Auteur/autrice : Mandimbisoa R.

  • Reprise de la délivrance des permis après 16 ans de suspension

    Reprise de la délivrance des permis après 16 ans de suspension

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    Après seize années de suspension, Madagascar a officiellement rouvert la délivrance des permis miniers, une décision majeure pour le secteur des ressources naturelles. Validée en Conseil des ministres, cette relance a été confirmée par le ministère en charge des Mines, qui annonce une reprise progressive et encadrée, dans un contexte où les attentes économiques demeurent fortes.

    Selon les autorités, cette réouverture concerne en premier les dossiers déposés avant la suspension et restés en attente. Environ 3000 demandes sont concernées. La Direction générale des Mines précise que leur traitement se fera suivant le principe de premier venu, premier servi, afin de respecter l’ordre de dépôt initial. Les demandeurs dont les dossiers étaient bloqués peuvent désormais les compléter ou les mettre à jour, pour se conformer aux nouvelles exigences prévues par la législation.

    « Les 3000 dossiers ne pourront pas être traités en une seule journée », a indiqué la Direction générale des Mines, rappelant que l’examen et l’instruction des demandes s’effectueront progressivement. Toutefois, l’administration assure que ce travail fait partie de ses missions quotidiennes et qu’aucune limite n’a été fixée quant au nombre de dossiers pouvant être étudiés. Les responsables affirment vouloir conduire l’ensemble du processus dans la transparence, conformément aux principes de bonne gouvernance.

    Le secrétaire général du ministère, Rasamimanana Georges, explique que cette levée de suspension est le résultat d’un travail de réorganisation et d’une analyse approfondie menée au sein du secteur. La mise en place du nouveau Code minier et de ses textes d’application a notamment permis, selon lui, de réunir les conditions nécessaires pour relancer la délivrance des permis miniers. « Ce n’est pas une nouveauté, mais une étape de correction. Toutes les conditions légales et techniques sont déjà remplies », si on en croit ses dires.

    Le délai moyen de traitement d’un dossier est estimé à environ 60 jours entre le dépôt d’un dossier et la délivrance effective du permis minier. En revanche, les nouvelles demandes ne seront pas encore acceptées immédiatement. Le ministère prévoit de finaliser le nouveau dispositif, incluant des actions de formation à destination des acteurs souhaitant intégrer le secteur.

    Le gouvernement affirme vouloir encourager l’émergence de grands projets miniers, tout en veillant à préserver les intérêts nationaux et à garantir des retombées positives pour les Malgaches. Cette réouverture, très attendue, relance ainsi les débats sur l’exploitation des ressources, la régulation et le développement durable.

  • Union Africaine : Madagascar reste suspendu

    Union Africaine : Madagascar reste suspendu

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    Le colonel Michaël Randrianirina, président de la Refondation, a reçu dimanche à Antananarivo l’envoyé spécial de l’Union africaine (UA), Mohamed Idriss Farah, au terme d’une semaine de consultations menées auprès des forces politiques et des représentants de la société civile.

    L’émissaire a confirmé la volonté de l’Union africaine de rester engagée aux côtés de Madagascar durant la période de transition annoncée pour une durée de 24 mois, en cohérence avec les recommandations du Conseil de paix et de sécurité de l’organisation. Cette marque de soutien ne signifie toutefois pas un retour immédiat à la normale sur le plan institutionnel. Mohamed Idriss Farah a rappelé que Madagascar reste suspendu des instances de l’Union africaine depuis la chute d’Andry Rajoelina en octobre. Le pays ne pourra pas ainsi participer au prochain sommet de l’UA. Une position qui maintient la pression diplomatique tout en laissant ouverte la perspective d’un rétablissement progressif.

    L’UA plaide pour une approche d’accompagnement et encourage les partenaires extérieurs à soutenir la trajectoire de transition, dans l’objectif de stabiliser durablement le pays et de consolider les étapes à venir. La délégation de l’UA affirme que des discussions ont été engagées avec la communauté internationale afin d’obtenir un assouplissement des sanctions.

    En octobre, le Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l’Union africaine (UA) a suspendu Madagascar de toutes ses activités, invoquant un changement de gouvernement inconstitutionnel. Il a appelé à un retour rapide à l’ordre constitutionnel par une transition et des élections inclusives menées par des civils. À l’inverse, la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) a opté pour une approche plus conciliante en annonçant l’envoi d’un panel des anciens et le groupe de référence pour la médiation de l’organisation comme office de médiateurs.

