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  • COUR DES COMPTES  – Un rapport cinglant sur les grands projets d’infrastructure

    COUR DES COMPTES  – Un rapport cinglant sur les grands projets d’infrastructure

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    La Cour des comptes n’y est pas allée de main morte en pointant les irrégularités relevées dans la gestion des fonds et des entreprises publiques, jeudi. Elle a insisté sur la gestion des grands projets et des fonds publics, sous plusieurs aspects.

    Jean  de Dieu Rakotondramihamina, président de la Cour des comptes,  avec le chef de l’État, jeudi.

    Dans ce qui s’apparentait à un diagnostic sévère et sans détour, la Cour des comptes a détaillé jeudi les résultats de ses enquêtes et audits portant sur des projets d’infrastructure. Des programmes dans lesquels l’argent du contribuable semble avoir été dilapidé. La juridiction financière a épinglé deux projets phares menés entre 2019 et 2025, sur le plan des transports publics : le téléphérique et le projet de train urbain. Pour le téléphérique, des coûts supplémentaires ont été imputés au projet, faute de gestion et de suivi des travaux, portant le coût total de l’ouvrage (sur les lignes orange et verte) à 533 milliards d’ariary, alors que le marché initial était évalué à près de 92 millions d’euros, soit 443 900 000 000 d’ariary. Une différence qui a coûté cher aux contribuables.

    Arnaque

    « Le prolongement du délai de réalisation de 21 mois à 28,5 mois, soit un délai supplémentaire de 7,5 mois, est l’une des origines des coûts supplémentaires », indique la Cour des comptes dans son rapport d’audit. Elle souligne aussi que les objectifs n’ont pas été atteints : « Malgré le déploiement d’une somme de 111 121 188 euros et des coûts supplémentaires estimés à hauteur de 47 milliards d’ariary, il s’avère que les objectifs fixés par le projet ne sont pas encore atteints, étant donné que le projet de Transport par Câble (TPC) ne peut pas encore fonctionner comme il se doit, faute d’alimentation électrique due à l’absence de raccordement au réseau de la Jirama », indique la Cour des comptes. Les auditeurs ont qualifié, jeudi, ce projet « d’arnaque », au vu notamment de cet aspect énergétique.

    Un autre point saillant soulevé par rapport aux projets d’envergure est celui du train urbain. Sur les vingt-huit locomotives électriques acquises pour 270 milliards d’ariary, financées par les ressources propres internes, seules quatre sont fonctionnelles. Le rapport public soulève aussi la question des subventions massives destinées à Madarail. Sur 37 milliards d’ariary de subventions accordées en 2020, seulement dix-sept milliards et demi ont été affectés au projet de train urbain ; dix-sept autres milliards ont, pour leur part, été affectés au redressement de Madarail. La société a emprunté cinq milliards d’ariary en 2024, qui n’ont toujours pas été remboursés.

    Selon la Cour des comptes, « l’assistance financière apportée à Madarail dans le cadre du projet de train urbain présente un conflit d’intérêts, étant donné que la société est à la fois prestataire du projet et bénéficiaire des mêmes financements que le projet de train urbain lui-même ». Des pratiques qui suscitent des interrogations quant à l’attribution des marchés publics. Un aspect sur lequel la Cour a observé « un recours abusif et injustifié aux marchés de gré à gré sous couvert d’urgence impérieuse ».

    Au-delà des chiffres qui donnent le tournis, c’est le procès d’une méthode que dresse ici la Cour des comptes. Entre mauvaise gestion de projets et gabegie financière, l’argent du contribuable semble avoir été dilapidé.

    Les pertes d’argent public observées 

    Plus de 3 800 milliards d’ariary ont été détournés ou perdus dans la gestion des comptes publics, selon la Cour des comptes. Le chef de l’État a ordonné l’ouverture immédiate d’enquêtes approfondies visant les responsables impliqués dans cette hémorragie budgétaire. Une annonce faite jeudi, en réaction à ce rapport public de la Cour des comptes.

