Catégorie : Non classé

  • CONTRÔLE DE CONSTITUTIONNALITÉ – Feu vert pour le commerce du « Toaka gasy »

    CONTRÔLE DE CONSTITUTIONNALITÉ – Feu vert pour le commerce du « Toaka gasy »

    This post was originally published on this site.

    La Haute Cour constitutionnelle déclare conforme à la Constitution la loi sur la production et la commercialisation du “Toaka gasy”. Elle entrera en vigueur dès sa promulgation par le Chef de l’État.

    Le “Toaka gasy”, dans l’acceptation générale,  est produit de façon artisanale.

    Conforme à la Constitution. C’est la décision de la Haute Cour constitutionnelle (HCC) sur le contrôle de constitutionnalité de la loi relative à la production et au commerce du “Toaka gasy”. Par cette décision, l’institution d’Ambohidahy donne officiellement son feu vert pour la libéralisation de cet alcool traditionnel. Il ne reste plus que l’étape de la promulgation par le Chef de l’État pour que le texte entre en vigueur. Ce qui n’est qu’une formalité.

    Sur leurs comptes Facebook respectifs, les députés élus dans les circonscriptions qui produisent cet alcool traditionnel ont fait part de leur satisfaction quant à la décision de la HCC. Liva Georges Rafanomezantsoa, dit Liva Rason, élu dans le district d’Ambositra, qui a porté et défendu cette loi devant le Parlement, a publié : “Je tiens à féliciter tous les producteurs de Toaka gasy”. Six ans après les premiers débats sur le sujet à l’Assemblée nationale et au Sénat, le “Toaka gasy” n’est donc plus qu’à un pas de la libéralisation.

    C’est Brunelle Razafin- tsiandraofa, ancien député d’Ikongo, qui a été le premier à présenter une proposition de loi pour légaliser la production et le commerce du “Toaka gasy”, en 2020. Des hésitations sur les éventuelles conséquences sociétales et les garanties concernant l’encadrement sanitaire de la production avaient constitué des points de blocage de son adoption, notamment au Sénat.

    Définition

    L’ancien député d’Ikongo avait cependant défendu son initiative par la dimension culturelle du “Toaka gasy”, qui, au même titre que le zébu, “constitue un symbole d’unité culturelle de la population”. Il y a aussi son potentiel économique. La production pouvant créer une chaîne de valeur, depuis les producteurs de matières premières jusqu’à la vente de la boisson alcoolisée. Il y a également la création d’un système de taxes, créant des sources de revenus supplémentaires pour les collectivités territoriales décentralisées et l’État.

    Le député Liva Rason a repris pratiquement les mêmes arguments lorsqu’il a repris la proposition de loi en main pour la défendre devant le Sénat en juin 2025, puis devant ses pairs à la Chambre basse, en décembre. La loi, ayant obtenu le feu vert de la HCC hier, prévoit notamment que le taux d’alcool du “Toaka gasy” à commercialiser ne doit pas dépasser 44 %. Le contrôle préalable à la commercialisation sera assuré par l’Agence de contrôle de la sécurité sanitaire et de la qualité des denrées alimentaires, rattachée au ministère de la Santé publique.

    Chaque producteur doit également disposer d’une autorisation communale préalable, avec des quotas de production précis. Selon la HCC, en standardisant la procédure de production et en édictant des normes sanitaires, la loi “parvient à concilier la préservation du savoir-faire ancestral malgache et la liberté d’entreprise, d’une part, avec l’impératif de sécurité sanitaire et l’ordre public, d’autre part”. Dans sa décision, la Cour d’Ambohidahy définit le “Toaka gasy” comme “une boisson alcoolisée produite selon la pratique traditionnelle malagasy, par la fermentation et/ou la distillation de matières d’origine végétale ou de miel”.

    Garry Fabrice Ranaivoson

  • HOMMAGE – La voix d’Annick Raherimanana s’est tue à jamais

    HOMMAGE – La voix d’Annick Raherimanana s’est tue à jamais

    This post was originally published on this site.

