Auteur/autrice : Mandimbisoa R.

  • Russie : le colonel Randrianirina rencontre la diaspora malgache

    Russie : le colonel Randrianirina rencontre la diaspora malgache

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    En visite officielle en Russie à l’invitation des autorités russes, le Président de la Refondation de Madagascar, le colonel Michaël Randrianirina, a rencontré hier les ressortissants malgaches établis à Moscou, parmi lesquels de nombreux étudiants.

    Devant la diaspora malgache, le chef de l’État a annoncé l’engagement des autorités à accompagner et protéger les Malgaches vivant à l’étranger. Les échanges ont porté sur les conditions de séjour, les démarches administratives — notamment liées aux passeports — ainsi que sur les perspectives offertes aux étudiants malgaches inscrits dans les universités russes. Le Président a insisté sur la nécessité de respecter les lois du pays d’accueil, rappelant que l’État malgache assume sa responsabilité envers ses citoyens dès lors que ceux-ci évoluent dans un cadre légal.

    L’enjeu majeur de ce déplacement présidentiel reste la rencontre annoncée avec le président russe Vladimir Poutine. Présentée comme le point culminant de cette visite, cette entrevue pourrait déboucher sur un renforcement significatif des relations bilatérales.

    Avant son départ, le colonel Michaël Randrianirina avait défendu le principe d’une diplomatie ouverte et équilibrée. Madagascar entend consolider ses relations avec tout partenaire susceptible de contribuer à son développement, sans s’inscrire dans une logique d’alignement exclusif, affirme la Présidence dans son communiqué.

    La délégation malgache est composée de plusieurs ministres : ministres des Affaires étrangères, Christine Razanamahasoa, Ny Ando Ralitera, ministre des l’Energie et des Hydrocarbures, ministre des Mines et des ressources stratégiques, Carl Andriamparany, ministre des finances, Herinjatovo Ramiarison ainsi que de Siteny Randrianasoloniaiko, président de l’Assemblée nationale, connu pour sa proximité avec la Russie.

    L’exploitation des ressources stratégiques, les projets énergétiques devront être au centre des discussions avec les russes. Des questions liées aux infrastructures portuaires, en particulier à Antsiranana, pourraient aussi être évoquées. Située à proximité d’importantes routes maritimes internationales, cette zone revêt un intérêt économique et géostratégique majeur. Une éventuelle modernisation des installations portuaires et navales serait donc lourde d’implications régionales.

    Sur le plan multilatéral, le pouvoir devrait réitérer son intérêt pour un rapprochement avec les BRICS, groupe de puissances émergentes dont la Russie est membre fondateur. Une telle orientation traduirait la volonté du régime de transition d’élargir les partenariats économiques et financiers du pays.

  • La démolition du Colisée confirmée, la rebaptisation du stade Barea en cours

    La démolition du Colisée confirmée, la rebaptisation du stade Barea en cours

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    Une nouvelle page semble s’ouvrir pour deux sites emblématiques de la capitale. Le ministre de la Communication et de la Culture, Gascar Fenosoa Mandrindrarivony, a annoncé que le Colisée érigé au sein du Rova d’Antananarivo devra être retiré, à la suite d’une décision rendue par le Tribunal de première instance d’Anosy.

    L’information a été rendue publique hier, lors d’un atelier consacré à la liberté d’expression et aux médias numériques organisé à Nanisana. Le ministre a expliqué que son département avait jusque-là choisi la réserve, préférant laisser la procédure judiciaire suivre son cours. Le verdict étant désormais prononcé, la juridiction a donné raison aux descendants de la lignée royale merina qui contestaient la présence de cette infrastructure dans l’enceinte historique.

    Selon les précisions apportées, la décision ne concerne pas uniquement le bâtiment du Colisée. Tous les éléments considérés comme étrangers à l’histoire des souverains ayant régné depuis le palais devront également être enlevés. Parmi eux figurent notamment des objets et installations sans lien direct avec le patrimoine royal, introduits ces dernières années sur le site.

