Auteur/autrice : Mandimbisoa R.

  • Cyclone Gezani : un vaste élan de solidarité se met en place pour Toamasina

    Cyclone Gezani : un vaste élan de solidarité se met en place pour Toamasina

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    Face à la situation catastrophique qui frappe l’est u pays notamment la ville de Toamasina, après le passage dévastateur du cyclone Gezani, un élan de solidarité nationale et internationale s’organise. Les images de quartiers inondés, d’habitations détruites et de familles déplacées ont profondément marqué l’opinion publique. Très vite, l’appel à l’aide lancé par les autorités ont trouvé un écho favorable. Des personnalités politiques influentes, parmi lesquelles les anciens présidents Marc Ravalomanana et Andry Rajoelina, ont également relayé cet appel, contribuant à amplifier la mobilisation.

    Dans la capitale, la réaction ne s’est pas fait attendre. Les natifs de Toamasina ont installé un point de collecte de dons à Anosy, devenu en quelques heures un lieu de rassemblement et de solidarité. Vêtements, denrées alimentaires, produits d’hygiène et contributions financières affluent pour venir en aide aux sinistrés. La Commune urbaine d’Antananarivo a, de son côté, mis en place un autre point de collecte devant l’Hôtel de Ville à Analakely, invitant les habitants de la capitale à participer à cet effort national.

    Parallèlement, les opérateurs téléphoniques, en coordination avec le Bureau national de gestion des risques et des catastrophes (BNGRC), ont ouvert des numéros de « mobile money » dédiés. Ces dispositifs permettent aux citoyens d’effectuer rapidement des transferts d’argent pour soutenir les victimes de Gezani à Toamasina et dans ses environs. Une initiative saluée pour sa rapidité et son accessibilité, facilitant la contribution de chacun, même à distance.

    La diaspora malgache n’est pas en reste. À l’étranger, plusieurs cagnottes en ligne, notamment via des plateformes comme Leetchi, ont été lancées. En quelques jours, plus de 7000 euros ont été collectés. Les réseaux sociaux jouent un rôle central dans cette mobilisation, permettant de relayer les appels et de sensibiliser un public toujours plus large.

    À La Réunion, la mobilisation s’annonce particulièrement forte. Une action solidaire est organisée ce samedi par plusieurs associations. Cette initiative illustre l’engagement constant de la diaspora réunionnaise, déjà mobilisée lors de précédentes catastrophes.

    Sur le plan international, les partenaires et organisations humanitaires ont également ouvert le robinet de l’aide. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a ainsi mis à disposition 250 000 euros pour soutenir les interventions d’urgence. Le Système des Nations Unies a débloqué une enveloppe globale de 5 millions de dollars via le Fonds central d’intervention d’urgence (CERF), alimenté par les contributions de partenaires internationaux. Sur cette somme, 2 millions de dollars sont destinés à répondre aux conséquences du cyclone Fytia, tandis que les 3 millions restants ont été mobilisés pour des actions anticipatoires avant l’arrivée de Gezani.

    La Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (IFRC) a également annoncé une contribution de 1 million de dollars. Cette aide a été officialisée lors d’une rencontre en Suisse entre le Premier ministre, Chef du Gouvernement, Rajaonarivelo Herintsalama Andriamasy, et Christopher M. Rassi, Chef de cabinet et Sous-Secrétaire général chargé des affaires humanitaires au sein de l’IFRC.

    Alors que les promesses et les dons affluent, une question demeure au cœur des préoccupations : celle de la transparence dans la gestion de ces fonds et de l’efficacité de leur déploiement sur le terrain. Dans un contexte où les besoins sont immenses et urgents, la coordination entre les autorités, les partenaires internationaux et la société civile sera déterminante pour transformer cet élan de solidarité en actions concrètes et durables au bénéfice des sinistrés de Toamasina.

  • L’aéroport de Toamasina rouvre, la circulation reprend progressivement sur la RN2

    L’aéroport de Toamasina rouvre, la circulation reprend progressivement sur la RN2

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    Quelques jours après le passage du puissant cyclone Gezani, la reprise s’organise progressivement à Toamasina. Les autorités annoncent la réouverture de l’aéroport international d’Ambalamanasy-Toamasina ainsi que le rétablissement graduel du trafic routier sur la Route nationale 2 (RN2), axe stratégique reliant Antananarivo à la capitale économique de l’Est.

