Auteur/autrice : Mandimbisoa R.

  • Affaire des Boeing 777 : l’ancien ministre Valery Ramonjavelo placé en détention provisoire

    Affaire des Boeing 777 : l’ancien ministre Valery Ramonjavelo placé en détention provisoire

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    Les événements s’enchaînent à un rythme particulièrement rapide dans l’affaire des Boeing 777 à Madagascar. À peine deux jours après la décision de la Haute Cour constitutionnelle (HCC) rejetant l’exception d’inconstitutionnalité soulevée dans ce dossier, l’ancien ministre des Transports et de la Météorologie Valery Ramonjavelo a été placé en détention provisoire, le 5 mars 2026, à la prison d’Avaradrano.

    L’ancien membre du gouvernement a été présenté devant le juge d’instruction du Pôle anti-corruption (PAC) d’Antananarivo, qui a décidé de son incarcération dans le cadre de l’enquête portant sur les immatriculations controversées de plusieurs Boeing 777. Selon le procureur général par intérim du PAC, il est poursuivi pour abus de pouvoir, corruption et blanchiment d’argent, des accusations particulièrement lourdes qui pourraient marquer un tournant dans ce scandale à forte portée politique et internationale.

    L’affaire remonte à 2025 lorsque cinq avions Boeing 777-200 immatriculés à Madagascar ont été retrouvés en Iran, sous les couleurs de la compagnie Mahan Air, pourtant soumise à des sanctions internationales. Les enquêteurs soupçonnent que des certificats d’immatriculation malgaches auraient été utilisés pour contourner ces sanctions, déclenchant un scandale qui a rapidement dépassé les frontières du pays.

    La crise avait déjà entraîné la chute politique de Valery Ramonjavelo, limogé de ses fonctions ministérielles à l’époque. Mais les procédures judiciaires semblent désormais entrer dans une nouvelle phase, avec une instruction qui se poursuit et plusieurs protagonistes déjà inquiétés par la justice.

    Cette affaire a profondément ébranlé le régime d’Andry Rajoelina, plaçant Madagascar au cœur d’un scandale international mêlant soupçons de falsification de documents et contournement d’embargos. L’affaire a mis sous pression les autorités malgaches et affecté la crédibilité du pays sur la scène internationale.

    Les ramifications du dossier dépassent également le cercle gouvernemental. Le nom de Mamy Ravatomanga, puissant homme d’affaires et proche du chef de l’État, apparaît dans plusieurs éléments de l’enquête. Considéré comme l’une des figures les plus influentes de l’économie malgache, il est soupçonné d’avoir joué un rôle dans ce système d’immatriculation controversé.

    Ravatomanga, patron du groupe Sodiat et longtemps décrit comme un allié stratégique du pouvoir, a été arrêté à l’île Maurice en octobre 2025 dans le cadre d’une affaire distincte de malversations financières et de blanchiment d’argent.

    Avec l’incarcération de l’ancien ministre Ramonjavelo, l’affaire des Boeing 777 continue donc de s’étendre et pourrait encore révéler de nouvelles responsabilités au sommet de l’État. L’enquête menée par le Pôle anti-corruption est toujours en cours et les prochains développements judiciaires sont désormais très attendus.

  • Port d’Antsiranana : 60 tonnes de thon contaminé au gasoil renvoyées en mer

    Port d’Antsiranana : 60 tonnes de thon contaminé au gasoil renvoyées en mer

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    Une importante cargaison de thon avarié a été découverte au port d’Antsiranana, dans la région DIANA, suscitant une réaction rapide des autorités locales. Au total, près de 60 tonnes de thon contaminé par du gasoil ont été jugées impropres à la consommation humaine à l’issue d’une inspection menée par les services de contrôle.

