toutes les forces en présence, digne de confiance et demeurant impartiale envers toutes les parties jusqu’à aujourd’hui. , a déclaré le Président de la Refondation, Michaël Randrianirina hier à la cathédrale d’Andohalo lors de la célébration interconfessionnelle marquant l’ouverture de la semaine du 45è anniversaire du FFKM. Dans son discours, le Chef de la Transition a rappelé le rôle historique, fédérateur et impartial de cette institution chrétienne, soulignant qu’elle demeure, aujourd’hui encore, un acteur crédible et incontournable du dialogue national.

    Le président de la Refondation a réitéré son appel au FFKM à poursuivre pleinement sa mission au sein du Comité de coordination du Dialogue national, afin de contribuer à l’élaboration de conclusions consensuelles, capables de renforcer la cohésion nationale et d’accompagner le processus de refondation institutionnelle.

    Cette prise de position présidentielle intervient quelques semaines après les vives réactions et des critiques, notamment sur les réseaux sociaux, à l’encontre du FFKM, à la suite du lancement de la concertation nationale tenu au Centre de Conférence International (CCI) d’Ivato en décembre dernier. Face à ces contestations, le Président de la Refondation a clairement affiché son soutien aux démarches entreprises par le Conseil œcuménique.

    « Le FFKM a toujours joué un rôle important dans la résolution des crises traversées par le pays », a affirmé le Colonel Michaël Randrianirina, mettant en avant la capacité du Conseil à dialoguer avec l’ensemble des forces vives de la Nation, sans exclusion ni alignement partisan. Pour le président, cette neutralité constitue précisément la force et la légitimité du FFKM dans l’accompagnement du processus de concertation nationale.

    Réagissant aux accusations selon lesquelles la religion constituerait un frein au développement du pays, le colonel Michaël Randrianirina a affirmé que la foi chrétienne repose avant tout sur l’amour. Selon lui, les difficultés auxquelles fait face la société malagasy — conflits politiques, corruption et dénigrement — ne trouvent pas leur origine dans la religion, mais dans l’érosion des valeurs de solidarité et de respect mutuel.

    Le Président de la Refondation a par ailleurs défendu le rôle des responsables religieux en tant que repères moraux pour les détenteurs du pouvoir. Il a souligné que l’exercice de l’autorité ne saurait être dissocié de la sagesse et de l’intégrité, rappelant que le pouvoir, lorsqu’il est vidé de ses valeurs, devient source de dérives.

  • Herintsalama Rajaonarivelo ferme la porte à une transition prolongée

    Herintsalama Rajaonarivelo ferme la porte à une transition prolongée

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    Ce dimanche, devant des milliers de fidèles de l’Église FJKM réunis au Coliseum d’Antsonjombe, le Premier ministre, Herintsalama Rajaonarivelo, a livré un message qui sonne comme une réponse indirecte, mais ferme, aux récentes revendications d’une centaine de partis politiques, réunis la semaine dernière sous la houlette du Comité de Refondation de Madagascar, appelant à une refonte profonde du cadre institution et surtout là la prolongation de la transition jusqu’à 36 mois.

    Le chef du gouvernement a rappelé un point fondamental : le régime de la Refondation agit dans un cadre temporel strict, fixé par la Haute Cour constitutionnelle. Selon Herintsalama Rajaonarivelo, la HCC a accordé un mandat de 24 mois pour conduire les réformes engagées, et ce délai constitue la seule référence légale. Toute tentative de prolongation, a-t-il laissé entendre, relèverait d’une remise en cause des fondements constitutionnels.

    Vendredi dernier, un accord politique signé par 103 partis politiques, réunis sous l’égide du Comité de Refondation de Madagascar, coordonnés par Guy Maxime Ralaiseheno, stipule la dissolution des institutions de la IV République, la mise en place d’une Haute Autorité de la Refondation et l’adoption d’une charte de transition assortie d’une feuille de route sur trois ans. Des propositions qui, loin de faire l’unanimité, suscitent de vives inquiétudes au sein de la classe politique.

    Plusieurs responsables institutionnels ont déjà exprimé leurs réserves. Le président de l’Assemblée nationale, Siteny Randrianasoloniako, a publiquement mis en garde contre les risques de dérives que pourraient engendrer de telles initiatives, notamment en matière de stabilité institutionnelle. De son côté, Fidèle Razara Pierre, député élu sous la bannière du Tiako i Madagasikara (TIM) et vice-président de l’Assemblée nationale pour la province de Toamasina, a également dénoncé toute tentative de passer outre les dispositions de la Constitution, rappelant que celle-ci demeure la pierre angulaire de l’État de droit.

    À Antsonjombe, le Premier ministre a renforcé cette ligne de prudence institutionnelle en insistant sur la responsabilité qui incombe à ceux qui exercent le pouvoir. Il a affirmé que son équipe gouverne avec la conscience claire des limites de son mandat et avec la volonté de transmettre le relais dans le respect des règles établies. La présence de représentants de la Haute Cour constitutionnelle (HCC) lors de la cérémonie a donné un poids supplémentaire à ce rappel à l’ordre juridique.

    Au-delà des débats politiques, Herintsalama Rajaonarivelo a recentré son discours sur la dimension morale de la Refondation. Selon lui, aucun changement durable ne peut aboutir sans une transformation des comportements individuels et collectifs. Il a appelé les citoyens à dépasser les logiques de confrontation et à s’engager activement pour le redressement du pays.

    À travers cette intervention, le chef du gouvernement trace une ligne claire : la Refondation de la République se fera dans le respect de la Constitution, des institutions en place et du calendrier fixé par la HCC. Un message qui s’adresse autant aux acteurs politiques qu’à l’opinion publique, à l’heure où les appels à une transition prolongée se multiplient.