    L’aéroport international d’Ambalamanasy a officiellement rouvert ses portes à la suite des importants travaux de remise en état menés après le passage du cyclone. La piste a été entièrement dégagée et sécurisée, permettant la reprise des opérations aériennes. L’Agence pour la sécurité de la navigation aérienne en Afrique et à Madagascar (ASECNA) a également repris ses activités, rendant à nouveau possibles les vols commerciaux et humanitaires. Cette réouverture est nécessaire à la mobilité des passagers et l’acheminement rapide des aides d’urgence vers les zones sinistrées.

    Dès les premières heures suivant la catastrophe, le ministère des Transports et de la Météorologie (MTM) a activé son plan d’urgence pour rétablir progressivement l’ensemble des réseaux de transport affectés, qu’ils soient terrestres, maritimes, fluviaux ou aériens. Le ministre des Transports et de la Météorologie, Juste Crescent Raharisone, s’est rendu à Toamasina aux côtés du président de la Refondation pour superviser les opérations d’urgence.

    La circulation reprend de manière graduelle sur la RN2, principal corridor reliant Antananarivo à Toamasina. Les départs depuis les deux villes ont recommencé, bien que les autorités appellent à la plus grande vigilance, certaines portions pouvant encore présenter des fragilités ou des risques résiduels liés aux intempéries. Le ministère exhorte par ailleurs les usagers à respecter strictement les consignes des forces de l’ordre et des responsables chargés de la régulation du trafic.

    En parallèle, les travaux de réhabilitation se poursuivent sur les infrastructures ferroviaires ainsi que sur les installations portuaires et fluviales. La remise en marche des transports représente un enjeu économique et humanitaire majeur.

  • Intempéries : l’état de sinistre national déclaré

    Intempéries : l’état de sinistre national déclaré

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    L’état de sinistre national a été décrété hier en conseil des ministres face à l’ampleur des destructions causées par les cyclones tropicaux successifs Gezani et Fytia.

    Les dégâts recensés suite au passage du cyclone Gezani sont particulièrement lourds à Toamasina. Des infrastructures publiques ont été détruites, de nombreuses habitations endommagées, des digues ont cédé, plusieurs routes sont coupées et des rizières inondées. Les écoles et les établissements de santé figurent parmi les bâtiments touchés. Les autorités soulignent par ailleurs que le niveau de risque demeure élevé, notamment en raison des inondations persistantes, des fortes houles, des glissements de terrain et des effondrements d’habitations.

    Le bilan provisoire publié par le Bureau national de gestion des risques et des catastrophes (BNGRC) fait état de lourdes pertes dans les régions d’Atsinanana, Analamanga, Analanjirofo et Alaotra Mangoro. Au total, 31 décès ont été enregistrés, dont 29 à Toamasina II et 2 à Ambatondrazaka. Quatre personnes sont portées disparues et 36 autres ont été blessées. Le nombre de sinistrés s’élève à 250 406 personnes, parmi lesquelles 68 406 ont été déplacées. Actuellement, 6 870 personnes, représentant 1 743 ménages, sont hébergées dans 28 sites d’accueil opérationnels répartis dans 16 districts au sein des quatre régions touchées.

    Le colonel Michaël Randrianarina, qui se trouve à Toamasina, depuis quelques jours, a fait état d’une destruction de la ville à plus de 75%. Face à cette situation, les autorités ont lancé un appel à la solidarité nationale et à l’assistance internationale afin de soutenir les efforts de secours, de reconstruction et de réhabilitation.

    La proclamation de l’état d’urgence vise avant tout à renforcer l’efficacité de la réponse publique. Elle permet d’organiser plus efficacement les secours et la coordination des interventions, de mobiliser des moyens civils et militaires supplémentaires et d’adopter rapidement des mesures exceptionnelles destinées à protéger les populations et les biens.

    Ces mesures peuvent inclure, des restrictions de circulation, la limitation de l’accès à certaines zones à risque ou encore la réquisition de services essentiels tels que les transports, l’énergie ou les structures de santé et même à l’instauration du couvre-feu.

    L’état d’urgence national est régi par un cadre légal précis, prévu par la Constitution malgache et encadré principalement par la loi organique n° 91-011 du 18 juillet 1991 relative aux situations d’exception. Cette loi définit les conditions de sa proclamation, notamment en cas de calamité publique, ainsi que les pouvoirs exceptionnels pouvant être exercés. L’état d’urgence est initialement limité à une durée de quinze (15) jours, renouvelable selon les formes légales prévues.