    Au-delà du démontage annoncé, c’est aussi l’appellation du lieu qui devrait évoluer. Le nom Rovan’i Madagasikara serait abandonné au profit d’une dénomination recentrée sur son identité originelle, en cohérence avec son statut de haut lieu de l’histoire monarchique. C’est en 2020, après la restauration du site qu’Andry Rajoelina a rebaptisé le Rovan’Antananarivo en Rovan’i Madagasikara.

    Parallèlement, un autre symbole national pourrait connaître un changement d’identité. Le ministère travaille actuellement au rétablissement de l’ancienne appellation du stade Barea, qui redeviendrait « Stade de Mahamasina », voire « Grand Stade de Mahamasina ». La réflexion est menée en concertation avec les autorités en charge du sport.

  • Le colonel Michaël Randrianirina en visite officielle en Russie

    Le colonel Michaël Randrianirina en visite officielle en Russie

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    Le colonel Michaël Randrianirina accompagné de son épouse, a quitté Antananarivo dans la nuit de 17 au 18 février pour une visite en Russie. Il a voyagé à bord d’un Iliouchine IL-96 d’origine russe, appareil mis à sa disposition par la Russie pour son voyage.

    À Moscou, la visite est présentée comme officielle. Des informations relayées par des médias spécialisés évoquent une possible entrevue avec le président Vladimir Poutine. Si elle se confirme, cette rencontre symboliserait une étape supplémentaire dans le resserrement des liens entre Antananarivo et Moscou. Depuis plusieurs mois, les signaux d’un rapprochement se multiplient, accompagnées de contacts réguliers avec la représentation russe à Madagascar.

    Depuis sa prise de pouvoir, le colonel Randrianirina ne cesse de se rapprocher de la Russie. Il a accordé son premier interview au média russe, Russia Today. En décembre dernier, il a reçu une importante délégation russe, en même temps que du matériel militaire destiné à la garde présidentielle. En janvier, 140 instructeurs russes sont arrivés à Madagascar pour assurer des sessions de formation destinées à certaines composantes de l’armée.

    Le déplacement du colonel Randrianirina intervient également dans un climat de débat interne sur la souveraineté et les partenariats militaires. Le président de l’Assemblée nationale, Siteny Randrianasoloniako, connu pour sa proximité avec Moscou, a évoqué lundi la présence jugée problématique de militaires français sur le territoire, soulignant que toute coopération devait s’inscrire dans le strict respect de l’indépendance nationale. Une déclaration qui nourrit les interrogations sur la recomposition des alliances stratégiques de la Grande Île.

    Après la Russie, le président Randrianirina est prévue se rendre en France. Une rencontre avec le président Emmanuel Macron est annoncée pour la fin du mois de février, bien qu’aucune date précise n’ait été rendue publique. L’agenda prévoit également des échanges avec des représentants du monde économique, laissant entrevoir des discussions portant sur les investissements et les relations commerciales.

    Cette double visite diplomatique s’inscrit dans la ligne affichée par le pouvoir de transition : multiplier les partenariats et éviter tout alignement exclusif. Les autorités mettent en avant une approche dite ouverte, visant à coopérer avec différents acteurs internationaux selon les intérêts nationaux mais la primauté accordée à la Russie n’est visiblement pas le hasard du calendrier, tout comme la récente déclaration du président de l’Assemblée nationale, accablant la France.

    Dans un environnement géopolitique marqué par la compétition entre grandes puissances, ces déplacements sont observés avec attention. Ils pourraient redéfinir la place de Madagascar dans les équilibres régionaux et internationaux, tout en donnant des indications sur l’orientation durable de la politique étrangère du régime de la Refondation.

  • Assemblée nationale : l’immunité parlementaire d’Augustin Andriamananoro levée

    Assemblée nationale : l’immunité parlementaire d’Augustin Andriamananoro levée

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    Après la député Marie Michelle Sahondraharimalala, c’est au tour d’Augustin Andriamananoro de voir son immunité parlementaire tomber. Le Bureau permanent de l’Assemblée nationale a officiellement autorisé l’ouverture de poursuites judiciaires à son encontre, marquant une nouvelle étape dans la série de décisions prises par l’institution sous le régime de la Refondation.