    Première institution internationale à condamner Madagascar après le changement institutionnel, l’UA semble aujourd’hui chercher un équilibre entre fermeté politique et soutien à la sortie de crise.

  • Cyclone Fytia : 3 décès, 1 disparu, 5 blessés et près de 28 000 sinistrés

    Cyclone Fytia : 3 décès, 1 disparu, 5 blessés et près de 28 000 sinistrés

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    Le cyclone tropical Fytia laisse un bilan lourd derrière lui. Trois décès, un disparu et cinq blessés ont été enregistrés selon le dernier bilan. Des milliers de personnes se retrouvent confrontés à des dégâts matériels conséquents.

    D’après les données communiquées par le Bureau National de Gestion des Risques et des Catastrophes (BNGRC), le cyclone a touché plusieurs zones du pays, causant des dégâts dans cinq régions : Analamanga, Boeny, Betsiboka, Melaky et Sofia. Au total, 24 districts ont été recensés comme fortement affectés par cet épisode cyclonique. Les premières évaluations indiquent près de 28.000 sinistrés impactées par les vents violents, les pluies intenses et les inondations.

    Près de 8400 personnes sont déplacées, contraintes de quitter leurs habitations en raison des montées des eaux et des dommages subis par leur habitations. Sur le plan matériel, le BNGRC recense 6 139 maisons inondées, 104 maisons endommagées et 813 maisons totalement détruites. Ces chiffres témoignent de l’intensité du phénomène et de la vulnérabilité de certaines localités face aux catastrophes naturelles, notamment dans les zones exposées aux crues et aux débordements.

    Les dispositifs d’accueil ont été renforcés pour répondre aux besoins de la population. Des sites d’hébergement temporaires sont installés. En parallèle, des bâtiments publics et parfois privés sont réquisitionnés pour loger les sinistrés. Des logements supplémentaires restent en cours d’aménagement.

  • Cyclone Fytia : alerte maximale sur l’Ouest et fortes inondations à Mahajanga

    Cyclone Fytia : alerte maximale sur l’Ouest et fortes inondations à Mahajanga

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    Le cyclone tropical Fytia a touché terre ce samedi 31 janvier 2026 aux alentours de 04h30, dans le district de Soalala, selon un avis spécial publié à 05h00 par Météo Madagascar. Le système s’accompagne de vents soutenus estimés à 150 km/h, avec des rafales pouvant atteindre 210 km/h près de son centre. Après son atterrissage, Fytia s’est déplacé vers le sud à sud-est, à une vitesse d’environ 18 km/h, faisant planer une menace importante sur plusieurs régions du pays.

    Dès les premières heures de la journée, la situation météorologique s’est rapidement dégradée. Les régions de Boeny, le nord de Melaky et la partie ouest de Betsiboka sont déjà sous l’emprise de pluies fortes et persistantes, augmentant les risques d’inondations et de dégâts matériels.

    À Mahajanga, chef-lieu de la région Boeny, les impacts sont déjà visibles : plusieurs quartiers se trouvent sous l’eau, inondés depuis hier soir. Face à l’intensification des pluies et aux difficultés de circulation, les autorités ont décidé de suspendre toutes les classes dès l’après-midi du vendredi, par mesure de sécurité.

    En conséquence, les niveaux d’alerte ont été réajustés. L’alerte rouge, correspondant à un danger imminent, concerne désormais Boeny, Melaky, ainsi que les districts de Kandreho et Maevatanana. Une alerte jaune a été émise pour Bongolava, et les districts d’Ankazobe, Anjozorobe et Tsaratanana, tandis qu’une alerte verte (vigilance) reste en vigueur pour Itasy, Alaotra Mangoro et plusieurs districts de la zone Analamanga, dont Antananarivo Renivohitra.

    Les services météorologiques préviennent que Fytia devrait traverser les Hautes Terres, entraînant des cumuls de pluie importants, estimés entre 50 et 150 mm en 24 heures dans de nombreuses localités. Les autorités alertent sur un fort risque de crues, de glissements de terrain, de routes coupées et de montée rapide des eaux.