    Une voix, une exigence, un héritage. Ces mots résument ce qu’était Annick Raherimanana pour le journalisme radiophonique à Madagascar. Elle s’est éteinte hier après-midi.

    Annick Raherimanana fait partie des membres fondateurs d’Antsiva Radio.

    Le journalisme malgache, particulièrement le journalisme radiophonique, perd l’une de ses voix les plus marquantes et les plus impactantes. Une voix, une présence et un charisme qui lui ont valu un titre international de meilleure voix-off radiophonique en 2009. Comme le souligne Ismaël Razafinarivo, directeur de publication d’Antsiva Radio, « Annick Raherimanana n’était pas seulement une voix reconnaissable entre mille. Elle était une conscience professionnelle, une école de rigueur et un modèle de courage et de détermination pour plusieurs générations de journalistes ».

    « Elle était particulièrement à cheval sur la précision dans le traitement de l’information et sur la ponctualité », ajoute Ismaël Razafinarivo. Sa carrière dans le journalisme débute en 1994, au moment où Antsiva commence à peine à prendre forme. Elle fait partie des membres fondateurs de cette aventure radiophonique appelée à devenir une référence. Vers l’an 2000, elle accède au poste de rédactrice en chef.

    Audacieuse

    En 2003, Annick Raherimanana s’éloigne brièvement d’Antsiva pour une nouvelle aventure radiophonique à la radio Fréquence Plus. Parallèlement, elle tente une brève expérience télévisuelle en tant que coproductrice d’émission. À partir du 8 mars 2003, elle rejoint la famille de la presse écrite en intégrant la rédaction de La Gazette de la Grande Île, tout en poursuivant ses activités à la radio et à la télévision. Elle y anime notamment la rubrique économique en malgache, « Zoro toe-karena ».

    En août 2008, Annick Raherimanana retourne à Antsiva Radio comme rédactrice en chef, avant d’être nommée administratrice déléguée en 2010, fonction qu’elle occupera jusqu’à son décès. Analyste avisée, éditorialiste respectée, conceptrice d’émissions comme Ny Marina, qu’elle co-réalise, Annick Raherimanana laisse son empreinte sur l’ensemble des programmes d’Antsiva. Chaque émission portait sa marque : une exigence absolue de vérité, une rigueur lexicale sans concession, le respect des noms, des titres, des faits et des horaires.

    « Rigoureuse, parfois redoutée, elle ne transigeait jamais avec le professionnalisme. Audacieuse, elle n’hésitait pas à affronter qui que ce soit, quel que soit le statut, dès lors que le débat d’idées et la recherche de l’information l’exigeaient », témoigne Ismaël Razafinarivo. Formatrice dans l’âme, elle a façonné et inspiré de nombreux journalistes, dont certains sont devenus de grandes figures de la scène politique.

    Garry Fabrice Ranaivoson

  • ACCORD COMMERCIAL – Perspective d’un report d’un an pour l’Agoa

    ACCORD COMMERCIAL – Perspective d’un report d’un an pour l’Agoa

    This post was originally published on this site.

    Hier à Ankorondrano, le GEFP a alerté sur l’incertitude entourant l’Agoa. Sa reconduction limitée à un an menace déjà des milliers d’emplois à Madagascar.

    Conférence de presse avec la GEFP hier à Ankorondrano.

    Reconduction incertaine. La perspective d’un report d’un an de l’African Growth and Opportunity Act (Agoa) suscite à la fois espoir et inquiétude au sein des entreprises franches à Madagascar. Hier, lors d’une conférence de presse organisée au siège du Groupement des entreprises franches et partenaires (GEFP) à Ankorondrano, le groupement a dressé un état des lieux de la situation. Le 12 janvier dernier, la Chambre des représentants des États-Unis a voté en faveur d’une reconduction de l’Agoa. Initialement prévue pour trois ans, la proposition a finalement été ramenée à une durée d’un an seulement.

