Catégorie : Gasigasy
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Le gouvernement malgache confié à Mamitiana Rajaonarison
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Mamitiana Rajaonarison, nouveau Premier ministre (PM) a un cursus impressionnant de technocrate : ancien officier de gendarmerie, administrateur civil de formation, avec un parcours qui l’a fait passer au Bianco avant d’arriver à la tête du Service de renseignement financier en mars 2021. Il a donc un profil d’expert avéré de la lutte anti-corruption, doublé d’une connaissance approfondie des mécanismes et règles de l’administration publique. En outre, il bénéficie d’une bonne réputation de rigueur et d’intégrité, y compris dans le milieu des partenaires techniques et financiers.
Sur le papier, son nom est donc un très bon choix, même si on note toutefois qu’on ne l’a jamais entendu sur les grands dossiers de corruption de l’ère Rajoelina, tels que ceux de Mamy Ravatomanga ou de Romy Voos. Si cette discrétion était un reflet de la prudence d’un courageux mais pas téméraire face aux puissants du monde politique, cela risque de poser problème. Reste à savoir si le mutisme passé du Samfin, Bianco et autre Pôle anti-corruption au sujet de Ravatomanga va continuer à être une pratique sur d’autres sujets. Araka ny fomba mahazatra izay tsy hita izay mahatsara azy. Attention : comme pour les trains, un PDG peut en cacher un autre.
Le PM devra donc faire ses preuves très rapidement sur deux points essentiels. D’une part, démontrer sa crédibilité dans la fin effective de l’impunité pour les copains et les coquins du pouvoir actuel et passé. On peut déjà commencer par une suggestion : punir les fripouilles du système judiciaire qui se sont rendues complices des emprisonnements injustes de Rolly Mercia et d’Iharizaka Rahaingoson, ainsi que les commanditaires. D’autre part, mettre en place un gouvernement qui tirera sa légitimité de la crédibilité des nominations de ministres et de dirigeants d’organismes rattachés, et non de prébendes accordées à des mpitolona dont l’adéquation du profil avec les exigences du poste laisse à désirer.
Cette question de la méritocratie et de la lutte contre l’impunité se pose dans le contexte inquiétant d’un système politico-économique rongé par la corruption. Le PM sera-t-il l’homme de la refondation ou d’un simple replâtrage ?Quelle va être sa marge de manœuvre dans le fragile équilibre qu’il va devoir mettre en place avec les partis politiques et les différentes institutions, à commencer par les officiers de la junte ? Quelle va être sa capacité à développer une nécessaire assise politique tout en affrontant la vénalité dont beaucoup de politiciens ont érigé en vertu cardinale ? Comment va-t-il gérer des finances publiques exsangues pour parer aux urgences et priorités, à commencer par les services de la Jirama ? Quel va être le poids dont il va disposer pour s’imposer face à l’influence des groupes qui phagocytent l’économie du pays ? Même le sujet est un domaine réservé du chef de l’État, comment va-t-il manoeuvrer pour maintenir un équilibre entre les indispensables occidentaux et les appétits pro-russes ?
A priori, le Président de la refondation de la République de Madagascar (PRRM), le colonel Randrianirina, a joué un bon coup sur le jeu politique, reste à savoir quelle sera la suite sur les thèmes évoqués ci-dessus. Il désigne un Premier ministre sur lequel il n’y a pas de suspicion de liens avec Rajoelina et ses forongony. Cela était le cas avec Herintsalama Rajaonarivelo, ce qui l’a empêché dès le départ d’avoir une légitimité devant les mpitolona, par ailleurs amnésiques quant au passé orange de nombreux hiérarques du pouvoir actuel avant qu’ils ne retournent leurs vestes. Le nouveau PM, ancien officier de ce corps, permet également de faire une fleur à la gendarmerie, après les tensions générées par les répressions de septembre et octobre. Enfin, on se félicite également que le PRRM ait résisté à l’ambition prétentieuse de Fanirisoa Ernaivo de se faire désigner pour le seza de Mahazoarivo.
Maintenant, la question à mille balles : la Gen Z a-t-elle été consultée, ou bien faut-il qu’elle s’habitue à voir son avis au rang des quantités négligeables, après que les politiciens l’aient utilisé comme un kleenex à usage unique ?
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Gouvernement : le directeur du SAMIFIN, Mamitiana Rajaonarison, nommé Premier ministre
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Une semaine après la dissolution du gouvernement de Herintsalama Rajaonarivelo, Madagascar connaît désormais le nom de son nouveau chef du gouvernement. Hier soir, lors d’une brève cérémonie tenue au palais d’État d’Iavoloha, le président de la Refondation de la République, le colonel Michaël Randrianirina, a officiellement nommé Mamitiana Rajaonarison, jusqu’ici directeur général du Service de renseignement financier (SAMIFIN), au poste de Premier ministre.