    Même dans ce contexte exceptionnel, les mesures adoptées doivent demeurer proportionnées à la gravité de la situation et strictement liées aux circonstances. Le respect du principe de légalité et des droits fondamentaux reste une exigence, y compris en période d’urgence.

  • Cyclone Gezani : l’OMS débloque 250 000 dollars d’aide d’urgence

    Cyclone Gezani : l’OMS débloque 250 000 dollars d’aide d’urgence

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    Face aux lourdes conséquences du cyclone Gezani qui a frappé plusieurs régions, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a annoncé l’octroi d’un appui financier d’urgence de 250 000 dollars américains.

    Ce financement, qualifié de fonds catalytique, vise à permettre une réponse sanitaire rapide dans les zones touchées. Il servira principalement à l’achat immédiat de médicaments essentiels et de matériels médicaux afin de faire face aux besoins urgents des populations sinistrées. Les autorités sanitaires redoutent notamment une recrudescence des maladies liées aux inondations et aux conditions d’hygiène précaires.

    Au-delà de cette première enveloppe, une mobilisation plus large de ressources est en préparation. L’OMS travaille en collaboration avec l’OCHA (Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies) pour organiser une réponse humanitaire coordonnée. L’objectif est de mobiliser davantage de partenaires et de bailleurs de fonds internationaux afin d’assurer une aide cohérente et efficace.

    L’OCHA aura pour mission de coordonner les différents acteurs humanitaires et de veiller à la bonne répartition des appuis en fonction des besoins prioritaires. Cette coordination est jugée essentielle pour renforcer les efforts de relèvement et accompagner les autorités malgaches dans la gestion des conséquences sanitaires et humanitaires du cyclone.

    Alors que les dégâts humains et matériels restent importants, ce soutien international constitue un premier levier pour accélérer la prise en charge des urgences et soutenir les populations affectées.

  • Cyclone Gezani : Toamasina dévastée, au moins deux morts et d’importants dégâts

    Cyclone Gezani : Toamasina dévastée, au moins deux morts et d’importants dégâts

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    Le cyclone tropical intense GEZANI a frappé de plein fouet la ville de Toamasina mardi soir, plongeant la capitale économique de la côte Est dans une nuit de terreur. Au moins deux personnes auraient trouvé la mort, dont un enfant de trois ans décédé à la suite de l’effondrement d’une maison. Un tireur de pousse-pousse figure également parmi les victimes signalées par des riverains.

    Jusqu’ici, le Bureau national de gestion des risques et des catastrophes (BNGRC) n’a pas encore publié de bilan officiel. L’unique communication remonte à environ 13 heures, en début de soirée mardi, peu après que le cyclone a touché terre vers 19h30, au stade de cyclone tropical intense. Dans ce communiqué, le BNGRC faisait état d’inondations, principalement dans les rues, provoquées par les fortes pluies, d’habitations effondrées, d’arbres et de branches arrachés ainsi que d’une coupure totale d’électricité dans plusieurs quartiers.

    Les images diffusées par des particuliers sur les réseaux sociaux témoignent de l’ampleur des dégâts. Toitures arrachées, clôtures renversées, façades éventrées : les vidéos montrent une ville balayée par des vents d’une rare violence. De nombreux habitants décrivent une scène de désolation totale au petit matin.

    Les premières intempéries ont commencé à se faire sentir dès 10 heures mardi, avec des pluies intermittentes et des rafales de vent. Mais à partir de midi, la situation s’est nettement aggravée. Le vent ne s’est plus interrompu, gagnant progressivement en intensité jusqu’à devenir insupportable en fin d’après-midi. « La terreur a commencé vers 17h », confie un habitant du centre-ville. «  Les rues étaient déjà vides, à part quelques aventuriers qui semblaient bien connaître les risques. »

    Les rafales ont atteint des vitesses impressionnantes. Selon les données disponibles, GEZANI a apporté des vents soutenus pouvant atteindre 180 km/h, avec des rafales estimées jusqu’à 250 km/h. La ville s’est retrouvée dans l’œil du cyclone après 20h30, offrant un court répit avant que les vents ne reprennent brièvement.

    Pour se parer à toutes éventualités, les écoles sont fermées pour cette journée dans plusieurs districts placés en vigilance rouge. Pour la région Analamanga, ce mercredi est déclaré chômé pour les travailleurs.