    Selon Herilanto Rakotoarisoa, président du GEFP, « la proposition actuelle ne porte plus que sur un an, avec une application rétroactive jusqu’au 30 septembre 2025 ». Le texte est désormais attendu au Sénat américain. Une fois adopté, le président des États-Unis conserve toutefois un droit de veto, ce qui maintient une forte incertitude.

    Cette situation est aggravée par le blocage autour de la loi de finances américaine. Le vote du budget fédéral, initialement prévu fin janvier, a été retardé en raison de tensions politiques, faisant planer la menace d’un shutdown de l’administration américaine.

    Impacts économiques et sociaux

    « Aujourd’hui, les priorités aux États-Unis ne sont pas économiques, mais politiques », souligne le président du GEFP.

    Depuis la fin de l’Agoa le 30 septembre 2025, les conséquences sont déjà visibles. Plus de 7 000 employés sont actuellement en chômage technique dans les entreprises franches. Ce chiffre ne prend pas en compte les emplois indirects et la sous-traitance, qui pourraient également être touchés.

    Les exportateurs malgaches vers les États-Unis sont confrontés à une surtaxe de 15 %, payée par les acheteurs, désormais incapables d’en assumer le coût. « Depuis le 30 septembre, les ventes se font à perte », alerte le GEFP. Les commandes ont fortement diminué, fragilisant la trésorerie des entreprises, déjà endettées à hauteur de plus de 100 milliards d’ariary.

    Le secteur textile, pilier de l’économie malgache, comptait environ 180 000 emplois en 2025. Aujourd’hui, près de 6 000 à 7 000 emplois directs liés à l’Agoa sont menacés. 

    « Créer ou relancer une entreprise ne se fait pas à court terme », rappelle Herilanto Rakotoarisoa, évoquant la suspension de Madagascar de l’Agoa entre 2009 et 2014.

    Face à cette crise, le GEFP appelle à un dialogue urgent entre l’État, les syndicats et les entreprises. Il réclame notamment le paiement rapide des crédits de TVA, un assouplissement des règles du chômage technique, et un renforcement des négociations avec les États-Unis. « Nous sommes dans une situation exceptionnelle. C’est le moment de se parler », insiste le président du groupement.

    Irina Tsimijaly

  • SAISON CYCLONIQUE – Une tempête tropicale menace de traverser l’île

    SAISON CYCLONIQUE – Une tempête tropicale menace de traverser l’île

    This post was originally published on this site.

    Le week-end s’annonce pluvieux. Une zone perturbée dans le canal de Mozambique risque d’évoluer en cyclone et de traverser Madagascar.

    La trajectoire probable du système selon Météo Madagascar.

    Alerte météo. Un cyclone menace de traverser l’île, d’Ouest à l’Est, durant cette fin de semaine. Un système dépressionnaire se forme dans le canal de Mozambique, non loin de Madagascar. « Les prévisions indiquent que cette dépression, grâce à des conditions favorables dans l’ensemble de la zone où elle évolue, pourrait évoluer en cyclone le 30 janvier. Selon les dernières données, le système devrait toucher directement le Nord-Ouest dès le matin du samedi 31 janvier », indique la direction générale de la Météorologie, hier.

    La prévision de trajectoire et d’intensité du système, établie par la même source hier à 16 heures, note que le système peut atteindre le stade de forte tempête tropicale avant son atterrissage autour de Besalampy. Une fois sur terre, l’œil du système pourrait sillonner les régions de Betsiboka, d’Alaotra-Mangoro et passer non loin de la région d’Analamanga, avant de ressortir en mer dans la région Atsinanana, le 1er février.

    Les alertes sont lancées. « De fortes pluies sont attendues sur le Nord-Ouest ainsi que sur les régions situées sur un axe Mahajanga–Vatomandry, en passant par Antananarivo, avec des risques de crues éclair, d’inondations et de glissements de terrain sur les hautes terres entre jeudi et dimanche », d’après les analyses de cycloneoi.com, un blog qui partage des actualités cycloniques dans l’océan Indien.