    L’alerte a été donnée lors d’une inspection de routine effectuée par la Direction régionale du ministère du Commerce et de la Consommation (DRCC), en présence des autorités sanitaires. Les agents ont rapidement détecté une forte odeur de carburant provenant des cales de stockage du navire thonier Albacan. Des traces d’hydrocarbures ont également été observées sur les parois des compartiments où était conservée la marchandise.

    Selon les premières analyses techniques, la contamination serait liée à l’eau de mer utilisée lors du processus de décongélation du poisson. Cette eau aurait été polluée par du carburant, provoquant un mélange toxique qui rend la cargaison totalement impropre à toute consommation.

    Face à la situation, une réunion d’urgence a été organisée entre plusieurs autorités locales, notamment la Préfecture, la Douane, la DRCC et les forces de l’ordre. À l’issue de cette concertation, les responsables ont décidé de refuser la destruction de la cargaison sur le territoire de la région DIANA.

    Plusieurs arguments ont motivé cette décision. D’abord, l’élimination d’un volume aussi important représenterait un défi logistique majeur, nécessitant plusieurs jours d’opérations intensives. Ensuite, la région ne dispose pas actuellement des infrastructures techniques et financières adaptées pour traiter un tel volume de déchets dans des conditions totalement sécurisées. Enfin, les autorités ont estimé qu’une destruction sur place pourrait présenter des risques pour l’environnement et la santé des populations locales.

    En conséquence, le navire « Albacan » a reçu l’ordre de quitter le port avec sa cargaison contaminée toujours à bord. Les autorités ont toutefois mis en place des mesures de surveillance afin d’éviter que ces déchets ne soient rejetés illégalement en mer.

  • Tsimiroro : Madagascar Oil relance la production avec 300 barils par jour

    Tsimiroro : Madagascar Oil relance la production avec 300 barils par jour

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    Après plusieurs années d’incertitudes, le site pétrolier de Tsimiroro retrouve de l’activité. Madagascar Oil annonce la reprise de la production de fioul lourd sur ce gisement situé dans l’ouest de Madagascar. L’annonce a été faite à Antananarivo par le nouvel administrateur général de la société, Yanto Sianpar, lors d’une rencontre avec la presse. La compagnie tente ainsi de tourner la page d’une période agitée, marquée par des tensions internes, des procédures judiciaires et un environnement pétrolier mondial particulièrement instable.

    Les premières opérations démarrent à un rythme volontairement mesuré. La production initiale s’établit autour de 300 barils par jour, correspondant au lancement de la première phase du programme. Madagascar Oil prévoit ensuite une montée en puissance progressive. L’objectif affiché est d’atteindre 3 000 barils quotidiens dans un délai d’environ deux ans, en consolidant progressivement les capacités techniques du site.

    Pour y parvenir, la compagnie mise d’abord sur les infrastructures déjà présentes à Tsimiroro. Vingt-cinq puits existants doivent être remis en service afin de relancer l’extraction. Cette étape sera suivie par de nouveaux travaux de forage destinés à élargir la production. Les installations techniques feront également l’objet d’améliorations, notamment les équipements d’injection de vapeur nécessaires pour extraire ce pétrole lourd, ainsi que les systèmes de traitement et de production.

    Les difficultés rencontrées ces dernières années ont largement ralenti le développement du projet. Madagascar Oil évoque notamment la volatilité persistante des marchés pétroliers internationaux. La pandémie de COVID-19 a également perturbé l’ensemble du secteur énergétique mondial, entraînant une baisse des investissements et de nombreuses interruptions d’activités. Dans le même temps, l’entreprise a dû gérer des litiges complexes et mener une restructuration financière finalement approuvée en 2024 par la Cour suprême des Bahamas.

    Malgré ce contexte mouvementé, la société a continué à approvisionner certains industriels du pays. Parmi les entreprises clientes figurent Star, la Savonnerie Tropicale et Pêche et Froid de l’Océan Indien (PFOI), qui utilisent ce combustible dans leurs activités.