    Le cyclone pourrait ressortir en mer dimanche matin, du côté de la région Est. En attendant, les usagers de la mer sont appelés à la plus grande prudence : toute sortie est déconseillée entre Analalava et Maintirano, ainsi qu’entre Fenoarivo Atsinanana et Mananjary à partir de cet après-midi. Les populations sont invitées à suivre strictement les consignes officielles.

  • La propagation du Mpox s’accélère, les autorités dépassées par la maladie

    La propagation du Mpox s’accélère, les autorités dépassées par la maladie

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    Depuis le 18 décembre dernier, Madagascar fait face à une progression rapide et préoccupante de l’épidémie de Mpox, une maladie virale contagieuse également connue sous le nom de variole du singe. Au total, 567 cas ont été notifiés, dont 214 cas confirmés en laboratoire, 189 tests négatifs, et 164 cas encore considérés comme suspects, probables ou non confirmés selon le dernier bilan officiel. Les nouvelles données du 29 janvier indiquent 6 cas supplémentaires confirmés et 11 suspects, répartis dans plusieurs régions du pays, notamment Mahajanga (3 cas), Ambalavao, Ifanadiana et Befandriana Avaratra.

    Cette accélération du nombre d’infections montre que Madagascar peine à contenir la dissémination de cette maladie, malgré les efforts constants des autorités sanitaires. La multiplication des cas inquiète particulièrement dans les zones urbaines et périurbaines où la densité de population et les flux humains favorisent la transmission du virus.

    Jusqu’à présent, aucune mortalité liée au Mpox n’a été certes enregistrée dans le pays, ce qui reste un point positif pour les équipes de santé publique, mais seulement 92 patients ont été déclarés guéris, démontrant que la circulation active du virus persiste.

    Consciente de l’ampleur de la situation, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) s’est impliquée aux côtés du gouvernement malgache pour renforcer la réponse nationale face à cette épidémie. Une mission de haut niveau a été déployée récemment pour appuyer la coordination de la riposte, la surveillance épidémiologique, la prise en charge des patients, ainsi que les stratégies de prévention et de communication à l’échelle communautaire ; un signe que l’ampleur de la crise sanitaire dépasse désormais les capacités locales seules.

    Les autorités continuent d’appeler la population à maintenir une vigilance maximale, à respecter les mesures préventives recommandées et à consulter rapidement en cas de symptômes évocateurs. Cependant, tant que la progression du Mpox ne sera pas maîtrisée, Madagascar restera confronté à cette menace grandissante qui met à rude épreuve un système de santé déjà fragilisé.

  • Tension entre le TIM et le pouvoir transitoire : le colonel Michaël Randrianirina répond à Marc Ravalomanana sur la légalité de son pouvoir

    Tension entre le TIM et le pouvoir transitoire : le colonel Michaël Randrianirina répond à Marc Ravalomanana sur la légalité de son pouvoir

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    Le président de la Refondation de la République, le colonel Michael Randrianirina, a réagi aux déclarations de Marc Ravalomanana, qui affirmait la veille que « les dirigeants actuels doivent reconnaître qu’ils ne sont plus dans un cadre légal, car ils sont déjà sortis de la Constitution ». Une sortie médiatique faite dans un contexte diplomatique, alors que le président fondateur du TIM venait d’évoquer ce point lors d’une rencontre avec la SADC, appelant à clarifier le mode de gouvernance du pays et à établir un calendrier précis menant aux prochaines élections.

    Le colonel Randrianirina s’est défendu face à ces propos de l’ancien président. « Qu’il explique en quoi consiste cette sortie de la Constitution, qu’il ne fasse pas d’affirmations gratuites », a-t-il déclaré. Selon lui, l’argument d’une illégalité du pouvoir transitoire ne tient pas, dans la mesure où « toutes les institutions sont présentes » et que le pouvoir actuel découle d’un cadre validé par la Haute Cour Constitutionnelle (HCC).

    Le président de la Refondation insiste sur le rôle central de cette institution, qu’il qualifie de régulatrice : « C’est la HCC, par son pouvoir régulateur, qui nous a donné le pouvoir », affirme-t-il.

