Auteur/autrice : Mandimbisoa R.

  • Approvisionnement en carburant : les autorités tentent de calmer les inquiétudes

    Approvisionnement en carburant : les autorités tentent de calmer les inquiétudes

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    L’annonce du décès du guide suprême iranien Ali Khamenei, suivie de nouvelles tensions militaires au Moyen-Orient, a ravivé les craintes d’une crise énergétique mondiale. La décision des iraniens d’empêcher le passage de navires dans le détroit d’Ormuz – point névralgique par lequel transite près d’un cinquième du pétrole consommé dans le monde – a immédiatement fait réagir les marchés internationaux. À Madagascar, où l’économie dépend fortement des importations d’hydrocarbures, l’inquiétude commence à gagner les consommateurs.

    Dans les stations-service d’Antananarivo et des grandes villes, certains automobilistes redoutent déjà une flambée des prix ou d’éventuelles pénuries. Les réseaux sociaux relaient des messages alarmistes, alimentant la crainte d’un choc pétrolier susceptible d’affecter le transport, la production d’électricité et, par ricochet, le coût de la vie.

    Face à ces préoccupations, le ministère de l’Énergie et des Hydrocarbures ainsi que l’Office malgache des hydrocarbures (OMH) multiplient les messages rassurants. Les autorités soulignent que, pour l’heure, l’approvisionnement national ne devrait pas être perturbé. Madagascar s’approvisionne principalement auprès du Sultanat d’Oman, et ses cargaisons n’empruntent pas le détroit actuellement sous tension.

    Les commandes sont planifiées plusieurs semaines à l’avance, conformément aux contrats en vigueur, expliquent les responsables. Les livraisons prévues pour ce mois-ci ont été sécurisées depuis deux mois déjà, tandis que celles destinées au mois de mai doivent être confirmées dans les délais habituels, soit entre 45 et 60 jours avant expédition.

    Au-delà de ces dispositions contractuelles, les autorités affirment avoir constitué des réserves stratégiques afin de prévenir toute rupture soudaine. Ce dispositif vise à amortir d’éventuelles hausses sur les marchés internationaux et à garantir la continuité de l’approvisionnement local, notamment pour la Jirama, dont les centrales thermiques fonctionnent encore largement au fuel lourd et au gasoil.

  • Situation au Moyen-Orient : Madagascar adopte une position mesurée

    Situation au Moyen-Orient : Madagascar adopte une position mesurée

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    Face à l’escalade des tensions au Moyen-Orient, consécutive aux frappes militaires du 28 février et aux représailles observées dans plusieurs pays du Golfe, le gouvernement s’est exprimé à travers un communiqué officiel publié hier par le ministère des Affaires étrangères. Il fait part de « sa profonde préoccupation » et appelle à une cessation immédiate des hostilités et à la reprise urgente du dialogue diplomatique.

    Aucun incident impliquant des ressortissants malgaches n’a été signalé à ce stade dans les zones concernées, a précisé le ministère dans son communiqué. Les représentations diplomatiques restent toutefois mobilisées et appellent les citoyens à la plus grande vigilance. Les pays du Golfe font partie des cibles iraniennes, notamment Dubai, une destination prisée par les malgaches.

    S’alignant sur la position de l’Union africaine, le gouvernement estime que seule une approche fondée sur le dialogue et la diplomatie permettra de désamorcer les tensions et de préserver la stabilité internationale. Cette prise de position intervient dans un contexte diplomatique particulier pour la Grande Île. Ces derniers mois, Madagascar a sensiblement renforcé ses relations avec la Russie, multipliant les échanges bilatéraux dans les domaines économique, énergétique et sécuritaire. Selon plusieurs sources diplomatiques, les autorités malgaches auraient déjà sollicité l’appui de Moscou en vue d’une éventuelle intégration au sein des BRICS, le groupe de puissances émergentes qui gagne en influence sur la scène internationale.

    Ce rapprochement stratégique avec la Russie s’inscrit dans une volonté affichée de diversification des partenariats internationaux. Toutefois, le président de la Refondation, s’efforce parallèlement de maintenir des canaux de dialogue ouverts avec les pays occidentaux, partenaires traditionnels de Madagascar en matière d’aide au développement et de coopération économique.