    Madagascar Oil regarde également vers un marché bien plus vaste : celui de la Jirama. La société nationale d’eau et d’électricité consomme d’importantes quantités de fioul lourd pour alimenter ses centrales thermiques. Ses besoins sont estimés à près de 4 000 barils par jour. Si la production de Tsimiroro progresse comme prévu dans les prochaines années, la compagnie espère pouvoir répondre à une partie de cette demande.

    Produire du fioul lourd sur le territoire pourrait réduire la dépendance du pays aux importations de carburants et améliorer l’approvisionnement énergétique du marché intérieur. Le gisement de Tsimiroro recèle d’ailleurs un potentiel important. Les réserves y sont estimées à plus de 1,4 milliard de barils de pétrole lourd, un volume considérable pour un projet qui cherche désormais à retrouver un rythme durable.

  • Madagascar face à plus de 2,4 milliards de dollars de pertes après les cyclones Fytia et Gezani

    Madagascar face à plus de 2,4 milliards de dollars de pertes après les cyclones Fytia et Gezani

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    Selon le bilan officiel évoqué par le gouvernement, les pertes économiques provoquées par Fytia atteignent environ 475 millions de dollars, tandis que celles causées par Gezani dépassent 2 milliards de dollars. Ces deux cyclones successifs ont frappé Madagascar à quelques jours d’intervalle, laissant derrière eux un lourd bilan, notamment sur la côte est du pays.

    La ville portuaire de Toamasina, deuxième agglomération du pays et principal port commercial de la Grande île, figure parmi les zones les plus touchées. Après le passage du cyclone Gezani, les autorités ont indiqué que 75 à 90 % de la ville avait été détruite ou gravement endommagée. Des quartiers entiers ont été ravagés par des vents violents et des pluies torrentielles, endommageant des milliers d’habitations, des infrastructures publiques et des installations économiques.

    Le cyclone tropical Fytia a touché terre le 31 janvier, suivi du cyclone Gezani le 10 février près de Toamasina. Les deux phénomènes ont provoqué des pluies torrentielles, des vents destructeurs et d’importantes inondations dans plusieurs régions du pays.

    Le bilan humain reste également préoccupant. Le cyclone Gezani a fait au moins 59 morts, plus de 800 blessés et plusieurs personnes portées disparues. Quelques jours plus tôt, le cyclone Fytia avait déjà causé une douzaine de décès et contraint des dizaines de milliers de personnes à quitter leur domicile dans différentes régions du pays.

    Au total, plus de 681 000 personnes ont été affectées, tandis que les habitations, les infrastructures publiques et les terres agricoles ont subi des dégâts considérables, compliquant les efforts de reconstruction et la reprise des activités économiques dans de nombreuses zones sinistrées.

    Face à l’ampleur des destructions, les premières initiatives de reconstruction commencent à se mettre en place. Le 5 mars 2026, au Palais d’État de Mahazoarivo, l’État malgache a reçu une indemnisation de 5,6 millions de dollars de la part de l’African Risk Capacity (ARC), un mécanisme d’assurance contre les catastrophes naturelles mis en place par l’Union africaine.

    Cette somme, remise sous forme de six chèques, doit contribuer à la reconstruction de centres de santé, d’écoles et de bâtiments administratifs, ainsi qu’à la construction d’abris communautaires résistants dans les zones les plus exposées. La cérémonie s’est tenue sous la coordination de la Cellule de prévention et de gestion des urgences (CPGU) rattachée à la Primature, avec l’appui de la Banque africaine de développement et de partenaires internationaux.

    Le Premier ministre Rajaonarivelo Herintsalama Andriamasy a reçu officiellement cette indemnisation en présence du ministre de l’Économie et des Finances Dr Ramiarison Herinjatovo Aimé, du directeur général d’ARC Ltd David Maslow et du directeur régional de l’organisation pour l’Afrique de l’Est Koffi Konin.