    Le colonel Randrianirina renvoie ainsi Marc Ravalomanana vers la HCC, rappelant l’existence d’une décision rendue en novembre qui, selon lui, établit clairement que l’organisation des élections ne pouvait pas se faire en seulement deux mois. Cette décision aurait, d’après le président de la Refondation, permis de dégager le temps nécessaire pour préparer le scrutin. Le régime transitoire se serait ensuite fixé une période de deux ans pour mettre en œuvre un ensemble de réformes majeures, incluant l’organisation de l’élection présidentielle, un référendum sur la Constitution, ainsi qu’une concertation nationale destinée à bâtir les bases de la nouvelle République.

    Les propos de Marc Ravalomanana interviennent toutefois dans un climat politique déjà chargé, alimenté par des rumeurs persistantes autour d’un éventuel projet visant à porter à 75 ans l’âge limite pour se présenter à l’élection présidentielle. Une mesure qui, si elle venait à être adoptée, pourrait exclure de facto l’ancien chef de l’État, aujourd’hui âgé de plus de 75 ans. Dans le même temps, le parti TIM semble déjà engagé dans une dynamique de préparation électorale, se présentant comme un acteur incontournable et un favori potentiel de la prochaine présidentielle.

    Cette séquence révèle une tension grandissante entre le TIM et le pouvoir transitoire, malgré des déclarations antérieures plus conciliantes. Il y a seulement quelques semaines, Marc Ravalomanana a pourtant affirmé que son parti soutenait le régime de transition. Mais depuis, les relations se sont visiblement détériorées. La cheffe de la Région d’Analamanga, Clémence Raharinirina, a récemment attaqué frontalement le TIM, visant également Marc Ravalomanana et son fils Tojo Ravalomanana, qu’elle accuse de ne pas avoir été présent sur le terrain lors du dernier mouvement de contestation qui a conduit à la chute de Rajoelina.

    Du côté du TIM, le sentiment de frustration se renforcerait aussi sur le terrain économique et judiciaire. Le parti reproche à l’État de refuser la réouverture des sociétés liées à Marc Ravalomanana. Il dénonce également l’absence de décision claire de la justice dans le contentieux opposant Tojo Ravalomanana à Harilala Ramanantsoa, maire de la capitale, concernant les dernières élections municipales à Antananarivo.

    Alors que la transition affirme disposer d’une légitimité constitutionnelle validée par la HCC et s’inscrire dans un processus de refondation, l’opposition — y compris des alliés supposés — réclame des garanties, des clarifications et surtout un calendrier électoral crédible. Dans ce bras de fer politique qui s’intensifie, la question de la légalité du pouvoir en place et des règles du jeu électoral semble désormais au cœur du débat national.

  • Remaniement : le gouvernement en phase d’évaluation selon le colonel Randrianirina

    Remaniement : le gouvernement en phase d’évaluation selon le colonel Randrianirina

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    La question d’un éventuel remaniement ministériel continue d’alimenter les débats au sein de l’opinion publique. Interrogé hier à ce sujet, le président de la Refondation de la République, le colonel Michael Randrianirina, a déclaré qu’il est actuellement en train d’évaluer les membres du gouvernement, tout en affirmant que les ministres travaillent et que les actions se poursuivent au sein de l’exécutif.

    Cette prise de parole intervient alors que les rumeurs de changements au sein du gouvernement se multiplient depuis plusieurs semaines. Pour de nombreux observateurs, ces spéculations sont d’autant plus insistantes que le chef de l’État avait, lors de la formation de son équipe gouvernementale vers la fin du mois d’octobre, fixé un délai de deux mois aux ministres pour faire leurs preuves. Or, près de trois mois se sont déjà écoulés depuis cette annonce, ravivant les interrogations sur la suite qui sera donnée à cet engagement présidentiel.

    En octobre, le colonel Randrianirina avait justifié la mise en place du Gouvernement de la Refondation par une concertation préalable avec les forces vives du pays. Il avait alors souligné que les membres du gouvernement disposaient de deux mois pour mettre en œuvre la politique publique à court terme, tout en rappelant que chacun aurait des obligations de résultats et devrait rendre compte de son action. Le président avait été explicite sur ce point : des remplacements seraient effectués pour ceux qui ne parviendraient pas à atteindre les objectifs fixés.