    La direction générale de la Météorologie a placé plusieurs régions en vigilance. Les précipitations pourraient atteindre 50 à 100 mm en 24 heures à partir du mercredi 28 janvier dans les districts de Nosy Be, Ambanja, Analalava, Mahajanga I-II, Mitsinjo, Marovoay et Ambato-Boeny, et à partir de ce jour dans les districts de Mitsinjo, de Mampikony, de Boriziny, d’Antsohihy et de Bealanana. 

    Affectés

    Les districts de Besalampy, de Mandritsara, de Befandriana Avaratra, ainsi que les régions de Betsiboka, d’Analamanga et d’Alaotra-Mangoro pourraient aussi être affectés par ces fortes pluies à partir du samedi 31 janvier.

    Le centre de ce système se situait à environ 306 km à l’ouest-nord-ouest de Besalampy, hier à 15 heures. Son intensité restait modérée, avec des vents estimés à 45 km/h, accompagnés de rafales de 60 km/h à l’intérieur des zones orageuses. Ce phénomène météorologique est à suivre de près.

    Miangaly Ralitera

  • ASCENSION DU MONT EVEREST – Deuxième tentative pour les Bouka

    ASCENSION DU MONT EVEREST – Deuxième tentative pour les Bouka

    This post was originally published on this site.

    La famille Bouka ambitionne de planter le drapeau malgache au sommet de l’Everest au mois de mai. Ce sera leur deuxième ascension.

    Raj Alexandre et son père, Zouzar Bouka.

    Nouveau défi. La famille d’alpinistes, les Bouka, poursuit son tour du monde. Le père, Zouzar Bouka, quinquagénaire, qui dirige l’équipe et assure en même temps le rôle de coach, et ses deux fils, Raj Alexandre, 21 ans, et Rais, 24 ans, tenteront une deuxième ascension du mont Everest en mai. 

    « L’objectif est clair : planter le drapeau malgache au sommet du toit du monde, un symbole de fierté nationale et de persévérance », a livré Zouzar. Lors de leur première tentative, l’an passé, les frères Raj Alexandre et Rais avaient réalisé une performance remarquable en atteignant l’altitude de 8 600 m, si le pic est à plus de 8 800 m. Le père a, pour sa part, atteint les 6 800 m, avant de devoir interrompre son ascension en raison d’un malaise. 

    Les frères s’entraînent depuis quelque temps en Autriche et en Suisse pour s’acclimater. « Pour l’instant, nous nous entraînons en montagne et sur les glaciers, une réelle pratique, avec des équipements, et s’habitue au type de terrain pendant des mois », explique Zouzar. Le trio envisage de débarquer à Katmandou, capitale du Népal, le 1er mai.

    Tour du monde 

    Après quelques jours consacrés à l’acclimatation, ils entameront l’ascension proprement dite, une étape estimée à environ deux semaines, même si la réussite de l’expédition dépendra largement des conditions météorologiques.

    Les Bouka avaient déjà planté le drapeau malgache sur de nombreux sommets et sites emblématiques à travers le monde. Ils avaient jusqu’ici effectué une trentaine d’expéditions dans neuf pays, y compris Madagascar. Ils avaient quasi savouré les pics historiques comme la crête de Bobalahy, Iharanandriana, Pic Boby, le volcan Vohitany, Ambatomanohina, Tsiafajavona, Mangabe, tous culminant à plus de 2 500 mètres d’altitude. 

    À l’international, la famille Bouka avaient déjà réalisé trois ascensions au Chili et avaient atteint les 6 100 m à Ojos del Salado, 6 016 m à San Francisco en Argentine, le sommet du Cotopaxi à 5 897 m en Équateur, 5 900 m de l’Island Peak au Népal, le sommet du Kilimandjaro (5 895 m) en Tanzanie, le Mount Baker aux États-Unis, le Dead Woman’s Pass au Pérou, ainsi que l’expédition polaire en Antarctique. Ces ascensions, réalisées sur plusieurs continents, témoignent d’un parcours exceptionnel, d’une constance dans l’effort et d’une volonté affirmée de représenter Madagascar avec fierté. Zouzar et Raj ont été reçus par le ministre des Sports hier à Ambohijatovo pour la traditionnelle « Tsodrano ».