    Faut-il rappeler que la mobilisation internationale s’est organisée pour répondre à l’urgence humanitaire. Les Nations unies et leurs partenaires ont déjà lancé un appel éclair de 67,8 millions de dollars afin de fournir une assistance vitale à 486 012 personnes touchées par les deux cyclones.

  • Carburants : baisse surprise des prix malgré les tensions au Moyen-Orient

    Carburants : baisse surprise des prix malgré les tensions au Moyen-Orient

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    Contre toute attente, les prix des carburants enregistrent une baisse notable à Madagascar à compter du jeudi 5 mars 2026. L’annonce a été faite par l’Office malgache des hydrocarbures (OMH) dans un communiqué publié dans le cadre de l’application du mécanisme d’ajustement automatique des prix des carburants. Selon les nouvelles grilles affichées à la pompe, les principaux produits pétroliers connaissent une diminution uniforme de 200 ariary par litre. Le super carburant (SP95) passe ainsi de 5 100 ariary à 4 900 ariary, le gasoil de 4 860 ariary à 4 660 ariary, tandis que le pétrole lampant recule de 3 710 ariary à 3 510 ariary. Une baisse qui tranche avec les anticipations de nombreux observateurs du secteur énergétique.

    Car le contexte international semble plutôt annoncer l’inverse. Depuis plusieurs semaines, l’escalade des violences au Proche et au Moyen-Orient alimente les inquiétudes sur les marchés pétroliers. Les tensions impliquant notamment Israël, l’Iran et leurs alliés ravivent les craintes de perturbations dans l’approvisionnement mondial en brut. Les analystes surveillent particulièrement les routes maritimes stratégiques de la région, notamment le détroit d’Ormuz, par lequel transite une part considérable du pétrole exporté dans le monde. Dans un tel climat, plusieurs experts évoquent déjà la possibilité d’une flambée des cours si la situation venait à se détériorer davantage.

    Dans ce contexte tendu, la décision annoncée dans la Grande île apparaît presque paradoxale. Alors que la plupart des pays importateurs redoutent une hausse des prix à la pompe dans les mois à venir, Madagascar enregistre au contraire une baisse immédiate. Une évolution qui a surpris les consommateurs comme les observateurs économiques, tant les marchés pétroliers restent sensibles aux moindres secousses géopolitiques.

    Le ministère de l’Énergie et des Hydrocarbures ainsi que l’OMH avancent cependant plusieurs explications pour éclairer cette situation. Madagascar s’approvisionne principalement auprès du Sultanat d’Oman, et les cargaisons destinées au pays n’empruntent pas le détroit actuellement sous tension. Cette particularité logistique permet pour l’instant d’éviter les perturbations liées aux tensions géopolitiques qui affectent certaines routes maritimes du Golfe.

    Les autorités rappellent également que l’approvisionnement pétrolier du pays repose sur une planification anticipée. Les commandes sont programmées plusieurs semaines à l’avance conformément aux contrats en vigueur.

    Les cargaisons prévues pour ce mois de mars ont ainsi été sécurisées depuis près de deux mois, bien avant la montée des tensions observée récemment dans la région. Quant aux livraisons destinées au mois de mai, elles doivent être confirmées dans les délais habituels, soit entre 45 et 60 jours avant leur expédition.

    Au-delà de ces dispositions contractuelles, les responsables indiquent aussi que des réserves stratégiques ont été constituées afin de prévenir toute rupture soudaine d’approvisionnement. Ce dispositif vise notamment à amortir d’éventuelles hausses sur les marchés internationaux et à garantir la continuité de l’approvisionnement local. Un enjeu crucial pour Madagascar, où certaines infrastructures énergétiques, notamment les centrales thermiques de la Jirama, fonctionnent encore largement au fuel lourd et au gasoil.