    Dans ce jeu d’équilibriste diplomatique, la position officielle sur la crise au Moyen-Orient se veut mesurée et conforme aux principes du multilatéralisme. En réaffirmant son attachement constant à la paix, à la stabilité internationale et au règlement pacifique des différends, Madagascar cherche à préserver sa crédibilité sur la scène internationale, tout en consolidant ses nouvelles alliances stratégiques.

  • Transition : les autorités malgaches remettront leur « rapport » à la SADC

    Transition : les autorités malgaches remettront leur « rapport » à la SADC

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    Les autorités transitoires s’apprêtent à transmettre, ce samedi 28 février, un document très attendu à la Communauté de développement des États d’Afrique australe (SADC). Mais à Antananarivo, les autorités, par le biais du président de Refondation, insistent qu’il ne s’agit pas d’une « Feuille de route ». Le colonel Michaël Randrianirina préfère parler d’un « rapport ».

    La nuance a été martelée vendredi par le chef de l’État, en marge de la réception d’équipements russes à Ivato. Face aux journalistes, il a clarifié la position du pouvoir : le document qui sera remis à l’organisation régionale retrace les actions menées depuis quatre mois et expose les prochaines étapes. « C’est un rapport », a-t-il répété, soulignant qu’il comprend néanmoins un chronogramme détaillant la suite de la Transition.

    Le texte, selon ses propos, a déjà été validé et signé. Il sera remis en main propre aux responsables de la SADC.

    Aucune indication n’a été donnée sur le lieu précis de cette transmission, mais le calendrier, lui, est confirmé.

    Ce débat sur les mots n’est pas anodin. Depuis décembre, l’expression « Feuille de route » était largement employée, y compris par les membres du gouvernement et par le chef de l’État lui-même lors d’interventions publiques à l’étranger. De son côté, la SADC avait formellement demandé à Madagascar de soumettre un rapport sur l’état de préparation au dialogue national ainsi qu’un projet de Feuille de route nationale avant le 28 février 2026, avec des mises à jour prévues au cours de l’année.

    Dans les faits, l’organisation régionale semble attendre deux éléments distincts : un état des lieux des préparatifs et un document fixant les modalités de conduite de la Transition. Pourtant, à Antananarivo, on écarte désormais toute référence à une « Feuille de route ».

    Pour le colonel Randrianirina, il n’est pas question d’ouvrir la porte à des spéculations politiques. « Il n’est pas question de dissoudre telle institution ou d’attribuer des sièges », a-t-il assuré. Le message est clair : le pouvoir transitoire ne souhaite pas alimenter l’idée d’un partage ou d’une redistribution institutionnelle.

    La ministre d’État chargée de la Refondation a également tenu à distinguer la situation actuelle de celle de 2009, affirmant qu’il ne s’agit pas d’un document de sortie de crise comparable à celui de l’époque.

    Derrière la querelle sémantique, un enjeu politique majeur se dessine : rassurer les partenaires régionaux tout en évitant d’attiser les surenchères internes. Ce samedi, la SADC recevra donc un « rapport ». Reste à savoir si, au-delà du vocabulaire, son contenu répondra aux attentes de l’organisation régionale.

  • Les Russes présents sur tous les fronts, de nouveau équipements russes pour soutenir les sinistrés

    Les Russes présents sur tous les fronts, de nouveau équipements russes pour soutenir les sinistrés

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    Madagascar a réceptionné vendredi 27 février un important lot d’équipements fournis par la Fédération de Russie, lors d’une cérémonie organisée à l’aéroport international de BANI Ivato. Autour du chef de l’État, les autorités civiles et militaires ont salué l’arrivée de ces moyens logistiques destinés à être mobilisés immédiatement.

    Ces matériels doivent servir à acheminer l’aide en faveur des populations touchées par le cyclone Gezani, notamment vers la région de Toamasina. Lundi déjà, 30 tonnes de riz, 16 tonnes de haricots rouges et 13 tonnes d’huile sont arrivées pour être distribuées aux sinistrés. Les camions réceptionnés permettront de transporter ces vivres vers les zones les plus affectées, parfois difficiles d’accès après le passage du cyclone.

    Deux hélicoptères Mi-8 ainsi que plusieurs véhicules complètent le dispositif logistique. L’objectif affiché est clair : accélérer l’acheminement de l’aide et renforcer les capacités d’intervention face aux urgences.

    Lors de la cérémonie, le président malgache, le colonel Michael Randrianirina a salué la coopération avec Moscou, remerciant la Fédération de Russie pour son appui. Les autorités mettent en avant un partenariat fondé sur le soutien concret et la solidarité dans des moments critiques.