    La décision a été annoncée par le président de l’Assemblée nationale, Siteny Randrianasoloniaiko. Selon ses explications, la mesure a été adoptée en présence des membres du Bureau permanent, dont un représentant de l’opposition. Pour le chef de l’institution, les éléments réunis contre le député seraient suffisamment étayés pour justifier la levée de la protection attachée à son mandat. Une déclaration qui suggère que des indices jugés probants auraient été versés au dossier transmis à la Chambre basse.

    La procédure intervient quelques jours après une perquisition menée au domicile de l’élu, situé à Faliarivo Ampitatafika. Depuis cette opération des forces de l’ordre, Augustin Andriamananoro demeure introuvable. L’ancien ministre de la Communication et de la Culture est désormais exposé à des poursuites formelles, sans le bouclier institutionnel que lui conférait son statut de parlementaire.

    Deux chefs d’accusation sont retenus contre Augustin Andriamanananoro : atteinte à la sûreté de l’État et acte de déstabilisation. En levant son immunité, l’Assemblée nationale a ainsi donné son feu vert à la justice pour son arrestation.

    Ce cas n’est pas isolé. Marie Michelle Sahondraharimalala, député de Fianarantsoa I et ancienne ministre de l’Éducation nationale, avait été la première parlementaire concernée par une telle mesure sous le régime actuel. Elle est aujourd’hui incarcérée à la prison d’Avaradrano. La répétition de ces décisions interroge sur la portée politique et institutionnelle de ces levées d’immunité successives.

    Pour ses soutiens, Augustin Andriamananoro ferait l’objet d’une pression ciblée en raison de sa proximité avec l’ancien président Andry Rajoelina. De leur côté, les autorités défendent une démarche strictement encadrée par la loi et affirment agir dans le respect des procédures parlementaires.

  • Madagascar peine à retrouver sa place à l’international

    Madagascar peine à retrouver sa place à l’international

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    À l’issue des travaux du 39è sommet de l’Union africaine (UA), la diplomatie malgache se heurte toujours à une réalité amère : malgré des signes d’ouverture et une relative reconnaissance de ses efforts, Madagascar reste pénalisé par des sanctions internationales qui limitent sa pleine participation aux instances africaines.

    Christine Razanamahasoa, ministre malgache des Affaires étrangères a plaidé hier pour la levée des sanctions qui frappent Madagascar auprès du président Mahamoud Ali Youssouf, président de le commission de l’Union africaine. Ces échanges, qualifiés d’ouverts par des observateurs diplomatiques, se tiennent dans un contexte de crise politique prolongée et de reconstruction nationale, après les dégâts causés par les cyclones Fytia et Gezani qui ont ravagé des milliers de foyers et fragilisé davantage l’économie insulaire.

    Pour Madagascar, la reconnaissance internationale ne doit pas se limiter à des déclarations de solidarité. Lors de leur entretien, la délégation malgache a exposé les avancées du processus de Refondation nationale, tout en renouvelant son appel à l’aide internationale, notamment pour faire face aux conséquences humanitaires et économiques des tempêtes tropicales. Mahamoud Ali Youssouf a exprimé sa solidarité et une promesse d’accompagnement technique et financier à travers les agences de l’UA. Une visite du président de la Commission est même envisagée prochainement, selon des sources diplomatiques.

    Cette reconnaissance affichée ne se traduit toutefois pas par une restauration complète des droits et privilèges institutionnels : Madagascar demeure suspendu de plusieurs organes décisionnels de l’Union africaine, un statut qui restreint sa marge de manœuvre diplomatique.

    La suspension continentale remonte à octobre 2025, après la prise de pouvoir par les militaires et le renversement du président élu, un fait que l’UA avait condamné et sanctionné conformément à sa politique de tolérance zéro vis-à-vis des changements anticonstitutionnels de gouvernement.