    Serge Rasanda

  • SÉRIE DE VOLS DE PLANTES – La gendarmerie stoppe deux trafiquants

    SÉRIE DE VOLS DE PLANTES – La gendarmerie stoppe deux trafiquants

    This post was originally published on this site.

    À Itaosy, deux jeunes hommes ont été interpellés par la gendarmerie alors qu’ils s’introduisaient dans une propriété privée pour y dérober des plantes ornementales.

    Les pots alignés sur l’étagère en bois, contre le mur ajouré, ont été la cible des voleurs.

    Les faits se sont produits mardi vers 23 h 30 à Ankaraoka, fokontany Vonelina, dans la commune de Fiombonana. Alertée par un riverain, la gendarmerie a dépêché une patrouille du poste d’Ankadimanga, qui a surpris les deux suspects dans la cour d’une villa inoccupée. Les jeunes hommes se sont rendus sans opposer de résistance.

    Selon les premiers éléments de l’enquête, ils projetaient de s’emparer de plusieurs plantes ornementales prisées, notamment des dieffenbachias, géraniums, chlorophytums, arbres parapluie, aloès, agaves et autres espèces décoratives, dont un baobab nain. D’après un voisin, les lieux auraient été repérés plus tôt dans la journée, les suspects attendant la nuit pour agir.

    Aucune surveillance

    Âgés de 21 ans et domiciliés à Marobiby, les deux jeunes hommes ont été placés en garde à vue. La propriétaire de la maison, résidant à Bemasoandro, a indiqué que la villa n’était occupée que le week-end et ne faisait l’objet d’aucune surveillance régulière. Aucun outil n’a été retrouvé sur les suspects, ce qui laisse penser à une tentative opportuniste.

    Du côté de la gendarmerie, on observe une recrudescence des vols de plantes et de fleurs, alimentée par l’engouement croissant pour les espèces ornementales. Les jardins privés, souvent peu sécurisés, constituent des cibles privilégiées. Les plantes les plus rares ou décoratives sont particulièrement recherchées, car elles peuvent être revendues rapidement sur des circuits informels.

    L’enquête se poursuit afin de déterminer si les deux jeunes hommes agissaient de manière isolée ou s’ils étaient liés à un réseau plus structuré.

    Gustave Mparany

  • PATRIMOINE – Les musées au cœur des enjeux de conservation

    PATRIMOINE – Les musées au cœur des enjeux de conservation

    This post was originally published on this site.

    À l’Institut français de Madagascar (IFM), experts français et acteurs du patrimoine malgache se sont réunis pour échanger sur les enjeux liés à la conservation et à la valorisation des collections muséales.

    Experts français et acteurs malgaches ont échangé hier à l’IFM sur la conservation et la valorisation  des collection.

    La rencontre a réuni Jean-Luc Martinez, ambassadeur thématique chargé de la coopération internationale dans le patrimoine, et Rose-Marie Mousseaux, directrice du Musée d’Archéologie nationale et du domaine national de Saint-Germain-en-Laye. Tous deux ont présenté les principes qui structurent en France les politiques de muséologie et de gestion des collections, fondées sur la conservation, l’étude, la restauration et l’enrichissement des fonds.

    Les échanges se sont poursuivis avec plusieurs acteurs du patrimoine malgache, parmi lesquels le Pr Lucien Rakotozafy, directeur de l’Institut des civilisations Musée d’art et d’archéologie de l’Université d’Antananarivo, Bako Rasoarifetra, présidente de l’Icom Madagascar, et Hobisoa Raininoro, curatrice à la Fondation H. Animée par Hélihanta, présidente du Musée de la photographie et responsable du département d’histoire de l’Université d’Antananarivo, la table ronde a permis de mettre en perspective les pratiques internationales avec les réalités locales, les contraintes structurelles et les perspectives de développement des musées à Madagascar.