    Mais au-delà de l’aide humanitaire, la Russie est aujourd’hui plus visible que jamais sur la Grande Île. Depuis le changement de pouvoir intervenu après la chute d’Andry Rajoelina, les liens entre Antananarivo et Moscou se sont resserrés. La coopération s’est intensifiée et la présence russe sur le terrain ne passe plus inaperçue. Des militaires russes sont présents à Madagascar. Leur présence n’est plus confidentielle : ils circulent ouvertement et ne cherchent pas à se dissimuler.

    Pour les autorités, il s’agit d’un partenariat assumé. Pour d’autres observateurs, cette influence grandissante interroge sur l’équilibre des relations internationales de Madagascar. Une chose est sûre : la Russie occupe désormais une place centrale dans la relation avec la Grande Île, et sa présence se fait sentir de manière tangible.

  • Avoirs illicites : près de 150 milliards d’ariary gelés en 2025

    Avoirs illicites : près de 150 milliards d’ariary gelés en 2025

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    L’Agence de Recouvrement des Avoirs Illicites (ARAI) annonce avoir gelé 149,64 milliards d’ariary au 31 décembre 2025 lors de la présentation officielle du Rapport Annuel 2025, organisée hier à Imerimanjaka Ambohijanaka.

    Les fonds gelés concernent 1701 comptes bancaires et 307 comptes de mobile money. Au-delà des avoirs financiers, le rapport dresse également l’inventaire des biens mobiliers sous gestion. L’Agence recense 144 véhicules, 169 motos, ainsi que 8 navires et 5 coques saisis. Deux fonds de commerce figurent également parmi les actifs identifiés, de même que 250 tonnes de manganèse, sans oublier diverses parts sociales et actions. Cette diversité illustre la complexité des dossiers traités et la variété des secteurs concernés.

    Le patrimoine immobilier saisi ou placé sous administration n’est pas en reste. L’ARAI compte 113 propriétés d’une superficie totale de 535 hectares. À cela s’ajoutent 53 propriétés bâties et 4 hangars. Ces biens sont frappés de mesures conservatoires suite à des décisions judiciaires.

    L’année 2025 a également été marquée par l’organisation de cinq ventes aux enchères publiques, générant un montant global d’environ 868 millions d’ariary. Parmi les biens cédés figurent 32 véhicules et 7 carrosseries, 3 navires ainsi que 460 kilogrammes de concombre de mer. Ces opérations contriburaient à la valorisation des biens saisis et à leur réintégration dans l’économie formelle, selon le rapport de l’ARAI.

    En ce qui concerne les fonds confisqués, près de 500 millions d’ariary ont été versés au compte de consignation de l’ARAI. L’Agence a également procédé à des mainlevées et restitutions s’élevant à près de 15 milliards d’ariary, ainsi qu’à la restitution de 56 véhicules et 11 motos, conformément aux décisions judiciaires.

  • Pauvreté rurale : la situation continue de se détériorer

    Pauvreté rurale : la situation continue de se détériorer

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    Quatre habitants ruraux sur cinq vivent aujourd’hui sous le seuil de pauvreté. C’est le constat alarmant dressé par deux nouveaux rapports de la Banque mondiale couvrant la période 2013-2022. Malgré un potentiel agricole considérable et un rôle central de l’agriculture dans l’économie nationale, la situation sociale dans les campagnes malgaches continue de se détériorer.

    Le secteur agricole demeure pourtant un pilier du pays. Il contribue à hauteur d’environ 30 % au produit intérieur brut (PIB), génère près de 40 % des exportations et fait vivre environ 80 % de la population active. En théorie, cette importance économique devrait constituer un levier puissant de réduction de la pauvreté. En pratique, la production agricole – principale source de revenus des ménages vulnérables – a peu progressé au cours de la dernière décennie, malgré une croissance économique modérée.

    Au cœur des analyses figure la question de la productivité. Les exploitations agricoles n’exploiteraient que 17 à 24 % de leur potentiel. Cette faible performance limite la hausse des revenus et freine toute dynamique de transformation structurelle. Lorsque les rendements stagnent, les ménages ruraux restent enfermés dans des activités à faible valeur ajoutée.