    Pour l’heure, ces différents mécanismes permettent donc au pays de maintenir une relative stabilité, voire une baisse des prix à la pompe. Mais la prudence reste de mise. Si les tensions au Moyen-Orient venaient à s’intensifier et à affecter durablement les marchés pétroliers, l’impact pourrait se faire sentir lors des prochains ajustements. Dans ce contexte international incertain, la baisse observée aujourd’hui pourrait bien n’être qu’un répit temporaire, un calme avant la tempête.

  • Trafic aérien en hausse, mais Madagascar Airlines reste critiquée

    Trafic aérien en hausse, mais Madagascar Airlines reste critiquée

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    Les plateformes aéroportuaires d’Antananarivo et de Nosy Be ont enregistré une nette progression du nombre de voyageurs en 2025, signe d’un regain de dynamisme du transport aérien à Madagascar et d’un retour confirmé de l’activité touristique. Les statistiques publiées par Ravinala Airports indiquent que l’aéroport international d’Ivato a franchi pour la première fois depuis plusieurs années la barre symbolique du million de passagers, avec 1 066 715 voyageurs accueillis sur l’ensemble de l’année, soit une augmentation d’environ 9 % par rapport à 2024. De son côté, l’aéroport de Fascene à Nosy Be poursuit également sa montée en puissance avec 265 924 passagers enregistrés, ce qui représente une progression de 11 % en un an.

    Cette hausse confirme l’importance croissante de ces deux infrastructures dans le réseau aérien du pays. Ivato reste la principale porte d’entrée internationale de Madagascar, tandis que Nosy Be s’impose de plus en plus comme un hub touristique stratégique dans l’océan Indien. La progression du trafic traduit à la fois le retour progressif des visiteurs étrangers et l’augmentation des déplacements régionaux.

    L’année 2025 a également été marquée par plusieurs transformations visibles au sein de l’aéroport d’Antananarivo. L’ancien terminal international a fait l’objet d’une réorganisation partielle afin d’accueillir certaines opérations domestiques, tandis que des travaux ont été menés sur les infrastructures côté piste. L’objectif affiché est d’améliorer la fluidité du trafic et d’offrir des conditions d’accueil plus adaptées aux compagnies aériennes et aux passagers. À Nosy Be, des améliorations ont également été apportées afin d’accompagner la croissance du trafic touristique vers l’île.

    Ravinala Airports annonce par ailleurs que 2026 devrait marquer une nouvelle étape dans la modernisation des infrastructures aéroportuaires.

    Le terminal dédié aux vols nationaux à Antananarivo fera l’objet d’un agrandissement majeur : sa superficie passera de 3 123 m² à 8 354 m², avec une capacité horaire portée de 120 à 216 passagers. Une nouvelle gare de fret de 11 000 m² figure également parmi les projets structurants destinés à renforcer la logistique et les échanges commerciaux par voie aérienne. À Nosy Be, un programme d’extension et de réhabilitation de l’aéroport est également prévu, incluant des aménagements côté piste.

    Dans ce contexte jugé encourageant pour le secteur aérien malgache, Ravinala Airports a récemment réuni la communauté aéroportuaire lors de sa traditionnelle cérémonie de présentation des vœux à Antananarivo. Cette rencontre a aussi servi de cadre à la remise des distinctions du programme Airport Service Quality (ASQ) de l’ACI Afrique, auquel participent plusieurs centaines d’aéroports sur le continent. Le prix Best Staff 2025, récompensant la qualité d’accueil et la courtoisie du personnel, a été attribué à Madagascar Ground Handling, tandis que le prix Best Waiting Time 2025, consacré au temps d’attente aux contrôles frontaliers, est revenu à la Police aux Frontières et aux Douanes.

    Malgré cette dynamique positive, un sujet continue toutefois d’alimenter les discussions parmi les voyageurs malgaches : les tarifs pratiqués par la compagnie nationale Madagascar Airlines. De nombreux usagers dénoncent des prix jugés trop élevés sur certaines lignes domestiques et régionales. Sur les réseaux sociaux comme dans les agences de voyage, les critiques sont récurrentes : pour une partie de la clientèle nationale, les billets proposés par la compagnie nationale restent difficilement accessibles.