    Le pays est exclu de toutes ses instances institutionnelles, dans une démarche visant à exercer une pression politique sur Antananarivo. Cette situation a créé un double paradoxe pour la diplomatie malgache : d’un côté, l’UA affiche une volonté d’accompagnement et cite des progrès – y compris une reconnaissance des efforts de refondation nationale – mais de l’autre, les sanctions formelles et la suspension institutionnelle continuent de peser lourdement. Ce décalage est aussi perçu à Antananarivo comme une contradiction entre les discours d’ouverture et la réalité des faits diplomatiques, nourrissant frustration et impatience.

    Au-delà de l’Union africaine, les relations internationales de Madagascar restent tendues. Le pays cherche à rétablir des liens de confiance avec ses partenaires traditionnels, tout en gérant les conséquences géopolitiques du coup d’État qui a profondément marqué son image sur la scène continentale et mondiale.

    Pour les observateurs, la rencontre d’Addis-Abeba illustre bien la lutte délicate que mène le pouvoir pour sortir de l’isolement diplomatique, marquée par des appels répétés à la levée des sanctions, un discours de refondation interne et une volonté d’être reconnu comme un acteur stabilisé et légitime du concert africain. Pour l’heure, la diplomatie malgache marche sur une ligne de crête, entre aspirations de reconnaissance internationale et réalité des sanctions encore en vigueur.

  • Toliara : mise en service d’une nouvelle usine d’engrais organique

    Toliara : mise en service d’une nouvelle usine d’engrais organique

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    Le colonel Michaël Randrianirina a inauguré hier une nouvelle usine de production d’engrais organiques dans la commune de Belalanda, district de Toliara II. Cette infrastructure est issue des accords de coopération conclus avec les Émirats arabes unis.

    La nouvelle usine produira 40 tonnes d’engrais de guano organique. Les matières premières seront fournies par des organisations paysannes des districts de Beroroha, Ankazoabo, Morombe. Les fertilisants seront commercialisés à des prix dits sociaux, avec l’ambition d’alléger les charges des petits producteurs et d’améliorer les rendements agricoles.

    D’autres unités de production d’engrais biologique seront installées à Toamasina, dans la région Atsinanana, et la redynamisation de celle d’Amboasary Sud est envisagée, annonce le Colonel Randrianirina.

    Si on en croit les dires du Colonel Randrianirina, l’initiative d’installer cette usine à Toliara remonte à peine à deux mois, lors de son déplacement à Abu Dhabi.

    Dans un pays où l’agriculture demeure un pilier économique et social, la disponibilité d’engrais abordables représente un levier crucial. Tout comme le précédent régime, le gouvernement entend stimuler la productivité nationale et renforcer la souveraineté alimentaire.

    La réhabilitation d’infrastructures hydrauliques et un appui renforcé aux exploitants pour sécuriser leurs cultures a été également évoqué par le président de la Refondation dans son discours d’inauguration. Sans accès fiable à l’irrigation, les gains liés aux intrants risquent en effet de demeurer partiels.

    Les criquets, qui menacent régulièrement les récoltes dans le Sud, feront l’objet d’un dispositif de surveillance et d’intervention renforcé. La campagne agricole 2025-2026 sera marquée par un effort accru dans la lutte contre les invasions acridiennes, annonce le colonel Randrianirina.

  • Augustin Andriamananoro et Vy Vato Rakotovao visés par des enquêtes pour atteinte à la sûreté de l’État

    Augustin Andriamananoro et Vy Vato Rakotovao visés par des enquêtes pour atteinte à la sûreté de l’État

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    La tension politique est montée d’un cran ce week-end après des opérations menées contre deux figures connues de la sphère publique : Augustin Andriamananoro et Vy Vato Rakotovao. Les deux hommes sont concernés par des investigations pour des faits qualifiés d’« atteinte à la sûreté de l’État » et d’« acte de déstabilisation », selon des sources judiciaires et sécuritaires.

    Samedi en début de soirée, le domicile d’Augustin Andriamananoro, situé à Faliarivo Ampitatatafika, a fait l’objet d’une perquisition conduite par des éléments de la brigade criminelle, appuyés par des gendarmes. L’intervention a duré un peu plus de quatre heures, de 18h30 à 22h45.