    Les rapports pointent également des contraintes économiques majeures. Les producteurs font face à des désavantages de prix significatifs, estimés entre 21 % et 65 % selon les filières. Les taxes, certaines pratiques commerciales et des défaillances de marché réduisent encore leurs marges. À cela s’ajoutent des infrastructures insuffisantes : routes rurales dégradées, isolement accru en saison des pluies et coûts logistiques élevés.

    Le manque d’accès au crédit et aux services numériques constitue un autre frein à la modernisation des exploitations. Les agriculteurs peinent à investir dans des équipements, des semences améliorées ou des technologies susceptibles d’accroître leurs rendements. Les chocs climatiques répétés et l’insécurité foncière accentuent la vulnérabilité des ménages.

    Francis Muamba Mulangu, auteur du diagnostic des revenus ruraux, souligne que la stagnation agricole complique l’enclenchement d’un cercle vertueux de développement : sans hausse des revenus, la demande intérieure reste limitée et les opportunités économiques plus rémunératrices tardent à se développer.

    L’analyse des dépenses publiques agricoles révèle par ailleurs un problème d’exécution budgétaire. Moins de la moitié des budgets prévus seraient effectivement dépensés. Les crédits alloués à la recherche, à l’encadrement technique, à l’irrigation et à la connectivité rurale restent insuffisants. Pour Stephen D’Alessandro, économiste principal en agriculture à la Banque mondiale, il est essentiel d’améliorer la qualité et la priorisation des dépenses afin de générer de réels gains de productivité.

    Les rapports recommandent ainsi des investissements ciblés, un renforcement des organisations paysannes, une implication accrue du secteur privé et un développement des villes secondaires. L’objectif est clair : transformer le potentiel agricole en moteur de croissance durable et inclusive, et inverser une tendance qui maintient aujourd’hui la grande majorité des ruraux dans la pauvreté.

  • Feuille de route de la transition : transmission à la SADC attendue avant le 28 février

    Feuille de route de la transition : transmission à la SADC attendue avant le 28 février

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    La date butoir du 28 février pour la remise de la feuille de route de la Transition auprès de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) sera respectée. Les autorités assurent que le document est finalisé et qu’il sera transmis dans les délais convenus avec l’organisation régionale.

    Hier, à Ambohitsorohitra, la ministre d’État auprès de la présidence en charge de la Refondation, maître Hanitra Razafimanantsoa, a confirmé devant la presse que le texte est prêt. Elle a précisé qu’il revient au Chef de l’État d’en dévoiler la teneur, soulignant que la présentation officielle relève de sa compétence. À ce stade, seules les formalités internes précédant la transmission restent à accomplir.

    En déplacement à l’étranger, le colonel Michaël Randrianirina a réaffirmé son engagement à respecter l’échéance fixée. Mardi soir, lors d’une rencontre avec des membres de la diaspora malgache en France, il a indiqué qu’il procéderait à la signature dès son retour. Plus tôt dans la journée, face à des responsables du groupe de la Banque mondiale, il a rappelé que la remise à la SADC interviendra avant la fin du mois, conformément aux engagements pris lors des échanges régionaux.

    Avant son envoi, la feuille de route doit recevoir l’aval du comité de pilotage de la concertation nationale. Cette instance, présidée par le Chef de l’État, réunie le Premier ministre, la ministre d’État chargée de la Refondation, le ministre de l’Économie et des Finances, le ministre de l’Intérieur et de la Décentralisation ainsi que des représentants du Conseil œcuménique des Églises chrétiennes de Madagascar (FFKM). Une réunion est attendue dès le retour du président afin de procéder à cette validation.

    Un second document accompagne cette démarche. Intitulé « Processus stratégique et opérationnel pour la Refondation nationale », il expose les actions déjà engagées et celles prévues dans les prochains mois, avec un calendrier détaillé. Ce texte sera également soumis au comité avant sa transmission à l’organisation régionale.

    La demande de la SADC fait suite au sommet extraordinaire des chefs d’État et de gouvernement tenu le 17 décembre dernier. Madagascar doit remettre un rapport sur l’état de préparation du dialogue national ainsi qu’un projet structurant les prochaines étapes, puis fournir des mises à jour périodiques au cours de l’année 2026.

    Hanitra Razafimanantsoa a précisé que le document ne constitue pas un accord de sortie de crise comparable à celui adopté en 2009. Selon elle, il s’agit d’un cadre global élaboré par des acteurs nationaux et couvrant différents secteurs de la vie publique.