    Conserver et valoriser

    En France, la gestion des musées repose sur un cadre rigoureux, dans lequel l’ouverture au public constitue une condition essentielle. La conservation et la valorisation des collections sont indissociables d’une politique scientifique et culturelle clairement définie.

    La Fondation H, présentée par Hobisoa Raininoro, illustre une approche différente. Bien qu’elle ne dispose pas du statut de musée, elle fonctionne selon des principes comparables, en constituant une collection d’œuvres d’artistes contemporains, en organisant des expositions et en prêtant des œuvres à d’autres institutions, dans le respect des normes de conservation et de documentation.

    À Madagascar, la conservation des collections s’adapte aux moyens disponibles. Elle repose notamment sur la gestion des réserves, le contrôle de l’humidité, l’inventaire, la manutention avec des équipements adaptés et l’usage de matériaux d’emballage conformes aux exigences de conservation. La valorisation des collections passe par des dispositifs accessibles au public, tels que les audioguides ou les supports sonores, dans le respect des normes déontologiques. L’appellation « musée » implique ainsi l’existence d’un projet scientifique et culturel structuré, conforme au code  de déontologie de l’Icom.

    De nombreux musées publics font toutefois face à un manque de financements et de politiques de conservation, entraînant parfois leur fermeture. Malgré ces difficultés, les musées demeurent des outils essentiels de transmission culturelle, d’apprentissage et de développement économique. 

    Cassie Ramiandrasoa 

  • ASSAINISSEMENT – Des vendeurs de rue mécontents bloquent la circulation

    ASSAINISSEMENT – Des vendeurs de rue mécontents bloquent la circulation

    This post was originally published on this site.

    Les vendeurs de rue sont restés un bon bout de temps pour discuter avec des responsables devant le portail de la Commune urbaine d’Antananarivo, hier.

    Privés de leur emplacement habituel, des marchands ambulants d’Analakely et de Tsaralalàna ont manifesté leur colère en bloquant la circulation en plein centre de la capitale.

    Bras de fer entre la Commune urbaine d’Antananarivo et les vendeurs de rue d’Analakely et de Tsaralalàna.  Malgré les sites alternatifs proposés par les autorités municipales, les vendeurs refusent de s’y installer et réclament le droit de continuer à exercer sur leurs emplacements habituels. Ce sont les vendeurs de l’arcade d’Analakely et de Tsaralalana qui ont manifesté hier.

    Très remontés, les manifestants ont bloqué la circulation à Analakely, provoquant une paralysie temporaire du trafic dans ce quartier névralgique de la capitale. Des vendeurs venus de Tsaralalàna sont également venus grossir les rangs. Sifflets, cris et slogans ont rythmé la manifestation, qui s’est ensuite déplacée devant le portail de la Commune urbaine d’Antananarivo (CUA), où les vendeurs sont restés un long moment pour faire entendre leurs revendications.

    « Laissez-nous vendre à notre place habituelle, nous avons faim », lance une vendeuse de produits alimentaires, installée depuis plusieurs années à Analakely. Un autre marchand renchérit : « On ne refuse pas l’ordre, mais on ne peut pas vivre sans vendre. Là où on nous envoie, il n’y a pas de clients. »

    Privés de la possibilité d’exercer leur activité depuis une semaine, des vendeurs dénoncent une situation qu’ils jugent insoutenable.

     « Nous avons des enfants à nourrir. Si nous ne vendons pas ici, nous ne vendons pas du tout », témoigne un commerçant venu de Tsaralalàna.