    Député élu sous la bannière du Mapar dans le 1er Arrondissement d’Antananarivo, Augustin Andriamananoro a également occupé le poste de vice-président de l’Assemblée nationale pour la province d’Antananarivo. Selon son avocat, maître Aldine Andriamisetra Rabelaza, présent lors des fouilles, aucune découverte compromettante n’a été trouvée.

    L’élu était absent au moment des opérations. Des proches indiquent qu’il avait quitté son domicile tôt dans la matinée. D’autres sources affirment qu’il demeurait injoignable à l’issue de la perquisition. Des éléments des forces de l’ordre avaient été aperçus devant son domicile depuis la fin de la matinée, attendant, selon certaines explications, l’aboutissement de la procédure liée à son immunité parlementaire.

    Le règlement intérieur de l’Assemblée nationale précise qu’en dehors d’un cas de flagrant délit, toute demande de levée d’immunité doit être formulée par écrit par le ministre de la Justice et examinée par le Bureau permanent, qui dispose d’un délai légal pour y répondre. Une réunion de cette instance se serait tenue samedi. D’après plusieurs sources concordantes, l’autorisation de lever l’immunité parlementaire d’Augustin Andriamananoro aurait été accordée. L’opération menée à Faliarivo semblait ainsi s’inscrire dans une démarche pouvant aller au-delà d’une simple perquisition, avec la perspective d’une arrestation. C’est la deuxième fois que les forces de l’ordre ont perquisitionné le domicile d’Augustin Andriamananoro à Faliaravo Ampitatafika depuis la chute de Rajoelina.

    Au même moment, à Andranomanelatra, dans la région Vakinankaratra, une autre perquisition visait Vy Vato Rakotovao. Ancien gouverneur de la région de Vakinankaratra, il a été interpellé sur place avant d’être placé en garde à vue puis transféré à Antananarivo le lendemain.

    Comme le député Andriamananoro, il est identifié comme proche des structures politiques liées à l’ancien président Andry Rajoelina, notamment le parti Tanora Malagasy Vonona (TGV) et la plateforme « Isika rehetra miaraka amin’i Andry Rajoelina » (Irmar).

    Ces développements surviennent quelques jours seulement après une intervention controversée au domicile d’un général à la retraite. La perquisition, menée vers 3 heures du matin la semaine précédente, avait suscité de nombreuses réactions critiques quant aux méthodes employées et à leur opportunité.

    Les procédures en cours s’ajoutent à d’autres affaires visant des personnalités associées à l’ancien chef de l’État, parmi lesquelles le général retraité Richard Ravalomanana, ancien président du Sénat, la députée et ex-ministre Marie Michelle Sahondrarimalala, actuellement en détention préventive, ainsi que Soalihy Moussa, ancien chargé de mission à la présidence. Alors que les enquêtes se poursuivent, la situation alimente interrogations et spéculations sur l’évolution du paysage politique national dans les semaines à venir.

  • Cyclone Gezani : un lourd tribut humain et matériel, le sud-ouest sous surveillance

    Cyclone Gezani : un lourd tribut humain et matériel, le sud-ouest sous surveillance

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    Le passage du cyclone tropical intense Gezani continue de laisser une empreinte dramatique sur plusieurs régions de Madagascar.

    Selon le dernier bilan provisoire communiqué par le Bureau national de gestion des risques et des catastrophes (BNGRC), 43 personnes ont perdu la vie. La région d’Atsinanana paie le plus lourd tribut, notamment dans le district de Toamasina II qui enregistre 32 décès. À Toamasina I, deux morts sont recensés. D’autres victimes sont signalées à Ambatondrazaka (3), Mahanoro (2), ainsi qu’à Anjozorobe, Brickaville, Ankazobe et Manjakandriana, chacun déplorant un décès. Par ailleurs, six personnes restent introuvables, dont deux nouveaux cas rapportés à Brickaville.

    Le bilan humain fait également état de 427 blessés. Au total, 366 048 personnes sont touchées par les conséquences du cyclone, parmi lesquelles 16 428 ont dû quitter leur domicile pour trouver refuge ailleurs.