    Itamara Otton

  • BASKETBALL – Des incidents graves ternissent le Smatchin

    BASKETBALL – Des incidents graves ternissent le Smatchin

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    Les quarts de finale du tournoi « Smatchin Ao Tsara » ont été marqués par des incidents extra-sportifs. Une dizaine de victimes a été recensée, selon la Team Smatchin.

    Une adolescente victime d’un malaise au Palais  des sports de Mahamasina.

    Entre bousculades, malaises et surcharge du public, l’ambiance des quarts de finale de la douzième édition du tournoi «Smatchin Ao Tsara» a rapidement dépassé le cadre sportif, vendredi, au Palais des sports de Mahamasina. 

    Alors que les rencontres attiraient une foule immense, des incidents ont éclaté dans les tribunes. De simples bousculades ont dégénéré en échauffourées entre groupes de spectateurs rivaux, provoquant quelques blessures légères, dont deux personnes ont été blessées à la tête à la suite d’une chute. 

    La situation s’est compliquée avec la chaleur étouffante et le manque d’oxygène dans une salle surchargée. Plusieurs jeunes, notamment des adolescentes et des adolescents, ont été victimes de malaises, certains allant jusqu’à perdre connaissance. L’évacuation des victimes s’est révélée difficile en raison de l’absence de passages dégagés, conséquence directe de la forte affluence. Dépassées par l’ampleur des événements, les forces de l’ordre présentes sur place, en nombre insuffisant, n’ont pas pu contenir tous les débordements. Des jets de bouteilles, parfois remplies d’urine, ont également été signalés, accentuant le chaos dans les gradins.

    Des mesures renforcées pour la suite

    Au total, douze blessés ont été pris en charge par les services ambulanciers. Toutefois, Lucas Ramarozaka, responsable de la Team Smatchin, évoque six cas directement pris en charge par son organisation et transportés à l’hôpital.

    Alors que les onze éditions précédentes avaient été saluées pour leur organisation impeccable, la douzième édition révèle les limites de l’événement face à l’engouement massif des jeunes spectateurs.

    Face à cette situation préoccupante, les organisateurs désignent la circulation de faux billets comme principale cause de la surcharge. « Nous avons mis en vente les billets très tôt vendredi matin. Malheureusement, des personnes malintentionnées ont falsifié des tickets, entraînant un afflux excessif de spectateurs », explique Lucas Ramarozaka. Pour éviter que ces incidents ne se reproduisent lors des demi-finales et de la finale, des dispositions strictes ont été annoncées. « Désormais, tout acheteur devra entrer immédiatement dans l’enceinte pour limiter les fraudes. Le nombre de tickets sera également strictement limité à la capacité d’accueil du Palais des sports, soit un maximum de 5 000 places », précise-t-il.

    Du côté des spectateurs, les témoignages illustrent la tension vécue. Une amie d’une victime, souhaitant garder l’anonymat, raconte: « Mon amie s’est évanouie à cause du manque d’oxygène et de la chaleur. Elle a été rapidement secourue. La Team Smatchin nous a proposé de l’emmener à l’hôpital, mais une fois à l’extérieur, elle s’est sentie mieux et a refusé. »

    Malgré ces incidents, les organisateurs se veulent rassurants et promettent un encadrement renforcé pour garantir la sécurité du public lors des prochaines rencontres, à commencer par les demi-finales prévues ce jour.

    Donné Raherinjatovo

  • RELIGION – Le nombre de musulmans augmente

    RELIGION – Le nombre de musulmans augmente

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    Antananarivo a vibré, hier, au rythme de l’Aïd el-Fitr. L’événement a reflété l’expansion de la religion islamique à Madagascar.

    La prière dans la cour de la mosquée des 67 Ha, hier, lors de l’Aïd el-Fitr.