    Organisation

    Face à la tension, les forces de l’ordre ont été déployées sur place afin de sécuriser les lieux et de rétablir la circulation. Malgré leur présence, les manifestants ont continué à scander : « Nous devons vendre, coûte que coûte. »

    Du côté de la Commune urbaine d’Antananarivo, les autorités maintiennent leur position. « Il existe des zones dites d’assainissement à Antananarivo, où toute activité de vente est strictement interdite. Or, ces personnes persistent à vouloir y vendre. Nous avons pourtant proposé des solutions alternatives, mais elles ne leur conviennent pas, car elles souhaitent rester uniquement à cet endroit. Cette mesure vise avant tout à organiser la ville », explique Gilles Randrianatoandro, directeur des marchés auprès de la CUA.

    Selon les responsables municipaux, les vendeurs concernés refusent d’intégrer les marchés formels, préférant rester sur leurs anciens emplacements. Toutefois, certains commerçants déplacés reconnaissent accepter les nouveaux sites qui leur ont été attribués.

    En attendant une issue favorable, la tension reste palpable entre les deux parties, tandis que les vendeurs promettent de poursuivre leur mobilisation tant qu’aucune solution durable n’est pas trouvée.

     Mialisoa Ida

  • FORTES PLUIES – Plusieurs villages isolés dans l’Alaotra-Mangoro

    FORTES PLUIES – Plusieurs villages isolés dans l’Alaotra-Mangoro

    This post was originally published on this site.

    De fortes pluies ont isolé plusieurs villages dans le district d’Amparafaravola. Les autorités craignent de nouvelles inondations à cause d’une activité cyclonique dans la région.

    Une maison entourée d’eau à Amparafaravola.

    La situation demeure critique dans le district d’Amparafaravola, dans la région Alaotra-Mangoro. « Plusieurs villages se retrouvent isolés à la suite des fortes pluies qui se sont abattues sur la zone », a indiqué hier le maire de Tanambe, Lovasoa Randriantahiana. Cette commune figure parmi les plus durement touchées par les intempéries.

    Selon le bilan provisoire arrêté au 28 janvier 2026 par le Bureau national de la gestion des risques de catastrophes (BNGRC), 4 827 personnes, soit 811 ménages, ont été sinistrées dans la commune de Tanambe. Parmi elles, 245 personnes issues de 41 ménages ont été déplacées et hébergées à l’École primaire publique (EPP) d’Ambohitrarivo, tandis que 4 582 sinistrés ont trouvé refuge auprès de leurs familles ou de leurs voisins.

    Les pluies diluviennes ont provoqué l’inondation de 831 habitations et endommagé 17 autres cases. « La commune a déjà fait son possible pour approvisionner les sinistrés en vivres. Mais l’aide distribuée jusqu’à présent reste insuffisante », déplore le maire de Tanambe, qui lance un appel à l’appui des autorités centrales.

    Vives inquiétudes

    Si le niveau des eaux avait commencé à baisser, l’évolution d’une activité cyclonique dans le canal du Mozambique suscite de vives inquiétudes pour la région Alaotra-Mangoro. Selon la direction générale de la Météorologie, les cumuls de précipitations pourraient atteindre 50 à 100 mm en 24 heures à partir du 31 janvier. Les districts d’Andilamena, Amparafaravola, Ambatondrazaka, Moramanga et Anosibe an’Ala sont ainsi placés en alerte verte.

    Météo Madagascar met en garde contre les risques de stagnation des eaux dans les zones inondables, de crues des rivières, de glissements de terrain et de dégradation des routes dans les zones vulnérables. De son côté, le maire de Tanambe tire la sonnette d’alarme, soulignant que la principale source des inondations dans cette zone, le périmètre d’Anonivelona, n’a pas encore été résolue.

    Miangaly Ralitera

  • SECTEUR AÉRIEN – Turbulence au sein du personnel de sûreté aérienne

    This post was originally published on this site.

    À Ivato, quelques employés d’Amarante Madagascar, filiale du groupe international français opérant dans le secteur de la sûreté aérienne, ont entamé hier une grève pour protester contre le non-versement de leurs salaires. Selon un employé, « les salaires du mois de janvier n’ont pas encore été versés par la société ».