    Des dégâts considérables

    Sur le plan matériel, les chiffres témoignent de l’ampleur des destructions. Pas moins de 23 487 habitations ont été inondées. À cela s’ajoutent 42 492 maisons endommagées et 22 072 entièrement détruites.

    Le secteur de l’éducation est aussi sévèrement affecté : 563 salles de classe ont perdu leur toiture, 142 sont partiellement détruites et 76 totalement anéanties. Les infrastructures sanitaires ne sont pas épargnées. Un centre de santé de base de niveau I (CSB I) est entièrement détruit, tandis que cinq autres CSB I et trois CSB II ont subi des dommages partiels.

    Au total, 25 districts répartis dans cinq régions — Atsinanana, Analamanga, Analanjirofo, Itasy et Alaotra-Mangoro — ont été impactés par le passage de Gezani. Les équipes de la BNGRC poursuivent les évaluations sur le terrain tandis que les opérations d’assistance d’urgence sont toujours en cours.

    Un cyclone qui menace à nouveau les côtes

    Après avoir traversé Madagascar d’est en ouest, Gezani a effectué un demi-tour dans le canal du Mozambique. Le système s’est progressivement rapproché du sud-ouest de la Grande Île.

    D’après le bulletin publié dimanche par Météo Madagascar, à 15h, le cyclone se situait à environ 467 kilomètres au sud-ouest d’Itampolo, dans le district d’Ampanihy, avançant vers l’est à une vitesse de 15 km/h.

    Le phénomène génère actuellement des vents soutenus de 120 km/h, avec des rafales atteignant jusqu’à 170 km/h. Les prévisionnistes indiquent qu’il pourrait s’orienter vers le nord-est et longer les côtes à proximité d’Itampolo, à environ 100 kilomètres au large, au cours des prochaines 24 heures.

    Vigilance maintenue dans le sud

    Face à cette évolution, une alerte jaune a été déclenchée dans les districts d’Ampanihy Ouest, Beloha et Tsihombe. Des vents pouvant atteindre 65 km/h y sont attendus. Les autorités précisent toutefois que les précipitations intenses restent, pour l’instant, peu probables, le système devant évoluer majoritairement en mer.

    Alors que le pays tente de se relever des destructions déjà causées, la trajectoire encore incertaine de Gezani impose une vigilance constante dans les zones côtières du sud-ouest.

  • Cyclones Gezani et Fytia : 37 millions USD de la Banque mondiale et 65 milliards d’ariary de la Chine pour la reconstruction

    Cyclones Gezani et Fytia : 37 millions USD de la Banque mondiale et 65 milliards d’ariary de la Chine pour la reconstruction

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    Madagascar s’organise pour faire face aux lourdes conséquences des cyclones Gezani et Fytia. Alors que des milliers de familles ont perdu leurs habitations, leurs récoltes et parfois leurs proches, la mobilisation internationale s’intensifie. La Banque mondiale annonce une première enveloppe d’urgence de 37 millions de dollars, tandis que la Chine accorde un don exceptionnel de 65 milliards d’ariary pour soutenir la reconstruction.

    À la demande du Gouvernement malgache, la Banque mondiale active immédiatement un plan de réponse destiné à couvrir les besoins les plus urgents. Ce financement permettra d’apporter une assistance directe à 40 000 ménages affectés. L’aide sera déployée à travers plusieurs mécanismes : le Projet de Filets de Sécurité et de Résilience (PFSR), le programme régional REPAIR, ainsi que le dispositif CERP, conçu pour accélérer les interventions en situation de crise.

    Concrètement, les populations sinistrées bénéficieront d’un paquet d’assistance intégré. Celui-ci comprend des secours d’urgence, des transferts monétaires sociaux pour soutenir les familles les plus vulnérables, des programmes « argent-contre-travail » afin de relancer l’activité économique locale, des compléments nutritionnels pour les enfants et les femmes enceintes, ainsi que la remise en état des services essentiels comme l’eau potable et l’électricité. Le Fonds d’Intervention pour le Développement (FID), en coordination avec le Bureau National de Gestion des Risques et des Catastrophes (BNGRC), sera chargé de la mise en œuvre.