    La lutte contre les dérives au sein de l’administration avait également été mise en avant dès la mise en place de l’exécutif. Le colonel Randrianirina a averti qu’il n’y aurait aucune tolérance envers les responsables publics impliqués dans la corruption ou ceux qui continuent volontairement des pratiques jugées néfastes pour le pays, rappelant que l’intérêt supérieur de la Nation doit primer. L’exigence de résultats ne concernerait pas uniquement les ministres, mais l’ensemble des fonctionnaires, appelant à des progrès visibles et à des résultats concrets dans l’action publique.

    Parmi les consignes marquantes, le président avait aussi lancé un appel à un meilleur accueil des citoyens dans les services publics. Il avait demandé que tous les Malgaches, sans distinction, soient traités avec dignité dans les administrations et les ministères, dénonçant le mépris dans la manière dont certains usagers sont reçus. Il avait appelé au respect des lois en vigueur et à l’instauration d’une collaboration saine et efficace entre l’État et la population.

  • Sénatoriales : controverse autour du feu vert de la HCC, la CENI appelée à fixer un nouveau calendrier

    Sénatoriales : controverse autour du feu vert de la HCC, la CENI appelée à fixer un nouveau calendrier

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    La CENI peut proposer un nouveau calendrier électoral pour les sénatoriales, après le feu vert accordé par la Haute Cour constitutionnelle (HCC), qui a jugé conforme à la Constitution le report sine die du scrutin et renvoyé à l’organe électoral la responsabilité de fixer une nouvelle date, dans un contexte national encore instable.

    Initialement programmées au 11 décembre 2025, les élections sénatoriales n’ont finalement pas eu lieu. La CENI a évoqué une double contrainte : un climat sociopolitique défavorable et l’insuffisance des financements nécessaires à l’organisation du scrutin. Une situation qui a pris une tournure institutionnelle avec l’expiration du mandat des sénateurs le 18 janvier 2026 à minuit, la HCC rappelant que ce mandat unique de cinq ans ne peut être prorogé, au nom du principe d’intangibilité et d’immuabilité des législatures.

    Dans son avis, la Haute juridiction justifie le report par des éléments liés au processus électoral lui-même. Elle relève notamment la suspension de la révision annuelle de la liste électorale, conjuguée à la réforme en cours du système électoral engagée dans le cadre du processus de refondation de la République. Pour la HCC, ces facteurs rendent légitime le report afin de préserver les conditions d’élections « libres, transparentes et crédibles », d’autant que le droit de vote et le droit de se porter candidat, garantis par la Constitution, restent liés à l’inscription sur les listes électorales.

    Mais cette suspension de la liste électorale, décidée par les autorités transitoires, soulève aussi des interrogations. Il s’agit pourtant d’une mission ordinaire de la CENI, généralement enclenchée en décembre et clôturée en mai de l’année suivante. Les autorités expliquent ce gel par la nécessité de structurer la CENI et de modifier les lois électorales pour éviter les gabegies. Toutefois, dans l’opinion, cette mesure peut également être interprétée comme le signe d’une suspension plus large des élections à venir tant que la réforme, voire la restructuration annoncée, ne serait pas réellement effective au sein de l’organe chargé d’organiser les scrutins.

    La particularité des sénatoriales vient aussi de leur nature : il s’agit d’un scrutin réservé aux grands électeurs, composés des membres des collectivités territoriales, à savoir les maires et les conseillers municipaux, auxquels devraient normalement s’ajouter les élus régionaux et provinciaux. Or, ces derniers n’existent pas encore dans les faits, puisque les chefs de régions restent désignés, alors même que la Constitution en vigueur indique une logique différente. Cette réalité nourrit un débat persistant sur la cohérence institutionnelle d’un Sénat censé refléter la représentation territoriale dans un schéma de décentralisation encore inachevé.

    Dans le même temps, la CENI elle-même connaît des changements internes. À la suite d’une démission, un nouveau membre a été intégré : Thierry Ravelonarivo, représentant l’Assemblée nationale au sein de l’institution. Celui-ci est devenu président, remplaçant Arsène Dama, désormais simple conseiller. Une évolution qui pose une question centrale : ce remplacement incarne-t-il la restructuration attendue ou s’agit-il seulement d’un réaménagement administratif, sans transformation profonde du fonctionnement et des garanties de transparence de l’organe électoral ?