    Face à cette situation, plusieurs passagers affirment privilégier des compagnies étrangères ou régionales, souvent perçues comme plus compétitives en matière de tarifs ou de services. Cette tendance contraste avec la croissance globale du trafic aérien dans le pays. Si les infrastructures se modernisent et si le nombre de voyageurs continue d’augmenter, la question de la compétitivité de la compagnie nationale demeure donc un enjeu majeur pour l’avenir du transport aérien malgache.

  • La Gen Z réclame la dissolution de la HCC, de l’Assemblée nationale et de la CENI

    La Gen Z réclame la dissolution de la HCC, de l’Assemblée nationale et de la CENI

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    Déçue, la Gen Z, fer de lance des mobilisations citoyennes ayant entraîné la chute d’Andry Rajoelina, revient à la charge. Lors d’une conférence de presse tenue hier au Novotel Alarobia, les jeunes militants dénoncent une confiscation de la révolte populaire par les élites politiques et économiques et réclament la dissolution des institutions de la république.

    L’esprit du mouvement populaire est en train d’être confisqué par une élite politique qui ne respecterait plus les aspirations exprimées dans la rue, affirme la Gen Z. Face à cette situation, le mouvement avertit que « la Gen Z ne va pas rester les bras croisés ». Les militants affirment qu’ils n’accepteront pas que la mobilisation citoyenne soit récupérée ou instrumentalisée. Ils rappellent également que ce mouvement « ne sert pas à blanchir ceux qui ont commis des crimes ».

    « Les dirigeants actuels se détournent de l’objectif principal du mouvement. La situation dévie du droit chemin, l’espoir commence à s’amenuiser, la corruption est manifeste », a déclaré le porte-parole de la Gen Z. Les jeunes militants rappellent que l’objectif du mouvement était claire : instaurer un changement radical du système, rompre avec les pratiques anciennes et construire un nouvel équilibre institutionnel plus transparent et plus juste.

    La Gen Z dénonce également la présence autour du pouvoir de certaines figures controversées : d’anciens prisonniers, de personnalités impliqués dans des affaires de détournement, des réseaux de trafiquants de toutes sortes ou des opérateurs économiques qui continuent d’exercer leur influence.

    Ceux qui sont aujourd’hui au pouvoir sont en train de répéter les mêmes erreurs que les anciens dirigeants, affirme la Gen Z. Les critiques sont sévères. « Les actuels dirigeants de la transition n’écoutent pas, ils sous-estiment la voix de ceux qui ont milité pour le changement et ignorent les attentes profondes de la population  », affirment ces jeunes.

    Dans leur déclaration faite devant la presse, les jeunes membres du mouvement ont également réclamé la dissolution de plusieurs institutions majeures : la Haute Cour Constitutionnelle (HCC), la Commission électorale nationale indépendante (CENI) et l’Assemblée nationale. Pour la Gen Z, ces instances représentent l’un des principaux blocages de la refondation politique. Dans leur lecture de la situation, ces structures restent marquées par l’héritage de l’ancien régime d’Andry Rajoelina.

    La dissolution de la HCC, de la CENI et de l’Assemblée nationale apparaît, aux yeux le Gen Z, comme une solution nécessaire pour sortir de l’impasse actuelle et restaurer la confiance de la population. Selon eux, un renouvellement profond des institutions serait indispensable pour relancer l’espoir né des événements de septembre.

    Reste toutefois à savoir si les dirigeants de la transition seront prêts à entendre ces revendications. D’autant plus que, depuis l’accession au pouvoir des militaires dirigés par le colonel Michaël Randrianirina, les jeunes militants disent avoir souvent eu du mal à se faire entendre. La lenteur et les tergiversations observées dans la mise en place de l’Assemblée des jeunes en seraient, selon eux, la preuve la plus évidente.