    Ce mouvement d’humeur ou de panique, c’est selon, risque de compromettre le contrat d’Amarante, impactant ainsi directement sur la sûreté aérienne. C’est la déclaration faite lors des assises de la douane. Il n’existe pas, à l’heure actuelle, de société malgache habilitée à faire le travail d’Amarante.

    Amarante Madagascar et la SPSS sont responsables de la sûreté aéroportuaire à Ivato. Elles assurent le contrôle des documents des passagers, l’inspection des bagages, la sécurisation du fret aérien et la mise en place de dispositifs techniques de sécurité avancés, afin de garantir des opérations conformes aux normes internationales.

    Pour le moment, le mouvement reste pacifique et les discussions sont en cours. Un membre du personnel explique : « Nous travaillons tous pour l’instant, mais comme les salaires ne sont pas versés, nous devons travailler gratuitement. C’est pour cela que nous envisageons de faire grève. »

    Le trou d’air se situe au niveau du lien d’Amarante Madagascar  avec le groupe Sodiat, pour  qui  il sous-traite. Récemment,  le Pôle Anti-Corruption (PAC) d’Antananarivo a ordonné un dégel partiel et strictement encadré des comptes liés aux sociétés du groupe Sodiat, afin de permettre le paiement des salaires de décembre 2025.

    Ce n’est pas l’entreprise qui verse directement les salaires, mais l’ARAI (Agence de Recouvrement des Avoirs Illicites), l’institution publique malgache chargée de l’exécution et de la validation des paiements. L’ARAI avait préparé une enveloppe de 2,177 milliards d’ariary pour couvrir les salaires de janvier 2026. Toutefois, le total des états de salaires transmis par les différentes sociétés du groupe dépasse ce montant de plus de 800 millions d’ariary, rendant impossible un paiement intégral dans l’état actuel des fonds disponibles.

    Face à ce déficit, les responsables ont décidé de dissocier les dossiers de la SPSS et de la Polyclinique du reste du groupe, ces entités poursuivant leurs activités et assurant un service public. Il a ainsi été convenu que les fonds propres de la SPSS serviraient au paiement des salaires de janvier, afin d’accélérer la procédure et d’apaiser les tensions sociales.

    Obstacle majeur

    Dans ce contexte, une réunion s’est tenue le mardi 27 janvier 2026 à l’Agence de Recouvrement des Avoirs Illicites (ARAI), en présence des représentants de la direction, de certains directeurs et de cinq représentants des employés désignés par le personnel. L’ARAI a rappelé qu’en vertu d’une ordonnance judiciaire, elle est chargée de gérer le paiement des salaires de l’ensemble des employés du groupe Sodiat, dont les employés d’Amarante ayant sous traité pour le groupe.

    Un obstacle majeur résidait dans le gel des comptes bancaires de la SPSS. Ce gel, qualifié de « gel au débit », permettait les dépôts mais interdisait les retraits. Lors de la réunion, l’ARAI, en présence de la banque, a donné des instructions claires pour autoriser à nouveau l’utilisation du compte, lequel repart désormais avec un solde nul.

    Il a été décidé que les chèques détenus par l’entreprise, notamment issus des recettes de fret, seraient déposés le mercredi 28 janvier 2026 afin de permettre le paiement des salaires. Des discussions sont également en cours avec la banque pour accélérer le traitement des virements.

    Entre contraintes judiciaires, difficultés financières et attentes sociales, Amarante Madagascar se trouve ainsi confrontée à un équilibre délicat, dans un secteur où la continuité du service et la sécurité des passagers restent des enjeux majeurs.

    Amarante International, société française privée, est spécialisée dans  la sûreté aérienne. Fondée en 2007 par d’anciens cadres des forces armées françaises, l’entreprise intervient dans plusieurs pays, en Europe, en Afrique, au Moyen-Orient et en Amérique latine.

    Irina Tsimijaly