Auteur/autrice : Mandimbisoa R.

  • JIRAMA : les militaires prennent les commandes

    JIRAMA : les militaires prennent les commandes

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    Le règne de l’Israélien Ron Weiss à la tête de la JIRAMA aura duré vingt mois. À l’issue d’une réunion du Conseil d’administration de la société nationale d’eau et d’électricité, il a été remplacé à titre intérimaire par le général Hajatiana Rasolomanana. Militaire de carrière, diplômé en ingénierie des mines, ce dernier a déjà occupé plusieurs postes à responsabilités au sein du ministère de l’Eau et du ministère des Hydrocarbures, les deux départements de tutelle de la société.

    « Il est temps de mettre en valeur le savoir-faire malgache », a déclaré Ny Ando Ralitera, ministre de l’Énergie et des Hydrocarbures, lors de la cérémonie de passation de service entre le directeur général sortant et le directeur général par intérim. Le remplacement de Ron Weiss, nommé sous le régime d’Andry Rajoelina, était revendiqué depuis l’accession au pouvoir des militaires à la suite du mouvement populaire du 25 septembre. Les syndicalistes de la JIRAMA avaient même observé une grève générale, donnant lieu à un bras de fer avec les autorités actuelles.

    Toutefois, le ministre de l’Énergie et des Hydrocarbures a souligné qu’il s’agissait avant tout d’un départ décidé d’un commun accord entre les deux parties. « Il nous a fait part de ses autres projets, et nous avons également estimé qu’il était temps d’opérer un changement qui s’inscrit pleinement dans le processus de refondation de la République », a expliqué Ny Ando Ralitera. Néanmoins, Ron Weiss a déclaré être toujours disposé à apporter sa contribution, si nécessaire, afin de soutenir le nouveau directeur général par intérim dans l’exercice de ses fonctions.

    La mission confiée au nouveau directeur général par intérim est claire : redresser la JIRAMA et rétablir durablement l’approvisionnement en électricité et en eau. Il a résumé les valeurs qui guideront son mode de gouvernance par l’acronyme « HOPE », développé en Humilité, Opportunité, Proactivité et Promptitude, et Émulation. Ainsi, le général Hajatiana Rasolomanana entend privilégier l’écoute et le respect, tout en transformant les crises et les difficultés en leviers de redressement. Il a également souligné que le pays attend des actions claires et efficaces, nécessitant des prises de décision rapides et pertinentes. Pour y parvenir, il appelle à une dynamique de progrès constant et au dépassement des limites.

    Par ailleurs, un autre officier général a été placé à la tête des instances dirigeantes de cette société d’État. Il s’agit du général Itibar Ottman, secrétaire général de la Présidence, désigné président du Conseil d’administration de la JIRAMA. Conformément aux textes en vigueur régissant la compagnie nationale d’eau et d’électricité, il exercera cette lourde mission pour un mandat de quatre ans.

  • Une alliance renforcée entre Madagascar et la Russie en matière militaire

    Une alliance renforcée entre Madagascar et la Russie en matière militaire

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    Dans un contexte marqué par une profonde recomposition de l’ordre géopolitique mondial, Madagascar affiche de plus en plus clairement son rapprochement avec la Russie, en particulier dans le domaine militaire. Longtemps, la France a occupé une place prépondérante dans la coopération sécuritaire et militaire du pays. Toutefois, les évolutions politiques internes récentes, conjuguées aux tensions croissantes entre les puissances occidentales et la Russie, semblent avoir accéléré un réajustement des partenariats stratégiques de la Grande Île.

    Ce rapprochement s’illustre notamment par l’intensification de la coopération militaire entre Antananarivo et Moscou. Ces dernières semaines, de nouveaux équipements ont été remis aux Forces armées malgaches par la Fédération de Russie, suivis par l’arrivée d’une délégation russe chargée d’assurer des formations à l’utilisation de ces matériels. Les sessions, organisées par catégories, concernent différentes unités basées principalement dans la capitale. Cette coopération s’inscrit officiellement dans un cadre de renforcement des capacités opérationnelles de l’armée malgache.

    Dans un communiqué relatif à ces formations, les autorités ont rappelé que Madagascar utilise de longue date des équipements militaires d’origine russe, en particulier les fusils d’assaut Kalachnikov, et ce depuis la Deuxième République. Plusieurs observateurs notent en effet que les liens avec Moscou se sont renforcés depuis l’arrivée au pouvoir des autorités actuelles, avec des échanges politiques et diplomatiques plus fréquents entre responsables malgaches et russes.