    Les rues de plusieurs quartiers d’Antananarivo ont été envahies de fidèles musulmans, vêtus de leurs plus beaux habits, hier, à l’occasion de la célébration de la fin du ramadan. Ils sont de plus en plus nombreux à Madagascar, à en croire une déclaration du Fikambanan’ny Silamo malagasy (FSM), faite après la prière célébrant la fin du mois de ramadan. « La religion musulmane à Madagascar est en train de prendre un essor exceptionnel », a déclaré le Dr Ibrahim Djibril, conseiller spécial du président du Fikambanan’ny Silamo malagasy (FSM), Abousoary Said Arsène.

    Pour l’occasion, un terrain à Ankatso a été aménagé en lieu de prière, s’ajoutant aux nombreux sites religieux déjà utilisés à Antananarivo à chaque Aïd el-Fitr, comme les mosquées aux 67 Ha, le terrain Maki à Andohatapenaka, les mosquées à Ambatonakanga, à Ambalavao-Isotry ou encore à Ivato. D’après la FSM, environ 30 000 personnes ont rejoint cette religion au cours des cinq dernières années. « Entre l’année dernière et cette année, nous avons dépassé toutes nos espérances et nos prévisions », poursuit la source.

    Saillate, une jeune femme qui fréquentait l’église catholique auparavant, est devenue musulmane il y a deux ans. « On ne peut pas dire que j’ai changé de religion, car toute personne naît musulmane. C’est l’éducation et l’encadrement familial qui nous orientent souvent vers le christianisme ou une autre religion. Pour moi, c’est un retour à la véritable foi, qui consiste à adorer Allah seul », témoigne-t-elle.

    Engouement

    La plupart des nouveaux convertis proviendrait de la religion chrétienne, surtout de confession catholique, mais aussi de milieux orthodoxes, adventistes et Témoins de Jéhovah. Cet engouement pour l’islam viendrait du fait que Madagascar soit un pays de forte tradition religieuse, selon la FSM. « Beaucoup de ces chrétiens constatent que le Coran évoque l’ensemble des prophètes et messagers, ainsi que l’unicité de Dieu. Ils savent très bien que, pour être musulmans aujourd’hui, il faut reconnaître Moïse (…) et Jésus », explique le Dr Ibrahim Djibril.

    Selon les données du Pew Research Center — un centre de recherche américain qui fournit des statistiques et des informations sociales — pour 2021, 85,3 % de la population est chrétienne et 3% musulmane, d’après le rapport international sur la liberté religieuse publié par le Département d’État des États-Unis. Toutefois, les dirigeants musulmans et certains chercheurs locaux estiment que les musulmans représentent entre 15 et 25 % de la population. « Le plus important, c’est de croire en Dieu. L’ennemi du musulman n’est pas son frère chrétien ou son frère juif**,** mais le terroriste », insiste le Dr Ibrahim Djibril.

    Miangaly Ralitera

  • FORMATION DU GOUVERNEMENT – Le test au polygraphe crée une controverse

    FORMATION DU GOUVERNEMENT – Le test au polygraphe crée une controverse

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    Le Chef de l’État annonce qu’un polygraphe ou un détecteur de mensonge est mis à contribution dans la sélection des futurs ministres. Une initiative dont l’opportunité fait débat.

    Le  colonel Randrianirina durant son échange  avec la presse à Anosy, jeudi.

    Une nouveauté. C’est le colonel Michaël Randrianirina, Chef de l’État, himself, qui a fait part de l’information, jeudi. En réponse à la presse, en marge de la présentation du rapport de la Cour des comptes, à Anosy, le locataire d’Iavoloha a indiqué qu’avant de passer un entretien avec lui et le Premier ministre, chaque prétendant à un poste gouvernemental devra passer au détecteur de mensonge.

    Selon l’officier supérieur, c’est ce qui explique que la composition de la nouvelle équipe gouvernementale prenne du temps. «(…) ce n’est plus nous qui choisissons directement les personnes à recevoir en entretien : nous utilisons désormais un polygraphe à la Présidence. Nous avons fait venir des spécialistes de l’étranger pour cela. Au lieu d’envoyer des demandes d’enquête de moralité auprès du CIS [Central intelligence service], c’est le polygraphe qui évalue la moralité de chaque personne», déclare-t-il.