  • Douane : saisie de plus de 250 000 dollars et de 5 kilos d’or à Ivato et Nosy-Be

    Douane : saisie de plus de 250 000 dollars et de 5 kilos d’or à Ivato et Nosy-Be

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    Plus de 250 000 dollars en espèces et plus de 5 kilos d’or ont été saisis en moins de 48 heures par les services des douanes dans les aéroports de Nosy Be et d’Ivato, selon un communiqué publié le 25 février par le ministère de l’Economie et des Finances.

    La première opération remonte au 18 février 2026 à l’aéroport international de Nosy Be. Deux passagers, de nationalités espagnole et roumaine, enregistrés sur un vol d’Ethiopian Airlines, ont été interceptés après un contrôle ciblé. Les agents ont décidé d’approfondir l’inspection de leurs bagages à la suite d’un signalement de la brigade cynophile.

    La fouille a permis de découvrir 17 750 euros et 242 000 dollars américains en espèces. Ces montants dépassent largement le plafond autorisé par la réglementation malgache. La loi limite à 1 000 euros en liquide la somme qu’un voyageur peut emporter en quittant le territoire, sauf présentation d’une attestation de change délivrée par un établissement agréé.

    Ne disposant d’aucun document justificatif conforme, les deux voyageurs ont été interpellés et empêchés d’embarquer. Les devises ont été saisies et placées sous scellés. D’après l’administration douanière, la somme correspondant au montant réglementaire autorisé sera restituée, tandis que l’excédent fera l’objet de procédures administratives et judiciaires. Les autorités cherchent désormais à établir l’origine des fonds et les raisons de leur transfert.

    Le lendemain, une autre intervention a eu lieu à l’aéroport international d’Ivato. Cette fois, il s’agit d’une passagère qui devait se rendre à Dubaï. Son contrôle fait suite à un signalement issu d’opérations de profilage menées conjointement avec les services frontaliers.

    Lors de la fouille de son sac à main, les agents ont découvert quatre colis contenant des lingots d’or. Le poids total s’élève à 5 809,4 grammes. Les métaux précieux ont été immédiatement saisis et consignés par les services compétents.

    Les faits pourraient être qualifiés de tentative d’exportation sans déclaration de marchandises prohibées, une infraction prévue par le Code des douanes. L’enquête se poursuit afin de déterminer l’origine de l’or et d’identifier d’éventuelles complicités.

  • La France confirme son soutien pour le processus de Refondation de 24 mois

    La France confirme son soutien pour le processus de Refondation de 24 mois

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    Quatre mois après avoir pris les rênes du pays, le colonel Michaël Randrianirina a effectué, mardi 24 février, sa première visite officielle à Paris. Il a été reçu à l’Élysée par Emmanuel Macron pour un déjeuner de travail au format volontairement sobre.

    À l’issue de la rencontre, la mise en place d’un cadre de coopération pour les vingt-quatre prochains mois, durée correspondant à la transition annoncée par les autorités a été annoncée. L’objectif est d’accompagner le pouvoir de la refondation en vue de l’organisation d’élections libres et transparentes.

    Selon un communiqué joint à l’issue de cette rencontre bilatérale, les deux présidents ont agréé une série d’orientations qui fixeront le cap de la relation entre la France et Madagascar jusqu’au délai de vingt-quatre mois, échéance du processus de Refondation. Ce cadre partenarial s’articulera autour de trois axes prioritaires : consolidation de la relation politique ; soutien de la France à la population et au développement économique de Madagascar dans un cadre de gouvernance et un climat d’affaires améliorés ; et poursuite de la coopération de sécurité et de défense, dans le respect de la souveraineté des deux États.

    En marge des discussions politiques dans le cadre de ce déplacement présidentiel, des représentants du secteur privé malgache ont également échangé avec leurs homologues français. Selon des sources proches du dossier, vingt-neuf projets ont obtenu des engagements de financement dont le montant global pourrait s’établir entre un et deux milliards d’euros. Cinq initiatives structurantes ont été identifiées, mêlant installations solaires, mini-réseaux pour les zones rurales et, à plus long terme, développement de grands barrages hydroélectriques tels que ceux de Volobe et Sahofika.

    Pour le patronat malgache, l’enjeu est d’obtenir des résultats visibles rapidement afin de restaurer la confiance. Les acteurs économiques insistent sur la nécessité de projets produisant des effets tangibles dans un horizon court, condition indispensable pour relancer l’investissement et l’emploi.