    Ce mouvement s’inscrit par ailleurs dans une tendance plus large observée sur le continent africain. Ces dernières années, plusieurs pays ont cherché à diversifier leurs partenariats internationaux, souvent en réaction à ce qu’ils perçoivent comme une dépendance excessive à l’égard des puissances occidentales. Les pays comme le Burkina Faso, le Mali ou encore la République centrafricaine ont ainsi renforcé leurs liens avec Moscou, faisant de la Russie un partenaire de plus en plus influent en Afrique.

    Au-delà du domaine militaire, la Russie met en avant des offres de collaboration dans des secteurs jugés stratégiques pour le développement africain, tels que l’agriculture, l’énergie ou les ressources minières, que ce soit à travers des accords bilatéraux ou dans le cadre élargi des BRICS, regroupant plusieurs grandes économies émergentes.

    Le rapprochement entre Madagascar et la Russie pose ainsi plusieurs enjeux majeurs. Il traduit une volonté de diversification des alliances et de renforcement de la souveraineté stratégique, mais soulève également des interrogations quant à l’équilibre diplomatique du pays et à ses relations futures avec ses partenaires traditionnels. Dans un monde de plus en plus polarisé, la capacité de Madagascar à tirer parti de ces nouvelles coopérations tout en évitant une dépendance excessive à un seul bloc constituera un défi central pour les années à venir.

  • Fonction publique : recensement physique des agents de l’Etat

    Fonction publique : recensement physique des agents de l’Etat

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    Une opération de recensement des agents de l’Etat débutera à partir de ce mercredi 14 janvier 2026. Cette initiative concerne l’ensemble des fonctionnaires à l’exception de ceux relevant de l’Éducation nationale et de la Santé publique.

    Pilotée par la Direction générale de la Fonction publique, l’opération vise à établir un décompte des agents effectivement en poste. À travers ce processus, les autorités entendent fiabiliser les fichiers administratifs, assainir le système de paie et renforcer le contrôle de la masse salariale, souvent fragilisée par des données obsolètes ou incomplètes.

    Concrètement, le recensement reposera sur une vérification individuelle et physique des agents, directement dans leurs bureaux. Toute absence devra être dûment justifiée par des documents officiels — congé administratif, arrêt maladie ou situation de détachement. Cette approche vise à identifier les doublons, révéler les postes réellement vacants et lutter contre le phénomène persistant des « fonctionnaires fantômes », régulièrement pointé par les corps de contrôle comme un facteur de gaspillage des ressources publiques.

    Sur le plan organisationnel, les Directions des Ressources Humaines (DRH) des ministères et institutions ont été chargées d’actualiser en amont leurs bases de données. Elles seront appuyées, sur le terrain, par une équipe centrale ainsi que par les Directions régionales du Travail, de l’Emploi et de la Fonction publique, afin d’assurer une couverture complète du territoire.

    Ce n’est pas la première tentative de l’État pour maîtriser ses effectifs. En 2024, lors du dernier recensement, on comptait 180.000 fonctionnaires répartis sur l’ensemble de l’île, enregistré dans l’application « Augure ». Le système informatique Augure (Application Unique de Gestion Uniforme des Ressources humaines de l’État) a été conçu pour centraliser les données administratives des fonctionnaires. Auparavant, ce logiciel avait permis d’identifier des agents fictifs et de révéler de nombreuses irrégularités dans les fichiers de la Fonction publique, contribuant ainsi à un premier assainissement du système.

    Cependant, malgré ces avancées, Augure a progressivement montré ses limites. Des difficultés d’exploitation, des données incomplètes et l’absence de contrôles physiques systématiques ont entravé son efficacité à long terme. Selon des sources proches des directions des ressources humaines d’un département ministériel, l’incapacité actuelle à exploiter pleinement Augure — notamment sa version dite Augure 2 — explique en partie le recours à un recensement physique généralisé, jugé plus fiable dans le contexte actuel.

    C’est également à l’issue de cette opération que l’État envisage de franchir une étape sensible : l’intégration annoncée de plus de 60 000 fonctionnaires. Des sources concordantes indiquent que cette intégration, prévue avant la fin de l’année, dépendra exclusivement des résultats du recensement, afin d’éviter toute surcharge budgétaire fondée sur des effectifs non maîtrisés.

    À noter que les agents des ministères de l’Éducation nationale et de la Santé publique ne sont pas concernés par cette campagne. Ils ont récemment fait l’objet d’un recensement biométrique, qui a déjà permis de sécuriser leur identité et de mettre à jour leurs données personnelles et statutaires.