Le nom de Mamitiana Rajaonarison figurait déjà parmi les profils pressentis pour diriger le gouvernement dès le limogeage de son prédécesseur. Il était toutefois en concurrence avec d’autres figures de l’arène politique. Après plusieurs jours de réflexion, le chef de l’État a finalement choisi de faire confiance à l’un de ses anciens camarades de promotion, privilégiant un profil issu de l’appareil administratif et des institutions de sécurité.
Ancien élève du Sekoly miaramilam-pirenena (SEMIPI), Mamitiana Rajaonarison a poursuivi sa formation à l’Académie militaire d’Antsirabe au sein de la 23e promotion, la même que celle du colonel Randrianirina. Tandis que ce dernier a poursuivi sa carrière au sein des Forces armées, le nouveau Premier ministre s’est orienté vers la gendarmerie nationale, avant de compléter sa formation à l’École des officiers de la gendarmerie nationale de Melun, en France, aujourd’hui Académie militaire de la gendarmerie nationale.
Diplômé également de l’École nationale d’administration (ENA) en France, où il s’est distingué parmi les meilleurs de sa promotion, il a intégré le corps des administrateurs civils. Une grande partie de sa carrière s’est ensuite déroulée au Bureau indépendant anti-corruption (Bianco), où il a notamment occupé le poste de directeur territorial pour la province de Toliara, avant d’être nommé à la tête du SAMIFIN.
Lors de la cérémonie, le chef de l’État a déclaré que la droiture du nouveau Premier ministre a été déterminante dans son choix. Il a notamment rappelé un épisode survenu durant la période de transition entre 2009 et 2013, lorsque Mamitiana Rajaonarison, alors officier de gendarmerie, avait choisi de démissionner afin de préserver l’indépendance de ses enquêtes face à une tentative d’ingérence hiérarchique. Pour le président Randrianirina, cette décision témoigne d’une intégrité nécessaire pour conduire les affaires de l’État dans un contexte de refondation.
À l’issue de la cérémonie, Mamitiana Rajaonarison a indiqué que la formation du nouveau gouvernement ne devrait pas tarder, laissant entendre que les consultations sont déjà engagées. Il a également annoncé que la passation de pouvoir avec son prédécesseur devrait se tenir ce lundi, marquant ainsi la transition officielle à la tête du gouvernement. Fort de son expérience dans la lutte contre la corruption et les flux financiers illicites, le nouveau locataire de Mahazoarivo sera particulièrement attendu sur les réformes institutionnelles et la lutte contre l’impunité.
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Antananarivo étouffe sous les ordures
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À Antananarivo, la saleté s’impose désormais dans le paysage urbain. Dans de nombreux quartiers de la capitale, les déchets s’accumulent et les bacs à ordures débordent. Depuis plusieurs jours, le ramassage semble fortement perturbé, laissant apparaître des tas d’ordures le long des rues, sur les trottoirs et parfois même sur la chaussée. L’image de la ville se dégrade rapidement, tandis que les odeurs dégagées par les déchets rendent l’atmosphère difficilement supportable dans plusieurs zones.
La situation est visible dans de nombreux secteurs de la capitale. Des fokontany comme Anosy, Analakely, Andraisoro, Ambodifilao, Besarety, Tsiazotafo, 67Ha, Behoririka, Ankazomanga, Ambohimanarina et Analamahitsy, entre autres, sont touchés par cette accumulation inquiétante de déchets. Dans plusieurs rues, les ordures restent sur place pendant plusieurs jours, attirant insectes et animaux errants, tout en aggravant l’insalubrité de l’environnement urbain.
Outre les problèmes sanitaires évidents, cette situation provoque également des perturbations dans la circulation. Les tas de déchets débordent parfois sur la voie publique, obligeant les automobilistes et les usagers de la route à les contourner. Dans certaines artères très fréquentées, la présence de ces amas d’ordures contribue à ralentir la circulation et accentue le désordre déjà caractéristique du trafic dans la capitale.
Ces perturbations sont liées à la grève des employés de la Société Municipale d’Assainissement (SMA), l’organisme chargé du ramassage des ordures qui réclament leur salaires du mois de février qu’ils n’ont pas encore perçu.
Cette dégradation de la propreté dans la capitale intervient dans un contexte politique particulier. Le Conseil d’État a récemment annulé les résultats des élections municipales à Antananarivo, entraînant la mise à l’écart de la maire Harilala Ramanantsoa et du conseil municipal, en attendant l’organisation d’un nouveau scrutin. Cette décision a ouvert une période d’incertitude dans la gestion de la ville.
Dans ce climat, certains observateurs s’interrogent sur l’origine réelle de la situation actuelle. L’accumulation des déchets est-elle uniquement la conséquence d’un mouvement de grève au sein de la SMA, ou s’inscrit-elle dans un contexte politique plus large ? La question se pose d’autant plus que la possibilité de mettre en place une délégation spéciale (PDS) à la tête de la capitale est évoquée, sans passer immédiatement par des élections municipales. Pendant ce temps, dans les rues d’Antananarivo, les ordures continuent de s’amonceler et la population attend un retour rapide à la normale.