    Cette recherche de nouveaux appuis intervient alors que les relations commerciales internationales de Madagascar traversent une zone de turbulences. L’an dernier, des droits de douane élevés avaient frappé les exportations malgaches, créant un choc pour plusieurs filières, notamment le textile. Si certaines décisions ont été révisées, l’incertitude demeure sur la stabilité des régimes préférentiels, fragilisant la visibilité des entreprises.

    Dans ce contexte, le renforcement des partenariats européens apparaît stratégique pour Antananarivo. Entre ouverture à l’Est et consolidation des liens historiques avec l’Occident, le président Randrianirina tente de tracer une voie médiane : élargir le cercle des partenaires sans rompre avec les alliances traditionnelles.

    La rencontre de l’Élysée ne règle pas toutes les tensions mais elle signale une volonté mutuelle de tourner la page des crispations récentes. Ce déplacement à Paris intervient moins d’une semaine après un passage remarqué à Moscou où le pouvoir de la refondation a scellé un rapprochement stratégique avec la Russie, matérialisé notamment par l’acheminement de plusieurs dizaines de tonnes de vivres vers Antananarivo.

  • Vy Vato Rakotovao écroué, Fidy TMH arrêté puis relâché

    Vy Vato Rakotovao écroué, Fidy TMH arrêté puis relâché

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    Plusieurs figures associées à l’ancien président Andry Rajoelina sont dans la tourmente. Après une série d’arrestations ces dernières semaines, l’ex-gouverneur de Vakinankaratra, Vy Vato Rakotovao, a été incarcéré, tandis que le député de Tana IV, Rafidimanana Désiré, dit Fidy TMH, a été interpellé à la suite d’une perquisition menée à son domicile et dans ses bureaux à Anosibe.

    Présenté en début de semaine devant le parquet du tribunal de première instance d’Anosy, Vy Vato Rakotovao a été placé sous mandat de dépôt et transféré à la prison d’Avaradrano. Son passage devant la justice s’est déroulé dans une grande discrétion.

    L’ancien gouverneur est poursuivi pour des faits qualifiés d’atteinte à la sûreté de l’État et d’actes présumés de déstabilisation. Il avait été arrêté à Andranomanelatra le 14 février, le même jour une perquisition ciblait la résidence d’Augustin Andriamananoro, ancien ministre et député élu dans le premier arrondissement de la capitale. Ce dernier, dont l’immunité parlementaire a été levée, reste introuvable.

    Après son arrestation, Vy Vato Rakotovao a été transféré à Antananarivo et placé en garde à vue à la Brigade criminelle pendant plusieurs jours. Les enquêteurs s’intéressent à un dossier qui pourrait impliquer plusieurs personnalités liées à l’ancien pouvoir.

    Désiré Rafidimanana, président national de l’association politique Tanora Miandrandra ny Hoavy (TMH), et député du IVè arrondissement de la capitale a vu également son domicile et ses buraux perquisitionnés par des éléments de la Brigade criminelle.L’élu a affirmé sur les réseaux sociaux que la perquisition s’était effectuée sans incident et dans le respect des procédures. Les enquêteurs ont saisi son ordinateur ainsi que le disque dur relié à ses caméras de surveillance. Conduit ensuite à la Brigade criminelle pour audition, il a finalement été relâché en début de soirée.

    L’interpellation de Fidy TMH suscite d’autant plus d’interrogations que, ces derniers mois, le député s’est progressivement rapproché du nouveau régime de transition. Plusieurs observateurs notent qu’il entretenait des relations cordiales avec le président de l’Assemblée nationale, Siteny Randrianasoloniaiko, considéré comme l’un des piliers du pouvoir actuel et souvent présenté comme l’un des principaux artisans de la chute d’Andry Rajoelina.

    Ce repositionnement politique apparent rend son audition d’autant plus surprenante pour certains analystes, qui y voient soit une volonté d’élargir les investigations au-delà des clivages visibles, soit le signe de recompositions internes encore en cours.

    À ce stade, aucune communication officielle n’a précisé si une procédure de levée de l’immunité parlementaire concernant le député de Tana IV a été engagée. Le règlement intérieur de l’Assemblée nationale encadre strictement les conditions dans lesquelles un élu peut être poursuivi ou arrêté, notamment en dehors des cas de flagrant délit.