  • Suspicion de corruption : Pas de privilège de juridiction pour Richard Ravalomanana et Valéry Ramonjavelo

    Suspicion de corruption : Pas de privilège de juridiction pour Richard Ravalomanana et Valéry Ramonjavelo

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    Le général Richard Ravalomanana, ancien président du Sénat, et Valéry Ramonjavelo, ancien ministre des Transports et de la météorologie seront jugés devant le Pôle anti-corruption (PAC) et non devant la Haute Cour de justice (HCJ).

    Pas de privilège de juridiction ainsi pour ces deux personnalités proche de l’ancien pouvoir. Par une décision rendue le 3 mars 2026, la Haute Cour Constitutionnelle (HCC) a estimé que les deux anciens responsables étatiques devront répondre des accusations portées contre eux devant le Pôle Anti-Corruption (PAC). Selon la HCC, les faits de corruption qui leur sont reprochés sont détachables de leurs fonctions officielles et relèvent donc du droit commun.

    Cette décision marque un tournant. Les deux hommes ne bénéficieront pas d’un jugement devant la Haute Cour de Justice (HCJ), juridiction habituellement compétente pour les membres du gouvernement ou les présidents d’institutions pour les actes commis dans l’exercice de leurs fonctions.

    Le PAC a saisi la Haute Cour Constitutionnelle quant l’avocat de Valéry Ramonjavelo a soulevé l’exception d’inconstitutionnalité pour son cas. Sa défense soutient que l’ancien ministre devait être jugé devant la Haute Cour de Justice, conformément à l’article 133 de la Constitution qui prévoit un privilège de juridiction pour les membres du gouvernement.

    La HCC a toutefois rejeté cet argument. Dans sa décision, elle rappelle que ce privilège ne concerne que les actes directement liés à l’exercice des fonctions. Les infractions de corruption, en revanche, sont considérées comme des abus de pouvoir motivés par des intérêts personnels et non par l’intérêt général. Elles doivent donc être jugées par les juridictions de droit commun, en l’occurrence le Pôle Anti-Corruption, d’après la HCC.

    Un ancien ministre déjà emporté par le scandale des Boeing 777

    Le nom de Valéry Ramonjavelo est notamment associé à l’affaire des cinq Boeing 777 brièvement immatriculés à Madagascar avant d’être transférés vers l’Iran, malgré les sanctions internationales visant ce pays. Dans la foulée de cette affaire, l’ancien ministre des Transports a été limogé en juillet 2025, à l’issue d’un conseil des ministres spécial suite révélations sur l’immatriculation controversée des appareils et leur transfert vers une compagnie iranienne sous embargo.

    L’enquête judiciaire autour de ce dossier a également évoqué l’implication présumée de l’homme d’affaires Mamy Ravatomanga dont le nom apparaît dans les investigations liées au transfert des avions vers l’Iran. Ce dernier suspecté dans d’autres affaires de blanchiment d’argent et entente délictueuse, est incarcéré à l’île Maurice depuis novembre 2025.

    La même interprétation juridique a été appliquée au dossier concernant Richard Ravalomanana. L’ancien président du Sénat invoquait lui aussi le privilège de juridiction prévu par la Constitution. Mais la HCC a estimé que les chefs d’inculpation qui lui sont reprochés au niveau du PAC portent sur des infractions de corruption et assimilées dans un domaine relevant d’un autre pouvoir ; que celles-ci sont par nature étrangères à l’exercice des fonctions légales d’un président de Sénat.