    Autre incertitude, et non des moindres : celle des règles du jeu. La réforme annoncée suppose, selon plusieurs observateurs, des amendements des lois électorales. Si les sénatoriales venaient à être relancées sans modification préalable du cadre juridique, le pays pourrait se retrouver à organiser un scrutin sous des textes jugés dépassés ou contestables, ce qui raviverait les critiques et fragiliserait la crédibilité du processus. À l’inverse, si le régime transitoire tarde à réformer, le report pourrait se prolonger, repoussant indéfiniment une élection déjà ajournée.

    Dans ce débat, une lecture politique s’impose également : les sénatoriales étant largement déterminées par les élus municipaux, tout report ou toute modification du cadre électoral pourrait être perçu comme une manœuvre visant à éviter une recomposition institutionnelle défavorable. D’autant que les élus municipaux, qui constituent la base du collège électoral, sont souvent associés à des équilibres hérités de l’ancien pouvoir. Dans ces conditions, le choix de maintenir le statu quo ou de retarder le calendrier pourrait apparaître, pour certains, comme une manière de contrôler l’issue du scrutin à venir.

    Reste enfin la question la plus sensible : celle du vide institutionnel. Le mandat des sénateurs ayant expiré, et aucune prorogation n’étant possible,

    Madagascar se retrouve dans une situation où la représentation sénatoriale est suspendue à une date inconnue. Si la HCC a validé juridiquement le report, elle n’a pas dissipé l’inquiétude liée à la durée de cette transition. Car plus le calendrier tarde à être fixé, plus l’absence d’une chambre haute pleinement opérationnelle risque de peser sur l’équilibre institutionnel et la stabilité politique du pays.

    Dans ce contexte, la décision de la HCC, tout en encadrant légalement le report, place désormais la CENI face à une responsabilité déterminante : proposer un nouveau calendrier crédible, dans un environnement marqué à la fois par la réforme électorale annoncée, les attentes de restructuration de l’organe électoral et l’urgence de combler un vide institutionnel déjà installé.

  • Toaka gasy : la loi sur sa production et sa commercialisation officialisée

    Toaka gasy : la loi sur sa production et sa commercialisation officialisée

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    La production et la commercialisation du toaka gasy viennent de franchir une étape décisive. Dans une décision rendue après contrôle de constitutionnalité, la Haute Cour Constitutionnelle (HCC) a déclaré conforme à la Constitution la loi portant sur la production et la commercialisation de cette boisson alcoolisée traditionnelle sur l’ensemble du territoire national.

    Le texte, adopté par l’Assemblée nationale et le Sénat devait obtenir l’avis de conformité de la juridiction constitutionnelle avant d’entrer en vigueur. Cette loi vise à donner un cadre juridique à une boisson longtemps produite et vendue de manière largement informelle. Le texte définit le toaka gasy comme une « boisson alcoolisée produite selon la pratique traditionnelle malagasy, par la fermentation et/ou la distillation des matières d’origine végétale ou de miel ». En reconnaissant officiellement cette production, l’État entend encadrer à la fois la fabrication, la commercialisation et la distribution, tout en valorisant un savoir-faire ancestral.

    La HCC souligne que le texte touche directement à la sécurité des consommateurs, considérée comme une composante des droits et libertés fondamentaux. Elle rappelle en ce sens que la Constitution consacre le droit de tout individu à la protection de la santé, et que la sécurité sanitaire en constitue un volet essentiel. Pour répondre à cette exigence, la loi prévoit plusieurs mécanismes destinés à limiter les risques liés à la consommation et à la qualité des produits mis sur le marché.

    Parmi les dispositions mises en avant figurent l’instauration d’un système d’autorisation préalable pour produire le toaka gasy, la réglementation des matières premières, la standardisation des procédures de production ainsi que l’imposition de normes sanitaires contrôlées par les autorités relevant du ministère de la Santé publique. La loi fixe une limite au taux d’alcool, plafonné à 44% maximum, afin de renforcer la prévention des risques sanitaires.

    Selon la HCC, ces dispositions permettent de concilier plusieurs principes constitutionnels : la préservation d’un héritage culturel et artisanal, la liberté d’entreprise, mais aussi l’intérêt général et l’ordre public. La Cour rappelle d’ailleurs que l’État garantit la liberté d’entreprise, à condition qu’elle respecte les exigences liées à la santé publique, aux bonnes mœurs, à l’environnement et à la stabilité sociale.