    Néanmoins, depuis 4 heures du matin, des bus et des voitures particulières circulent dans le centre-ville d’Antananarivo, bien qu’ils se fassent rares. Les piétons sont également visibles dans les rues. Dans plusieurs quartiers, les épiceries ont ouvert leurs portes, signe d’une reprise timide malgré la vigilance rouge toujours en vigueur.

  • Corruption : Madagascar en recul dans l’IPC 2025, un sursaut urgent s’impose

    Corruption : Madagascar en recul dans l’IPC 2025, un sursaut urgent s’impose

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    Recul. Le mot résume à lui seul la situation de Madagascar dans l’Indice de perception de la corruption (IPC) 2025. Présentés ce mardi 10 février 2026 à Antananarivo par Transparency International – Initiative Madagascar (TI-MG), les résultats de cet indicateur mondial de référence montrent une dégradation de la position de la Grande Île. Avec un score de 25 sur 100 et un classement de 148 ? sur 182 pays et territoires, le pays confirme la persistance de défis majeurs en matière de gouvernance, de transparence et d’intégrité publique.

    L’IPC, établi à partir de plusieurs sources de données internationales, mesure la perception de la corruption dans le secteur public sur une échelle allant de 0 (hautement corrompu) à 100 (très intègre). Pour Madagascar, la stagnation autour de la barre des 25 à 26 points ces dernières années laisse place en 2025 à un recul qui vient renforcer le constat d’une corruption perçue comme structurelle et systémique.

    Selon TI-MG, cette situation s’explique notamment par un affaiblissement de l’État de droit et de l’indépendance de la justice. Les mécanismes de contrôle apparaissent fragilisés et l’espace civique demeure sous pression. L’organisation met également en avant la dégradation de la qualité démocratique, illustrée par le score V-Dem de Madagascar, passé de 21 en 2023 à 18 en 2025. Cette évolution traduit un recul des standards démocratiques et une concentration accrue du pouvoir.

    Les données internationales soulignent par ailleurs une tendance à l’autocratisation, classant Madagascar parmi les « autocraties électorales ». Une telle catégorisation fait peser des risques accrus sur la liberté des médias, la participation citoyenne et la redevabilité publique. Dans ce contexte, la corruption ne peut être dissociée des dynamiques politiques et institutionnelles qui façonnent la gouvernance du pays.

    Au-delà des chiffres, TI-MG insiste sur les conséquences concrètes de la corruption pour la population. Les dysfonctionnements dans la gestion des ressources publiques affectent directement la qualité des services essentiels, notamment dans les domaines de la santé, de l’éducation et de la justice. Les populations les plus vulnérables en subissent les impacts les plus lourds, tandis que la confiance des citoyens envers les institutions s’érode.

    Face à ce constat préoccupant, l’organisation formule plusieurs recommandations. Elle appelle à renforcer l’indépendance de la justice et des institutions de contrôle, à garantir l’accès à l’information publique et à protéger efficacement les lanceurs d’alerte. Elle préconise également une transparence accrue dans les marchés publics et le secteur extractif, la préservation de l’espace civique et de la liberté des médias, ainsi qu’une cohérence réelle entre les engagements publics et les actions concrètes.

    Pour Transparency International – Initiative Madagascar, la publication de l’IPC 2025 constitue un moment clé de réflexion collective sur la qualité de la démocratie et la responsabilité des acteurs publics. «  La lutte contre la corruption est une responsabilité collective », rappelle l’organisation. Dans un contexte de recul, le défi est désormais de transformer ce signal d’alerte en réformes concrètes capables de restaurer la confiance et de renforcer durablement l’intégrité publique à Madagascar.

  • La présidence dément l’existence d’un mandat d’arrêt contre le colonel Patrick Rakotomamonjy

    La présidence dément l’existence d’un mandat d’arrêt contre le colonel Patrick Rakotomamonjy

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    La présidence de la Refondation de la République a opposé un démenti aux déclarations récentes du colonel Patrick Rakotomamonjy. Interrogé sur l’existence présumée d’un mandat d’arrêt, le colonel Michaël Randrianirina a déclaré qu’aucun mandat n’a jamais été émis à l’encontre ni sur le territoire national ou à l’étranger. Il dit s’étonner de ces affirmations et affirme s’interroger sur l’origine d’une telle information.