    « Nos pensées accompagnent tous les Malagasy touchés par les cyclones Gezani et Fytia », a déclaré Atou Seck, Représentant résident de la Banque mondiale à Madagascar. L’institution se dit engagée à soutenir non seulement l’urgence humanitaire, mais aussi la reprise économique et une reconstruction plus résiliente.

    Parallèlement, la Chine apporte un soutien financier majeur. Le Président Randrianirina Michaël a officiellement annoncé, ce 13 février au Palais d’Ambohitsirohitra, un don de 65 milliards d’ariary — soit environ 100 millions de yuans — octroyé par le Gouvernement chinois. Cette aide est non remboursable et sans contrepartie. Elle vise à contribuer aux efforts de relèvement après les destructions massives causées par les deux cyclones.

    Au-delà de l’aide financière, les deux pays ont signé un accord de coopération pour le développement, marquant la volonté de renforcer un partenariat stratégique. Les autorités malgaches soulignent que ce geste témoigne de la solidité des relations bilatérales, notamment en période de crise.

    Si l’urgence reste la priorité, les prochains mois seront déterminants pour la reconstruction des écoles endommagées, la remise en état des centres de santé et la réhabilitation des infrastructures routières. La Banque mondiale se dit prête à mobiliser des ressources supplémentaires en fonction de l’évaluation complète des dégâts.

    Face à l’ampleur des destructions, l’enjeu est désormais double : répondre aux besoins immédiats des sinistrés et reconstruire des infrastructures capables de résister aux chocs climatiques futurs.

  • Lutte contre le blanchiment d’argent : Madagascar se prépare à un examen décisif

    Lutte contre le blanchiment d’argent : Madagascar se prépare à un examen décisif

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    Madagascar franchit une nouvelle étape dans le renforcement de son dispositif de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme. À quelques mois d’une évaluation internationale déterminante, les autorités multiplient les initiatives pour démontrer l’efficacité réelle de leur système, au-delà du cadre juridique existant.

    Cette semaine, le Service des renseignements financiers (Samifin) a lancé un exercice d’évaluation simulé avec l’appui technique de l’Union européenne et de SecFin Africa. L’objectif : tester, en conditions quasi réelles, la capacité des institutions nationales à détecter, analyser et traiter les flux financiers suspects. Cette démarche vise à mesurer non seulement la conformité des textes, mais surtout l’efficacité opérationnelle des mécanismes de contrôle, de coopération interinstitutionnelle et de poursuites judiciaires.

    Cet exercice intervient dans la perspective de l’évaluation mutuelle conduite par l’Eastern and Southern Africa Anti-Money Laundering Group (ESAAMLG), organisation régionale affiliée au Groupe d’action financière (GAFI). Le GAFI fixe les standards internationaux en matière de lutte contre le blanchiment et le financement du terrorisme. Un classement défavorable pourrait exposer le pays à un renforcement de la surveillance internationale, compliquant les transactions bancaires et décourageant les investisseurs étrangers.

    Pour Madagascar, l’enjeu est donc stratégique. Le système financier national, composé notamment des banques commerciales, institutions de microfinance, compagnies d’assurance et acteurs du mobile money, doit démontrer sa capacité à appliquer les obligations de vigilance, à signaler les opérations suspectes et à coopérer avec les autorités. Ces dernières années, plusieurs réformes ont été engagées, dont l’actualisation du cadre légal et le renforcement des sanctions pénales liées aux infractions financières.

    L’évaluation simulée permettra d’identifier les failles éventuelles : insuffisance de coordination, manque de ressources humaines spécialisées, retards dans le traitement des dossiers ou faiblesse des condamnations judiciaires. Les conclusions serviront de feuille de route pour corriger les insuffisances avant l’examen officiel prévu en juillet prochain.

    Au-delà de la conformité technique, Madagascar cherche à préserver sa crédibilité sur la scène financière internationale. Une bonne performance lors de cette évaluation pourrait faciliter l’accès aux financements extérieurs, sécuriser les relations bancaires correspondantes et renforcer la confiance des partenaires économiques.