    Au-delà de l’aspect sanitaire, la légalisation du toaka gasy ouvre aussi un nouveau champ économique. En structurant la filière, la loi pourrait permettre une meilleure organisation de la production, encourager l’émergence de producteurs agréés, renforcer la traçabilité, et favoriser la création d’activités génératrices de revenus, notamment dans les zones rurales où la distillation traditionnelle constitue parfois une source importante de subsistance.

    Après la promulgation de cette loi, la commercialisation du toaka gasy sera officiellement autorisée. L’enjeu se situe désormais dans la mise en œuvre concrète des dispositions prévues : délivrance des autorisations, contrôle du respect des normes, encadrement de la distribution et suivi sanitaire, afin que cette commercialisation se traduise sur le terrain par une production mieux maîtrisée et une consommation davantage sécurisée.

  • Vols privés vers Dubaï : le silence de l’ACM face aux interrogations persistantes

    Vols privés vers Dubaï : le silence de l’ACM face aux interrogations persistantes

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    Depuis plusieurs jours, des vols opérés par des jets privés en partance de Madagascar et à destination de Dubaï agitent les réseaux sociaux et alimentent un flot de questions auxquelles l’Aviation Civile de Madagascar (ACM) n’a, pour l’heure, apporté aucune réponse directe. Observés notamment via des plateformes de suivi aérien, ces vols, effectués pour certains de nuit et par des appareils non identifiés, ont rapidement suscité l’attention d’une opinion publique déjà sensible aux questions de transparence et de circulation de richesses stratégiques.

    Face à cette agitation numérique, l’ACM a choisi de rappeler le cadre réglementaire. Dans un communiqué rendu public récemment, l’Autorité a publié la liste des compagnies aériennes officiellement autorisées à opérer des vols de transport aérien public à Madagascar. Madagascar Airlines y apparaît comme l’unique opérateur habilité à assurer des vols réguliers et à la demande à l’intérieur et à l’extérieur du pays. Les vols à la demande peuvent également être réalisés par Madagascar Trans Air, GS Aviation et HFF Travel Airways, tandis que Madagascar Fly Alliance est autorisée uniquement pour des opérations à l’intérieur du territoire national.

    Mais cette mise au point, présentée comme un rappel institutionnel, n’a pas dissipé les interrogations. La société TOA (Tourisme Océan Indien Aviation), associée à l’homme d’affaires Mamy Ravatomanga et régulièrement citée dans l’espace public lorsqu’il est question de jets privés, ne figure pas dans cette liste officielle. Une absence qui, sans constituer en soi une preuve d’irrégularité, renforce néanmoins les questionnements autour des vols récemment observés

    Dans le même temps, l’ACM a diffusé, en début de semaine, un avis au public et aux médias rappelant que toute information relative à la sûreté de l’aviation civile est strictement encadrée par la réglementation et relève exclusivement de sa compétence. Ce message, perçu par certains comme une tentative de restreindre le débat public, a suscité de vives réactions sur les réseaux sociaux, accusant l’Autorité de vouloir imposer le silence là où l’opinion réclame des explications.

    Consciente de la controverse, l’ACM a apporté une clarification mardi soir, précisant que ni le public ni les médias ne sont empêchés de parler de l’aviation en général, qu’il s’agisse des vols, des compagnies ou des aéroports. Elle a toutefois réaffirmé que les informations sensibles liées à la sûreté doivent être diffusées par sa seule Cellule de Communication, afin de garantir la protection des données sensibles et la fiabilité de l’information.

    Cette précision intervient alors que les soupçons persistent. Les vols signalés vers Dubaï ont relancé, sur les réseaux sociaux, des hypothèses de trafic d’or, Dubaï étant régulièrement citée comme l’une des principales destinations de l’or malgache et des réseaux qui l’acheminent. À ce stade, aucune information officielle ne vient étayer ces suppositions. Toutefois, l’absence de communication de l’ACM sur la nature même de ces vols non identifiés continue d’interpeller.

    Car si l’Autorité rappelle avec insistance son rôle central en matière de sûreté de l’aviation civile, elle n’a, jusqu’ici, fourni aucun élément permettant d’éclairer l’opinion sur ces mouvements aériens précis pourtant largement documentés en ligne. Dans un environnement marqué par la circulation rapide de l’information et la défiance envers les institutions, ce silence, même justifié par des impératifs réglementaires, apparaît de plus en plus difficile à soutenir.