    Cette mise au point intervient après une sortie médiatique remarquée du colonel Patrick Rakotomamonjy, ancien directeur des doléances auprès de la présidence, limogé récemment. Figure connue pour ses prises de position virulentes sur les réseaux sociaux, notamment contre l’homme d’affaires Mamy Ravatomanga, l’officier avait déjà été contraint à l’exil sous l’ancien régime, après avoir dénoncé des pratiques qu’il jugeait répréhensibles.

    Dans une déclaration rendue publique dimanche dernier, le colonel Rakotomamonjy a parlé d’une menace d’arrestation contre lui alors qu’il occupait encore ses fonctions, pour une supposée tentative de coup d’État. Il évoque également, dans une vidéo largement relayée, l’existence d’une vaste affaire de corruption et l’infiltration de réseaux mafieux au sein du régime transitoire actuel.

    Se disant en danger, l’ancien directeur des doléances explique avoir été contraint de quitter le pays dans la précipitation, pour la seconde fois.. Une version que les autorités contestent fermement, rejetant toute procédure judiciaire en cours à son encontre.

  • Cyclone Gezani : l’alerte jaune s’étend jusqu’à Analamanga, la capitale sur le qui-vive

    Cyclone Gezani : l’alerte jaune s’étend jusqu’à Analamanga, la capitale sur le qui-vive

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    Le cyclone tropical Gezani s’est nettement renforcé au large de la côte Est malgache. Selon les prévisions de Météo Madagascar, le système pourrait toucher terre dans le district de Toamasina II cet après-midi ou dans la nuit, en atteignant le stade de cyclone tropical intense, avec des rafales annoncées autour de 250 km/h. À 03 h locales, son centre était positionné à environ 290 km à l’Est de Toamasina, avec un vent moyen estimé à 150 km/h et des rafales autour de 210 km/h, tout en se déplaçant vers l’Ouest à près de 17 km/h.

    Si la menace immédiate paraît d’abord côtière, la carte des risques concerne aussi l’intérieur des terres. La région Analamanga figure désormais parmi les zones placées en alerte jaune. Cette alerte signifie que le cyclone menace la localité mais le danger n’est pas immédiat. Elle appelle la population à une vigilance renforcée, à suivre en continu les informations officielles et à prendre des dispositions pratiques (réserves, sécurisation des habitations, préparation aux perturbations).

    Les services météorologiques préviennent que Gezani peut générer des cumuls importants de pluies, de l’ordre de 100 à 150 mm en 24 h sur les zones affectées, avec un risque accru d’inondations, de crues rapides et de glissements de terrain. Dans une région urbaine dense comme Analamanga, cette combinaison pluie, saturation des sols, ruissellement rapide peut suffire à provoquer des dégâts majeurs, même si le cyclone perd en intensité en progressant dans les terres.

    Dans le sud-ouest de l’océan Indien, on parle de cyclone tropical intense lorsque les vents moyens (sur 10 minutes) atteignent environ 166 à 212 km/h, et de cyclone tropical très intense au-delà. Cela explique pourquoi l’intensification attendue à l’approche de la côte Est est prise très au sérieux.

    A quelques détails près, Gezani est comparable à des cyclones comme Giovanna (2012) qui a été associé à des vents pouvant atteindre 195 km/h et des rafales autour de 230 km/h, ou encore Enawo (2017), un cyclone de catégorie 4 avec des vents indiqués autour de 205–230 km/h ou encore Gafilo (2004) un cyclone de catégorie 5, pression minimale 895 hPa et vents maximaux rapportés à 263 km/h.

  • Les autorités dénoncent une atteinte à la souveraineté nationale

    Les autorités dénoncent une atteinte à la souveraineté nationale

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    Quatre mois après avoir quitté Madagascar dans un contexte de crise politique majeure, Andry Rajoelina refait surface sur la scène régionale. L’ancien chef de l’État malgache s’est rendu à Eswatini avec sa famille, où il a été reçu vendredi au palais royal de Lozitha par le roi Mswati III. Une rencontre hautement symbolique, à forte portée diplomatique, qui marque une reprise offensive de l’ex-président, décidé à internationaliser son éviction du pouvoir.