  • Blanchiment d’argent : 65 condamnations, près de 138 milliards d’ariary gelés en 2025

    Blanchiment d’argent : 65 condamnations, près de 138 milliards d’ariary gelés en 2025

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    Le Service de renseignements financiers (Samifin) a présenté hier à Anosy son rapport annuel pour 2025. D’après le rapport, 65 décisions de condamnation ont été prononcées par les juridictions compétentes dans des affaires liées au blanchiment au cours de l’année 2025 et 138,06 milliards d’ariary gelés ou saisis dans le cadre des procédures engagées.

    Sur le plan opérationnel, 141 déclarations d’opérations suspectes (DOS) ainsi que 90 demandes de renseignements (DDR) traitées, ont donné lieu à 47 transmissions aux autorités judiciaires, ouvrant la voie à des poursuites qui ont, pour plusieurs dossiers, abouti à des condamnations. Les responsables évoquent une amélioration concrète de l’efficacité opérationnelle et un meilleur enchaînement entre analyse financière et action pénale.

    Les confiscations prononcées atteignent 83,09 millions d’ariary, représentant à elles seules la moitié des montants confisqués. Au-delà des chiffres, l’enjeu consiste à remonter les circuits financiers, identifier les bénéficiaires effectifs et fragiliser des réseaux souvent impliqués dans des infractions connexes, d’après le rapport. Les analyses du SAMIFIN ont ainsi contribué à des enquêtes pour corruption, trafic d’espèces sauvages et autres crimes graves, confirmant le rôle central du renseignement financier dans la chaîne pénale.

    Le Samifin se concentre sur l’identification des flux financiers suspects, tandis que l’Arai (Agence de Recouvrement des Avoirs Illicites) prend en charge la récupération des fonds détournés.

    Sur le plan international, Madagascar a finalisé son processus d’adhésion au Groupe Egmont, réseau mondial des cellules de renseignement financier. La validation officielle est attendue en juillet 2026. Cette intégration permettra d’échanger des informations sensibles via une plateforme sécurisée regroupant 182 pays, un atout majeur face à des flux financiers de plus en plus transnationaux.

  • Mpox : un premier décès enregistré depuis le début de l’épidémie

    Mpox : un premier décès enregistré depuis le début de l’épidémie

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    Les autorités sanitaires annonce le premier décès officiellement attribué à la maladie de Mpox depuis son apparition dans le pays. La victime est une fillette de trois ans, le décès est survenu à Antananarivo.

    Le décès a été confirmé dans le cadre du suivi épidémiologique arrêté au 1er mars 2026. Le corps de l’enfant, considéré comme potentiellement contagieux, a fait l’objet d’un protocole spécifique conforme aux directives validées par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). D’après les informations communiquées, la famille a transféré la dépouille à Toamasina, où l’inhumation a eu lieu le jour même.

    Ce premier décès suscite néanmoins des interrogations au sein de l’entourage de la victime. Des proches affirment que l’enfant aurait initialement été admise à l’hôpital pour un autre motif médical. Ces déclarations alimentent des questionnements, alors que les autorités maintiennent le lien entre le décès et l’infection au Mpox.

    Sur le plan épidémiologique, la situation continue d’évoluer. Onze nouveaux cas suspects ont été enregistrés au 1er mars. Quatorze infections confirmées ont également été recensées dans plusieurs districts : six à Mahajanga I, quatre à Antananarivo Renivohitra, deux à Sambava, un à Ambato Boeni et un à Antsirabe I.

    Depuis l’identification des premiers cas, 1 053 signalements ont été notifiés à l’échelle nationale. Parmi eux, 547 ont été confirmés par des analyses, 332 se sont révélés négatifs, 15 sont classés probables et 188 demeurent suspects. À ce jour, 321 patients ont été déclarés guéris.

    La confirmation de ce premier décès marque un tournant dans la gestion de l’épidémie. Elle renforce la vigilance des autorités sanitaires, qui insistent sur le respect strict des mesures de prévention, tant pour la prise en charge des malades que pour la gestion des cas mortels, afin d’éviter toute nouvelle chaîne de transmission.