    Le Chef de l’État défend l’opportunité d’utiliser cet appareil par la nécessité d’avoir une garantie de l’intégrité de chaque membre du gouvernement. « Nous avons besoin de collaborateurs intègres. Ils n’ont pas besoin d’être irréprochables à 100 %, mais si nous atteignons ne serait-ce que 60 % d’intégrité dans la gestion de l’État, Madagascar changera. (…) Ceux dont les résultats seront négatifs ne seront pas reçus en entretien. Seuls ceux qui auront des résultats positifs seront retenus », soutient-il.

    Le colonel Randrianirina conclut son argumentation en ajoutant : « ainsi, le gouvernement ne sera peut-être formé que lundi ou mardi, car tout le monde doit d’abord passer par ce polygraphe ». Un communiqué publié par la présidence de la Refondation de la République, hier, défend que l’utilisation du détecteur de mensonge « cadre avec la politique de la Refondation qui vise à améliorer la qualité de la fonction publique ».

    Cependant, cette initiative engendre une controverse au sein de l’opinion publique. Sur les réseaux sociaux, les réactions varient entre railleries et incompréhensions. Certains s’interrogent sur la fiabilité des enquêtes de moralité effectuées préalablement aux nominations et même de la nécessité des entités chargées de les faire.

    Débats sur la fiabilité

    « Savoir choisir les bons collaborateurs autant en termes de compétence que sur le plan moral devrait pourtant être une qualité essentielle d’un bon leader », réagit un internaute dans un commentaire à un post sur le sujet. De prime abord, le locataire d’Iavoloha semble désabusé quant à la moralité des acteurs politiques. Lors de sa rencontre avec la diaspora résidant en France, durant sa visite de travail à Paris, en février, il a avoué qu’il était difficile de trouver des personnes «intègres», réellement prêtes à une refondation de la conduite des affaires étatiques.

    Dans les réactions suite à l’annonce de l’utilisation du détecteur de mensonge, certains émettent des réserves quant à la fiabilité de l’appareil. L’usage du polygraphe part du principe que lorsqu’une personne ment, son corps peut émettre certaines réactions physiologiques, notamment « le stress et la nervosité ». Ainsi, l’appareil mesure différents paramètres comme le rythme cardiaque, la respiration et la transpiration.

    Cependant, les documents qui expliquent le fonctionnement du détecteur de mensonge s’accordent sur le fait qu’il ne soit pas totalement fiable. Une personne peut présenter des signes de stress même en disant la vérité. D’autres, à même de contrôler leurs réactions, peuvent aussi cacher qu’ils mentent. Face aux débats qu’a suscités l’information partagée par le colonel Randrianirina, la Présidence a partagé les étapes de sélection des futurs ministres dans son communiqué d’hier.

    Selon cette missive, la première étape de la sélection est l’évaluation de la compétence et des expériences des aspirants ministres. La deuxième étape consiste à donner une garantie de moralité et d’intégrité par la signature d’une lettre d’engagement assortie d’un dossier de déclaration de patrimoine. Ensuite, la troisième étape est l’enquête de moralité effectuée pour chaque candidat. Le passage au détecteur de mensonge constitue la dernière étape de la sélection, avant de passer à l’entretien avec le Chef de l’État et le Premier ministre.

    Dans son communiqué, la Présidence évoque, par ailleurs, que si l’utilisation du polygraphe dans la sélection des ministres donne des résultats probants en matière d’intégrité et de sincérité, il sera utilisé pour l’évaluation annuelle des hauts fonctionnaires de l’État. Pour certains, cet avant-dernier paragraphe de la missive de l’institution présidentielle tend à conforter les appréhensions quant à la fiabilité de l’appareil, mais surtout quant à l’opportunité de son utilisation dans la sélection des hauts responsables étatiques.

    Garry Fabrice Ranaivoson