    La réaction des autorités malgaches ne s’est pas fait attendre. Dans un long communiqué de presse diffusé samedi soir, la Présidence de la Refondation de la République de Madagascar a exprimé une condamnation ferme de l’accueil officiel réservé à Andry Rajoelina par le royaume d’Eswatini. Pour le pouvoir en place, ce geste constitue une atteinte grave à la souveraineté nationale et une tentative de déstabilisation politique, alors que le pays, avec l’accompagnement de la SADC, s’est engagé dans un processus de retour à l’ordre constitutionnel. Madagascar n’a nullement besoin d’initiatives extérieures susceptibles de fragiliser un cheminement déjà jugé sensible, souligne le communiqué.

    De son côté, le souverain d’Eswatini, également président entrant de la Troïka de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) en charge de la politique, de la défense et de la sécurité, a placé cet entretien sous le sceau du rétablissement de l’ordre constitutionnel à Madagascar. Dans un communiqué officiel lu par la vice-première ministre Thulisile Dlala, le palais de Lozitha a adopté une position tranchée : Andry Rajoelina y est présenté comme le vainqueur de l’élection présidentielle de décembre 2023, un scrutin décrit comme crédible par les observateurs et participants.

    Selon le roi Mswati III, l’ancien président a été écarté du pouvoir par des mécanismes jugés contraires à la Constitution. Le souverain swati estime que les développements récents à Madagascar s’inscrivent en rupture avec les principes défendus par les Nations unies, l’Union africaine et la SADC, notamment en matière de respect de l’ordre constitutionnel et de rejet des changements de régime non conformes aux règles démocratiques.

    Le roi Mswati III explique avoir souhaité entendre directement Andry Rajoelina afin de se forger une appréciation complète de la situation sur la Grande Île. Il invoque un protocole de la SADC stipulant que tout chef d’État renversé en dehors du cadre constitutionnel doit pouvoir présenter sa version des faits. Le roi précise avoir agi après consultation des responsables de la Troïka et du président par intérim de l’organisation régionale, conformément aux procédures en vigueur.

    Antananarivo affirme que cette réception est vécue par une large partie de la population comme une offense à la mémoire des victimes des événements tragiques de septembre et octobre 2025, qui ont coûté la vie à plusieurs personnes. Ces épisodes sanglants demeurent une plaie ouverte dans la conscience nationale et sont indissociables du rejet populaire qui a conduit à la chute de l’ancien régime, rapporte le communiqué.

    Le communiqué précise qu’Andry Rajoelina ne dispose plus de la nationalité malgache, l’ayant perdue à la suite d’un choix volontaire d’une autre nationalité, ce qui rend toute tentative de le présenter comme une figure représentative ou légitime du pays juridiquement infondée et politiquement inacceptable.

    Enfin, les autorités en place affirment rester fermement attachées à la défense de sa souveraineté, de la dignité de son peuple et du respect dû à la mémoire des victimes. Aucune considération diplomatique ou protocolaire, conclut le communiqué, ne saurait prévaloir sur ces principes fondamentaux.

  • Incendie au ministère de l’intérieur et de la décentralisation à Anosy

    Incendie au ministère de l’intérieur et de la décentralisation à Anosy

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    Un pan du bâtiment emblématique du ministère de l’Intérieur et de décentralisation, communément appelé « patte d’éléphant », a été ravagé par les flammes samedi après-midi.

    Plusieurs bureaux entre le septième étage et le huitième étage sont détruits, notamment les bureaux de la Direction générale de l’Intérieur et à la Police nationale chargée de l’armement et de la sécurité où sont abrités d’importants dossiers.

    D’après les explications du ministre de l’intérieur, Hanitra Velonjara Tiaray Rakotonandrasana, le feu s’est propagé rapidement sous l’effet du vent. Les difficultés d’intervention étaient liées au fait que l’incendie s’est déclaré à un étage supérieur. L’incendie a été toutefois maîtrisé au bout de deux heures. Une enquête est ouverte pour déterminer l’origine du feu.

    Très vite, un mot s’est imposé dans les discussions feutrées comme dans les débats publics après cette incendie : dossiers. Pour plusieurs observateurs, l’incendie ne serait pas un simple accident, mais un acte délibéré visant à faire disparaître des documents sensibles, dans un ministère dont le rôle est central dans l’architecture administrative et sécuritaire du pays.

    Mais au-delà de l’hypothèse criminelle, une autre lecture émerge : celle d’un possible acte de déstabilisation politique. Car l’incendie intervient dans un contexte déjà chargé, marqué par une succession d’événements qui ont secoué le microcosme politique malgache ces dernières semaines.